La ta­pis­se­rie de l’apo­ca­lypse, une arme po­li­tique

La Montagne (Brive) - - Brive Vivre Sa Ville -

La der­nière confé­rence de l’uni­ver­si­té de tous les âges et du temps libre (UTATEL) a fait dé­cou­vrir, grâce à l’éru­di­tion de Georges Bour­deau et aux pho­tos de Jean-louis Amiard, la ta­pis­se­rie de l’apo­ca­lypse d’an­gers.

Réa­li­sée en sept ans dans deux ate­liers pa­ri­siens à par­tir de 1370, cette ta­pis­se­rie est une oeuvre ex­cep­tion­nelle, unique au monde par ses di­men­sions : 140 m de long sur 6 m de haut. Oeuvre ex­cep­tion­nelle aus­si par la qua­li­té de la com­po­si­tion (l’avers et le re­vers sont aus­si li­sibles l’un que l’autre), des per­son­nages, des ar­chi­tec­tures, des cou­leurs, jaune de gaude, rouge ga­rance, bleu pas­tel…

Mais sur­tout elle a été com­man­dée par Louis d’an­jou, chef des ar­mées de son frère Charles V le Sage, pour ser­vir d’arme po­li­tique : le thème de l’apo­ca­lypse de Jean, la vic­toire du bien sur le mal, de la re­li­gion sur l’ido­lâ­trie, est des­ti­né à conso­ler et à re­don­ner cou­rage à une France sai­gnée par la peste, vain­cue au trai­té de Bré­ti­gny de 1360 et am­pu­tée de la moi­tié de son ter­ri­toire par les An­glais.

Le pou­voir ca­pé­tien, pro­cla­mé seul hé­ri­tier de Char­le­magne, s’in­carne no­tam­ment dans le Ch­rist dra­pé dans le « bleu de France ».

Une oeuvre où Jean de Bruges, le car­ton­nier, a su tra­duire les vi­sions de l’er­mite de Pat­mos que Georges Bour­deau a dé­cryp­tées pour L’UTATEL. Mais cette oeuvre est fra­gile ; son ex­po­si­tion per­ma­nente risque d’être re­mise en ques­tion. ■

CONFÉRENCIER. Bour­deau. Georges

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