Un mys­té­rieux « re­pen­ti »

Soup­çon­né d’avoir été un re­cru­teur de l’etat is­la­mique

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - 3080,98 pts 18218,78 pts

Le Fran­çais Kevin Guia­varch, qui dit être un « re­pen­ti », a quit­té la Sy­rie avec ses quatre femmes pour re­joindre la Tur­quie, où il est in­car­cé­ré. Trans­fé­rées en France, deux de ses com­pagnes viennent d’être mises en exa­men.

Il fi­gu­rait sur la liste noire de L’ONU des dji­ha­distes les plus dan­ge­reux : le Fran­çais Kevin Guia­varch, 23 ans, avait re­joint la Sy­rie fin 2012, d’abord dans les rangs du Front al­nos­ra, la branche sy­rienne d’al­qaï­da, avant d’in­té­grer l’or­ga­ni­sa­tion État is­la­mique (EI).

Il est soup­çon­né d’avoir été un re­cru­teur de L’EI, di­rec­te­ment im­pli­qué aus­si dans son fi­nan­ce­ment.

Et les en­fants ?

Le jeune homme avait écrit aux au­to­ri­tés fran­çaises en di­sant qu’il vou­lait ren­trer en France, puis avait tra­ver­sé en juin la fron­tière tur­co­sy­rienne avec ses quatre com­pagnes fran­çaises et leurs six en­fants avant d’être in­ter­pel­lé en Tur­quie, où il est écroué dans l’at­tente d’un pro­cès.

Les deux femmes, âgées de 26 et 34 ans, ex­pul­sées la se­maine der­nière de Tur­quie, ont été mises en L’ÉVO­LU­TION DU CAC 40 - 0,21 % Var. 31/12 : - 2,21 % exa­men, ven­dre­di, à Pa­ris, pour « as­so­cia­tion de mal­fai­teurs en re­la­tion avec une en­tre­prise ter­ro­riste ».

La plus âgée, qui a quit­té la France en même temps que Guia­varch et a eu avec lui deux en­fants en Sy­rie, âgés de 10 mois et 3 ans, a été pla­cée en dé­ten­tion pro­vi­soire.

L’autre, qui avait re­joint le dji­ha­diste en 2014 et a eu éga­le­ment un en­fant, a été lais­sée libre sous contrôle ju­di­ciaire.

Deux autres com­pagnes, âgées de 22 ans, de­vraient être « pro­chai­ne­ment re­mises aux au­to­ri­tés fran­çaises avec leurs trois en­fants ». Les en­fants, nés sur le sol sy­rien, a prio­ri sans acte de nais­sance, pour­raient être consi­dé­rés comme apa­trides une fois ar­ri­vés sur le sol fran­çais.

Le fait que Kevin Guia­varch veuille ren­trer avec quatre femmes fran­çaises et six en­fants, dont cer­tains sont nés en Sy­rie, est « ex­cep­tion­nel ».

D’au­tant que le jeune homme, d’ori­gine bre­tonne et qui se se­rait conver­ti à l’âge de 14 ans, se­lon Le Pa­ri­sien, est « un gros pois­son pour les ser­vices de ren­sei­gne­ment » qui le soup­çonnent d’avoir « mis en place un cir­cuit de fi­nan­ce­ment de l’or­ga­ni­sa­tion dji­ha­diste ». La jus­tice française s’est in­té­res­sée à lui en 2014, après le dé­part d’une mi­neure, ori­gi­naire de Troyes (Aube), pour la Sy­rie.

L’ado­les­cente avait fi­na­le­ment été ré­cu­pé­rée par sa famille en Al­le­magne, mais l’en­quête avait éta­bli qu’elle avait été re­cru­tée, via les ré­seaux so­ciaux, par le dji­ha­diste.

Des zones d’ombre

Les en­quê­teurs avaient aus­si dé­cou­vert qu’il uti­li­sait sa mère pour fi­nan­cer ses ac­ti­vi­tés ter­ro­ristes. Cette der­nière re­ce­vait des man­dats des­ti­nés à son fils en pro­ve­nance de plu­sieurs pays étran­gers et les en­voyait, via Wes­tern Union, à un des­ti­na­taire en Tur­quie.

Le par­cours de Guia­varch com­porte tou­te­fois de nom­breuses zones d’ombre. Pour­quoi a­t­il pris contact avec la France ? Quelles sont ses mo­ti­va­tions réelles ? S’agit­il vé­ri­ta­ble­ment d’un re­pen­ti comme il le pré­tend ?

Une fois qu’il au­ra été ju­gé en Tur­quie, les au­to­ri­tés fran­çaises es­pèrent le « ré­cu­pé­rer » afin de sa­voir s’il pour­rait li­vrer de pré­cieuses in­for­ma­tions sur l’or­ga­ni­gramme et le fi­nan­ce­ment de l’or­ga­ni­sa­tion EI. ■ + 0,27 %

PHOTO AFP

CONTRÔLES. A la fron­tière entre la Tur­quie et la Sy­rie.

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