Le chry­san­thème tou­jours là

Hor­ti­cul­teurs à Saint­viance, ils cultivent la fleur ve­dette des ci­me­tières

La Montagne (Brive) - - Corrèze Actualité - Clé­men­tine Du­tertre

C’est à Saint­viance, aux portes de Brive, que se si­tue Les Fleurs de la Grange, une en­tre­prise fa­mi­liale lan­cée dans la pro­duc­tion horticole. Epau­lée par son frère et sa belle­soeur, Lu­cette en est la gé­rante. Alors qu’elle se pro­mène dans une des serres qui abritent les chry­san­thèmes, elle tient à mettre en exergue un fait im­por­tant : « Il y a quelques an­nées, on avait deux grosses pé­riodes dans notre chiffre d’af­faires, le prin­temps aux deux tiers et un tiers pour la Tous­saint. Au­jourd’hui, ce tiers a dis­pa­ru ». En ef­fet, l’achat de cette plante pour la fête com­mé­mo­ra­tive est en chute libre de­puis quelques an­nées. Si cette di­mi­nu­tion n’est pas bru­tale, elle reste constante de­puis ap­proxi­ma­ti­ve­ment dix ans et a en­traî­né une baisse de la pro­ duc­tion de 20 %. Les « grosses fleurs » et les com­po­si­tions tra­di­tion­nelles n’at­tirent plus.

Pour conti­nuer de sé­duire le client, il faut alors se re­nou­ve­ler, com­pen­ser par la di­ver­si­té afin de don­ner en­vie aux po­ten­tiels ache­teurs de ve­nir. « De nou­velles plantes font leur en­trée pour la Tous­saint, ex­plique Lu­cette. Les chry­san­thèmes sont tou­jours notre plus grosse vente mais dé­sor­mais il y a aus­si la bruyère, les pen­sées et les com­po­si­tions flo­rales, avec des plantes qui ré­sistent aux ge­lées, qui ont la côte. Ce qui plaît le plus, ce sont les chry­san­thèmes à “pe­tites fleurs” avec des cou­leurs mé­lan­gées ». Ain­si, les ache­teurs peuvent ve­nir choi­sir leur pot à l’avance, le ré­ser­ver et le ré­cu­pé­rer au mo­ment de la Tous­saint.

Si les clients viennent di­rec­te­ment et consti­tuent la source de re­ve­nus de la Grange, le com­ merce de gros per­met d’ap­por­ter un gain sup­plé­men­taire. Lu­cette pré­cise : « Il y a 25 ans, on ne fai­sait que de la vente en gros. Puis pro­gres­si­ve­ment, on a évo­lué vers la vente au dé­tail. Ce­la per­met d’être plus proche avec les par­ti­cu­liers. Mais on a gar­dé une pe­tite ac­ti­vi­té avec les su­per­mar­chés et les jar­di­ne­ries ».

La Pro­tec­tion bio­lo­gique in­té­grée (PBI)

En­cou­ra­gée par la Chambre d’agri­cul­ture de Cor­rèze, cette mé­thode de trai­te­ment a été mise en place dans la ferme horticole de­puis plus de dix ans et, comme s’ex­plique Lu­cette : « Ce­la ne si­gni­fie pas que l’on cultive du bio. C’est tout autre chose ». La Pro­tec­tion bio­lo­gique in­té­grée consiste à se ser­vir d’in­sectes dits auxi­liaires et qui dé­truisent les pa­ra­sites. Il existe beau­coup d’in­sectes pour trai­ter chaque pro­blème et ce­la per­met aux pro­duc­teurs de tra­vailler au­tre­ment, d’être plus proche de leurs cultures. Si avant, pour la pro­duc­tion de chry­san­thèmes, un ca­len­drier était né­ces­saire pour sa­voir quand uti­li­ser tel pro­duit chi­mique, au­jourd’hui, toute la sur­veillance se fait… À la loupe ! « Dès qu’un chry­san­thème pa­raît en triste état, on va la cher­cher et on re­garde s’il n’y a pas un pa­ra­site qui est en train de s’ins­tal­ler. S’il a fait son nid, il y a les in­sectes né­ces­saires dans la serre en gé­né­ral, in­dique Lu­cette. Si ce­la de­vient plus im­por­tant, on es­saie d’ap­por­ter ces in­sectes auxi­liaires pour s’oc­cu­per des pa­ra­sites ». Un gage de qua­li­té pour cette ferme cor­ré­zienne. ■

Aux Fleurs de la Grange, la pé­riode de la Tous­saint reste sy­no­nyme de chry­san­thèmes. Mais dé­sor­mais, la « fleur des ci­me­tières » laisse pro­gres­si­ve­ment sa place aux bruyères, pen­sées et autres com­po­si­tions flo­rales.

FRÉ­DÉ­RIC LHERPINIÈRE

HOR­TI­CUL­TURE. Lu­cette, Ma­rie-france et Jean-paul Vialle bi­chonnent leurs fleurs en mi­sant sur la pro­tec­tion bio­lo­gique in­té­grée.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.