Un pro­jet in­dus­triel am­bi­tieux au­tour de la bio­masse

Les élus ont vo­té hier soir pour un pro­jet am­bi­tieux de pro­duc­tion de cha­leur

La Montagne (Brive) - - La Une - Éric Porte

La so­cié­té Co­riance a été choi­sie pour construire et ex­ploi­ter une usine pro­dui­sant de la cha­leur bon mar­ché ; un mec­ca­no in­dus­triel qui sus­cite la mé­fiance de l’op­po­si­tion.

Un vote in­at­ten­du et un pa­ri pour les trente ans à ve­nir. C’est qu’on re­tien­dra du conseil d’hier soir et du long dé­bat, parfois tech­nique et com­pli­qué, sur le pro­jet d’usine bio­masse. Le vote in­at­ten­du, c’est ce­lui de Pa­tri­cia Bor­das, ex­pre­mière ad­jointe, qui a vo­té avec la ma­jo­ri­té de Frédéric Sou­lier. La rup­ture avec le PS est consom­mée.

Le pa­ri, c’est ce­lui que fait l’équipe mu­ni­ci­pale en met­tant sur pied un mec­ca­no in­dus­triel am­bi­tieux, pour four­nir de la cha­leur bon mar­ché à la par­tie la plus ur­ba­ni­sée de la commune. Hier soir, le choix de Co­riance, la so­cié­té qui va conce­voir, construire et ex­ploi­ter la fu­ture usine, en était la pre­mière pierre.

Un mixte éner­gé­tique sé­dui­sant

Sur le papier, le pro­jet est sé­dui­sant et tout le monde l’a sou­li­gné. Sans que ce­la ne coûte un sou au contri­buable bri­viste, un in­ves­tis­se­ment de 26,4 mil­lions d’eu­ros de­vrait voir le jour d’ici 2018, à l’ouest, près de l’in­ci­né­ra­teur d’or­dures mé­na­gères, si­tué à Saint­pan­ta­léon­de­larche.

Cette usine en­ver­ra de la cha­leur dans un ré­seau ca­pable d’ali­men­ter l’équi­valent de 4 à 4.500 lo­ge­ments, à un coût in­fé­rieur à ce­lui d’une chau­dière gaz. Elle se­ra pro­duite par un mixte éner­gé­tique qui, se­lon le maire, évi­te­ra la dé­pen­dance à une seule ressource : plus de la moi­tié vien­dra de la cha­leur ré­cu­pé­rée sur l’ac­tuel in­ci­né­ra­teur ; un quart grâce au bois ; 20 % par des pompes à cha­leur et le reste, en ap­point, par le gaz.

« Dans un 2e temps, l’usine se­ra cou­plée à une uni­té de méthanisation », pré­cise le maire, une tech­no­lo­gie ca­pable de trai­ter les boues de la sta­tion d’épu­ra­tion, les pro­duits gé­né­rés par l’agroa­li­men­taire et sur­tout la col­lecte des dé­chets ali­men­taires, dont l’ex­pé­ri­men­ta­tion dé­marre dans le quar­tier des Ro­siers.

Trop beau pour être vrai ? L’op­po­si­tion PS et PCF n’a pas dit autre chose hier soir : « Au stade ac­tuel, nous n’avons au­cune ga­ran­tie sur le prix de l’éner­gie dans dix ans », se­lon Frédéric Fi­lip­pi ; « trop d’in­cer­ti­tudes fi­nan­cières », pour Mar­tine Con­tie ; « votre pro­jet n’in­tègre pas le coût de la méthanisation. Qui va la payer ? », s’est alar­mé An­dré Pam­bout­zo­glou.

« Nous fai­sons le pa­ri que l’in­ci­né­ra­tion n’est plus la so­lu­tion d’ave­nir pour le trai­te­ment des dé­chets, a confir­mé le maire. Et ce qui est im­por­tant, c’est de li­vrer de la cha­leur à un coût plus in­té­res­sant que ce­lui pro­po­sé par une éner­gie fos­sile. Mais oui, tout reste à prou­ver, et nous se­rons vi­gi­lants à chaque étape ». D’abord hé­si­tante, Pa­tri­cia Bor­das a fi­na­le­ment vo­té pour : « Le sou­tien fi­nan­cier de l’ademe donne du cré­dit au

pro­jet », a estimé l’élue.

Mais le dos­sier n’est pas fi­ni. Ce pro­jet rem­place ce­lui qui avait été lan­cé en 2012, par la man­da­ture pré­cé­dente, et an­nu­lé par l’équipe de Frédéric Sou­lier en 2014. Le maire s’at­tend dé­sor­mais à ce que le dé­lé­ga­taire choi­si à l’époque demande ré­pa­ra­tion. Pour faire face au conten­tieux à ve­nir, la mai­rie va mettre de l’ar­gent de cô­té grâce… à la re­de­vance que Co­riance de­vra payer pour ex­ploi­ter la fu­ture usine bio­masse, soit 2,8 M€ sur 27 ans. ■

AR­CHIVES LA MON­TAGNE

USINE D’IN­CI­NÉ­RA­TION. La mai­rie fait le pa­ri que cette uni­té va dis­pa­raître pour lais­ser sa place à une uni­té de méthanisation ca­pable de trai­ter les boues des sta­tions d’épu­ra­tion et la col­lecte des bio dé­chets.

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