La « sur­prise d’oc­tobre »

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités - BER­NARD STÉ­PHAN ber­nard.ste­phan@cen­tre­france.com

La cam­pagne de l’élec­tion pré­si­den­tielle aux États­unis est tou­jours mar­quée par un re­bon­dis­se­ment qui est connu sous l’ap­pel­la­tion de « sur­prise d’oc­tobre ». Ce sont en gé­né­ral des contro­verses qui n’ont rien à voir avec le pro­jet po­li­tique des can­di­dats, mais qui vont cher­cher les ar­gu­ments dans les pou­belles. La ré­ou­ver­ture de l’af­faire dite des « e­mails », via une lettre du di­rec­teur du FBI, est dans la li­gnée de la grande tra­di­tion de ces « sur­prises d’oc­tobre».

Cette po­lé­mique tombe bien, dans une cam­pagne qui ron­ron­nait. Elle peut re­lan­cer Do­nald Trump et le faire sor­tir de la dé­fen­sive dans la­quelle il se can­ton­nait, in­ca­pable d’ar­gu­men­ter sur un pro­gramme qui lui fait dé­faut. C’est du pain bé­nit pour le mil­liar­daire et son équipe qui ont sau­té sur l’oc­ca­sion pour por­ter le fer à ou­trance contre Hilla­ry Clin­ton, ré­cla­mer des pour­suites et pré­dire une af­faire « pire que le Wa­ter­gate ».

Mal­gré les son­dages, l’image de Mme Clin­ton n’est pas très bonne. Elle traîne avec elle la ré­pu­ta­tion de celle qui ne dit pas la vé­ri­té. Alors, est­ce que cette af­faire peut chan­ger le ré­sul­tat du vote ? Jusque­là, la cam­pagne de l’équipe Trump n’avait pas fait bou­ger les lignes. Les votes an­ti­ci­pés ont dé­bu­té de­puis plu­sieurs se­maines, et on a le sen­ti­ment chez les ob­ser­va­teurs amé­ri­cains que la cris­tal­li­sa­tion va dans le sens du camp dé­mo­crate. En outre, le com­por­te­ment de Do­nald Trump, ses dé­cla­ra­tions, son sexisme, son in­com­pé­tence sur les grands dos­siers, ont sus­ci­té un tel tol­lé que la « sur­pri­ se d’oc­tobre » ne de­vrait être qu’une pe­tite douche froide.

On ne peut s’em­pê­cher d’être éton­né de voir le di­rec­teur du FBI faire ir­rup­tion dans la cam­pagne à quelques jours du scru­tin. Bien sûr, la carte élec­to­rale est très fa­vo­rable à Hilla­ry Clin­ton. Mais ce n’est ja­mais bien d’en­trer en fonc­tion avec une telle sus­pi­cion qui plane. Rien n’in­dique que cette af­faire ne lais­se­ra pas des dé­gâts col­la­té­raux. En dé­cou­ra­geant par exemple les sou­tiens de Ber­nie San­ders, à l’aile gauche du par­ti dé­mo­crate, d’al­ler vo­ter, ou en re­mo­bi­li­sant le camp ré­pu­bli­cain dé­mo­ti­vé. Le sus­pense est re­lan­cé.

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