Valls en « co­lère » contre les confi­dences de Hol­lande

Le Pre­mier mi­nistre constate un « abat­te­ment » chez les élus PS

La Montagne (Brive) - - La Une -

Ma­nuel Valls, qui pro­clame as­si­dû­ment sa loyau­té à l’égard de Fran­çois Hol­lande, a haus­sé le ton à son égard en ex­pri­mant, se­lon « Le Monde », sa « co­lère » et en fai­sant état de la « honte » des mi­li­tants so­cia­listes après le livre sur les confi­dences du pré­sident.

Dans des pro­pos qu’il au­rait te­nus dans l’avion qui le condui­sait jeu­di à Bor­deaux et rap­por­tés par Le Monde da­té d’au­jourd’hui, Ma­nuel Valls dit sa « co­lère » per­son­nelle et la « honte » res­sen­tie par les mi­li­tants PS à la lec­ture du livre sur les confi­dences de Fran­çois Hol­lande Un pré­sident ne de­vrait pas dire ça.

« C’est ce que je res­sens, il ne faut pas se taire et tou­jours nom­mer les choses », a confié le chef du gou­ver­ne­ment, as­su­rant qu’en rai­son de « la si­tua­tion po­li­tique ac­tuelle », il avait « le sen­ti­ment d’avoir une vé­ri­table res­pon­sa­bi­li­té afin qu’on sorte le mieux pos­sible de cette pé­riode très pé­rilleuse ».

Une mue ré­cente

Se­lon Ma­nuel Valls, le livre des jour­na­listes du Monde Gé­rard Da­vet et Fa­brice Lhomme, nour­ri des confi­dences du chef de l’état, « a pro­vo­qué un choc, un abat­te­ment chez les par­le­men­taires » so­cia­listes : « Il a agi comme un ré­vé­la­teur ».

Le très loyal chef du gou­ver­ne­ment va même, tou­jours se­lon Le Monde, jus­qu’à re­prendre à son compte l’af­fir­ma­tion du pré­sident de l’as­sem­blée na­tio­nale Claude Bar­to­lone : « Le pays a be­soin d’in­car­na­tion ».

Sol­li­ci­té hier soir, Ma­ti­gnon n’a ni confir­mé ni com­men­té ces dé­cla­ra­tions. De son cô­té, l’ély­sée, éga­le­ment in­ter­ro­gé, s’est re­fu­sé à tout com­men­taire.

Ces pro­pos viennent cou­ron­ner la mue ré­cente de Ma­nuel Valls, qui en­file au fur et à me­sure des mee­tings et des in­ter­views les ha­bits du pré­si­den­tiable, sans qu’on sache s’il sou­haite se lan­cer à la place de l’ac­tuel chef de l’état ou s’il se pré­pare seule­ment au cas où ce der­nier re­non­ce­rait à se re­pré­sen­ter.

Ce­lui qui a fait de sa loyau­té en­vers le chef de l’état sa marque de fa­brique a com­men­cé ces der­nières se­maines à mo­dé­rer ses dis­cours, mais aus­si à opé­rer un re­cen­trage. Il a mo­du­lé son avis très tran­ché sur la laï­ci­té, mi­oc­tobre, et a fait un pas en dé­fen­dant le tra­vail des cher­cheurs et de la so­cio­lo­gie sur les causes du pas­sage à l’acte ter­ro­riste, alors qu’il sou­te­nait jus­qu’alors qu’« ex­pli­quer, c’est dé­jà vou­loir un peu ex­cu­ser ».

Plus ré­vé­la­teur en­core : Ma­nuel Valls, qui avait sou­te­nu l’idée de « po­si­tions ir­ré­con­ci­liables à gauche », a lan­cé un ap­pel au « ras­sem­ble­ment » de la gauche, sa­me­di à Tours, ten­dant la main à Ar­naud Mon­te­bourg et à Emmanuel Ma­cron no­tam­ment.

« Pas mieux pla­cé »

En­fin, dans un long en­tre­tien à France In­ter, mer­cre­di, il a peau­fi­né sa sta­ture de po­ten­tiel can­di­dat, en dé­fen­dant le bi­lan du quin­quen­nat avec « fier­té » sans fer­mer la porte à une aven­ ture pré­si­den­tielle per­son­nelle. Fran­çois Hol­lande est­il le « can­di­dat na­tu­rel » de la gauche ? « Ça, ça dé­pend de sa dé­ci­sion », a­t­il la­co­ni­que­ment ré­pon­du : « C’est une dé­ci­sion in­time, il doit te­nir compte de la si­tua­tion, il doit don­ner un sens à ce que pour­raient être sa can­di­da­ture et un nou­veau quin­quen­nat ».

Jeu­di soir à Bor­deaux, le Pre­mier mi­nistre a in­ter­pel­lé les mi­li­tants, tou­jours se­lon Le Monde : « Je n’ignore rien de votre ma­laise. Qui se­ra can­di­dat ? Le pré­sident peut­il se re­pré­ sen­ter ? Ces ques­tions existent, vous en dis­cu­tez. […] Il faut les ré­soudre et moi, comme Pre­mier mi­nistre, j’y prends ma part », a­t­il pour­sui­vi.

Mer­cre­di sur France In­ter, il as­su­rait que ce qu’il avait « à dire au pré­sident », il le lui di­sait « di­rec­te­ment ». Ces der­niers jours, Fran­çois Hol­lande a fait sa­voir en pe­tit co­mi­té qu’il avait tou­jours « plei­ne­ment confiance » en son Pre­mier mi­nistre et en sa loyau­té. Un très proche du pré­sident juge en outre que Ma­nuel Valls n’est « pas mieux pla­cé que Fran­çois Hol­lande […] et ne ras­sem­ble­rait pas » dans l’hy­po­thèse d’une cam­pagne sous son nom. « Je pense que Valls se­ra fi­dèle », pro­nos­tique­t­il. ■

PHOTO AFP

« RÉ­VÉ­LA­TEUR ». Se­lon Ma­nuel Valls, le livre sur les confi­dences du pré­sident « a pro­vo­qué un choc, un abat­te­ment chez les par­le­men­taires » so­cia­listes.

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