Il tire sur deux gen­darmes ve­nus l’ex­pul­ser

CREUSE. L’homme de 59 ans at­ten­dait ar­mé les forces de l’ordre.

La Montagne (Brive) - - La Une - So­phie Pey­rol-eme­ry so­phie.pey­rol@cen­tre­france.com

Une ex­pul­sion ju­di­ciaire a mal tour­né, hier ma­tin, au village de Langledure, sur la commune de Bus­siè­redu­noise, en Creuse. Un homme âgé de 59 ans a ti­ré sur deux des gen­darmes qui ac­com­pa­gnaient les huis­siers char­gés d’ap­pli­quer la pro­cé­dure. Deux voi­sins ont aus­si été tou­chés. L’état des quatre vic­times n’ins­pire ce­pen­dant pas d’in­quié­tude.

Il est 8 h 30 hier quand deux huis­siers de jus­tice, ac­com­pa­gnés de huit gen­darmes, se sont pré­sen­tés au do­mi­cile d’alain Vo­la­tron afin de pro­cé­der à son ex­pul­sion ju­di­ciaire for­cée.

En 2010, l’homme avait été condam­né pour vio­lences vo­lon­taires à ver­ser des dom­mages et in­té­rêts à deux voi­sins. « Il n’avait ja­mais co­opé­ré, et de pro­cé­dure ju­di­ciaire en pro­cé­dure ju­di­ciaire, on est arrivé au plus grave : l’ex­pul­sion, pour dé­dom­ma­ger lé­gi­ti­me­ment les vic­times », ex­plique le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique Sé­bas­tien Farges. En­ tre 2012 et 2016, de nom­breuses pro­cé­dures ont été lan­cées, l’obli­geant à ré­gu­la­ri­ser ce qu’il de­vait aux vic­times. Une ex­pul­sion amiable avait même été ten­tée au mois d’août par les huis­siers.

Pré­ve­nu de­puis des mois, Alain Vo­la­tron, vi­ vant seul dans sa mai­son, at­ten­dait de pied ferme les huis­siers et les forces pu­bliques. Et les gen­darmes s’at­ten­daient à une ex­pul­sion pou­vant dé­gé­né­rer. Cinq d’entre eux ve­naient du PSIG (pe­lo­tons de sur­veillance et d’in­ter­ven­tion de la gen­dar­me­rie) pour épau­ler trois de leurs col­lègues de la bri­gade de Sainte­feyre. Équi­pés de casques et de gi­lets pa­re­balles, ils ont to­qué à la porte d’alain Vo­la­tron. L’homme a ou­vert la porte et leur a ti­ré des­sus avec son fu­sil.

« À un mo­ment don­né, il s’est re­trou­vé à courte dis­tance d’autres gen­darmes qui l’ont mis en joue et l’ont som­mé de se rendre. Il a po­sé son arme et s’est ren­du », pré­cise le co­lo­nel Sté­phane Dau­drix, com­man­dant du grou­pe­ment de gen­dar­me­rie de la Creuse. « Les gen­darmes n’ont dû leur sa­lut qu’à leurs ré­flexes. Il a ti­ré une hui­taine de coups de feu contre les mi­li­taires, sans qu’à au­cun mo­ment ils ne ré­pliquent. Et c’est tout à leur hon­neur », ajoute Sé­bas­tien Farges.

Un homme « un peu par­ti­cu­lier »

Deux gen­darmes gra­dés ont été bles­sés : l’un lé­gè­re­ment à une épaule, l’autre as­sez sé­rieu­se­ment à une jambe. Deux voi­sins, qui n’étaient, a prio­ri, pas vi­sés, ont aus­si été tou­chés, à une épaule et au flanc, et l’autre dans l’aine. Hos­pi­ta­li­sés hier à Gué­ret, ils ont été trans­fé­rés plus tard au CHU de Li­moges.

Va­lé­rie Al­lum et son ma­ri, des voi­sins d’alain Vo­la­tron, le dé­cri­vaient hier comme quel­ qu’un de « dis­cret et de cour­tois ». Ce couple d’an­glais par­tait pro­me­ner leur chien quand il a en­ten­du plu­sieurs coups de feu ré­son­ner à cô­té de chez eux.

Jean­pierre Grimaud, l’an­cien maire de Bus­sière­du­noise, n’était hier pas sur­pris. « Je me dou­tais qu’il se pas­se­rait quelque chose, j’avais si­gna­lé les risques en­cou­rus par son ex­pul­sion ». L’an­cien édile le dé­cri­vait comme « un peu par­ti­cu­lier » en men­tion­nant le conflit de voi­si­nage dans le­quel il était im­pli­qué. « Ça avait pris des pro­por­tions dé­me­su­rées ».

Alain Vo­la­tron est en garde à vue de­puis hier dans le cadre de l’en­quête de fla­grance que le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique di­rige. Il sai­si­ra en­suite le pôle cri­mi­nel d’ins­truc­tion de Li­moges, puis le par­quet de Li­moges.

L’in­for­ma­tion ju­di­ciaire ou­verte de­vrait être qua­li­fiée de tentative de meurtre et tentative de meurtre ag­gra­vé sur agents de la force pu­blique. ■

PHOTO BRU­NO BARLIER

LANGLEDURE. gen­darmes. C’est dans ce ha­meau de Bus­sière-du­noise que l’homme a ou­vert le feu sur les

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