Les po­li­ciers en co­lère

Trois marches de la co­lère ont eu lieu hier, re­grou­pant des cen­taines de po­li­ciers dans les rues

La Montagne (Brive) - - La Une - Les ré­dac­tions le­po­pu­laire@cen­tre­france.com

■ LI­MOU­SIN. Des cen­taines de po­li­ciers ont dé­fi­lé, hier, dans les trois dé­par­te­ments pour ex­pri­mer leur ras­le­bol et leurs re­ven­di­ca­tions. ■ BRIVE. Un cor­tège de près de 150 per­sonnes s’est ar­rê­té de­vant le tri­bu­nal et la sous­pré­fec­ture de la ci­té gaillarde pour en­ton­ner « La Mar­seillaise ».

Après les ras­sem­ble­ments si­len­cieux de­vant les tri­bu­naux mar­di mi­di, les po­li­ciers ont dé­ci­dé de se faire en­tendre dans la rue hier.

La grogne des po­li­ciers s’est fait en­tendre dans les trois dé­par­te­ments du Li­mou­sin. Les fonc­tion­naires de po­lice ont cla­mé leur ras­le­bol à Brive, Li­moges et Gué­ret, hier mi­di.

En Cor­rèze. « Si je suis là, au­jourd’hui, c’est parce que je suis en co­lère. En co­lère car je n’ai pas les moyens de tra­vailler », a lan­cé, hier, un po­li­cier du com­mis­sa­riat de Brive. Ac­com­pa­gnés de simples ci­toyens, lui et ses col­lègues ont dé­fi­lé, vers mi­di, sur les bou­le­vards de la ci­té pour ma­ni­fes­ter leur ras­le­bol et ex­pri­mer leurs re­ven­di­ca­tions : « La pre­mière chose que j’ai ap­prise, quand je suis en­tré à l’école de po­lice, c’est que les po­li­ciers étaient là pour as­su­rer la sé­cu­ri­té des per­sonnes et des biens. C’est notre mis­sion pre­mière. Au­jourd’hui, je vou­drais qu’on nous donne les moyens de faire notre mé­tier se­rei­ne­ment, en toute sé­cu­ri­té, pour as­su­rer celle de nos conci­toyens ».

Des moyens ma­té­riels, hu­mains et lé­gis­la­tifs. « Nous vi­vons nous aus­si, en Cor­rèze, les pro­blèmes de sous­ef­fec­tifs, de manque de moyens. Nous sommes tou­chés par les rap­pels, les heures sup­plé­men­taires. On es­time à 8­10 per­sonnes le manque de col­lègues, au­jourd’hui, sur les 90 que compte Brive », sou­ligne une po­li­cière.

Quant à l’in­sé­cu­ri­té, les po­li­ciers bri­vistes ne sont pas, eux non plus, épar­gnés. « Nous sommes ré­gu­liè­re­ment vic­times d’ou­trages, de me­naces de mort, de vio­lences. Ce qui est in­ac­cep­table. Il faut des ré­ponses pé­nales à la hau­teur de ces in­frac­tions, qui touchent aus­si d’autres cor­po­ra­tions comme la po­lice mu­ni­ci­pale, les pom­piers, les gen­darmes… »

En Creuse. « Il y a 17 ans, quand j’ai dé­bu­té dans la po­lice, j’al­lais au bou­lot en te­nue et j’étais à Argenteuil. Au­jourd’hui, je tra­vaille sur Li­moges et je rentre en ci­vil à mon do­mi­cile ! » Ve­nue hier dé­fi­ler aux cô­tés de ses an­ciens col­lègues creu­sois, cette po­li­cière de Li­moges té­moi­gnait à elle seule du ma­laise dans la pro­fes­sion : « Chaque jour, je vais au cas­se­pipe ». Et c’était bien le même sen­ti­ment qui do­mi­nait dans le cor­tège, ras­sem­blé à mi­di de­vant le com­mis­sa­riat. Un cor­tège où po­li­ciers et ci­toyens se sont mê­lés. Une pre­mière pour les fonc­tion­naires creu­sois : « on pense qu’on est tran­quille à Gué­ret et re­gar­dez ce qui s’est pas­sé la se­maine der­nière (lire ci­dessous), dé­cla­rait Be­noît Phi­lip, le re­pré­sen­tant du per­son­nel. On pense que c’est plus calme ici : re­gar­dez ce qui s’est pas­sé le 14 juillet : un homme abat­tu en pleine rue ! Ça ne se voyait pas, ça, avant ! »

En Haute-vienne. Dans le cor­tège li­mou­geaud, entre les si­rènes po­li­cières et les coups de sif­flets, les do­léances se sont fait en­tendre dans les rangs des ma­ni­fes­tants. « Il y a de plus en plus d’hos­ti­li­té dans les grands en­sembles à Li­moges. Les caillas­sages sont fré­quents. Au mois d’avril, un po­li­cier a été bles­sé. Mais ce qui est dur, c’est de voir les dé­lin­quants ar­rê­tés res­sor­tir libres le len­de­main, après leur com­pa­ru­tion im­mé­diate », ex­plique un homme de la po­lice ur­baine. En plus de ce pro­blème de re­con­nais­sance, la ques­tion du matériel est au centre des dis­cus­sions. « Ce­la de­ vient dur de tra­vailler. Dans notre ser­vice, on nous demande de por­ter une arme mais nous n’avons même pas d’étui. Ce­la fait un an que nous les avons de­man­dés et tou­jours rien », dé­plore Franck, de la po­lice des fron­tières. « Ce sont de petites choses comme ce­la qui pèsent sur notre tra­vail. Le parc au­to­mo­bile est désuet, on demande tou­jours plus avec moins de moyens. Avec les voi­tures que l’on a, prendre en chasse une voi­ture en fuite est per­du d’avance », ajoute le ca­pi­taine Sté­pha­nie Bru­nie. Une cen­taine de ma­ni­fes­tants a par­ti­ci­pé à la marche. ■

PHOTO FRÉDÉRIC LHERPINIÈRE

PHOTO BRI­GITTE AZ­ZO­PARD

MARCHE. Si­rènes et mé­ga­phone, les po­li­ciers ont dé­ci­dé de faire du bruit pour faire en­tendre leurs re­ven­di­ca­tions à Li­moges.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.