Le pa­tron jus­qu’au bout !

Hol­lande, même au plus bas, veut res­ter maître du ca­len­drier po­li­tique

La Montagne (Brive) - - France & Monde Actualités -

Fran­çois Hol­lande a te­nu à faire sa­voir, hier, à Ma­nuel Valls et à tout autre po­ten­tiel pré­ten­dant qu’il en­ten­dait, même for­te­ment af­fai­bli, res­ter «le pa­tron» jus­qu’au bout en maîtrisant son ca­len­drier pour 2017.

Les pe­tites phrases acides dis­til­lées ces der­niers jours par le Pre­mier mi­nistre, qui a mis en avant cette se­maine sa loyau­té à l’égard « de la France et de la gauche » et évo­qué sa « co­lère » à la lec­ture du livre re­pre­nant les confi­dences de Fran­çois Hol­lande, ne sont pas pas­sées in­aper­çues.

« A sa tâche »

« Cha­cun doit être à sa tâche », a lan­cé, sa­me­di, le pré­sident de la Ré­pu­blique dans une pre­mière salve. Une « évi­dence » pour Ma­nuel Valls, qui n’y voit au­cun « re­ca­drage » et rap­pelle que sa « loyau­té » à l’égard du chef de l’état ne peut pas être re­mise en ques­tion.

Hier, Sté­phane Le Foll, porte­pa­role du gou­ver­ne­ment et proche de Fran­çois Hol­lande, a en­fon­cé le clou : « Le pa­tron, jus­qu’à nou­vel ordre, c’est le pré­sident de la Ré­pu­blique, il a été élu », a­t­il mar­te­lé lors du Grand Ren­dez­vous Eu­rope 1/Les Échos/itele. Quant au

« pa­tron du gou­ver­ne­ment », « j’en ai eu deux, Jean­marc Ay­rault, Ma­nuel Valls », a ajou­té Sté­phane Le Foll, comme pour mieux sou­li­gner que le chef de l’état peut à sa guise chan­ger de Pre­mier mi­nistre. Des pro­pos que Ma­nuel Valls, en tour­née en Afrique, s’est re­fu­sé cette fois à com­men­ter.

« Il don­ne­ra sa po­si­tion au mois de dé­cembre »

Les fi­dèles du pré­sident n’ont en tout cas au­cun doute sur le fait que Fran­çois Hol­lande se­ra bien can­di­dat à sa suc­ces­sion, en pas­sant outre les son­dages dé­sas­treux et les marques de dé­fiance dans son propre camp, telle celle de Claude Bar­to­lone.

« Au­jourd’hui, ce­lui qui est en ca­pa­ci­té de pou­voir ras­sem­bler c’est Fran­çois Hol­lande ! », a as­su­ré Sté­ phane Le Foll, en sou­li­gnant que le pré­sident « est un bat­tant ». Pour l’heure, il faut res­pec­ter le ca­len­drier pré­vu par le pré­sident de la Ré­pu­blique, a­t­il re­dit : « Il don­ne­ra sa po­si­tion au mois de dé­cembre ».

« Fran­çois Hol­lande se pré­pare à me­ner une cam­pagne de chal­len­ger en al­lant sur le ter­rain, en par­ lant à tous les Fran­çais », confie un autre proche, qui as­si­mile cette cam­pagne à ve­nir da­van­tage à celle de Jacques Chi­rac – qui n’était pas sor­tant – en 1995 qu’à celle de Fran­çois Mit­ter­rand en 1988.

« Valls cherche à se dif­fé­ren­cier, on le voit. Il ne veut pas par­tir avec l’eau du bain, mais il sou­tien­dra le pré­sident », as­sure ce même proche, alors que le Pre­mier mi­nistre fait part de plus en plus ou­ver­te­ment du « sen­ti­ment de res­pon­sa­bi­li­té » qui l’ha­bite face à la si­tua­tion « pé­rilleuse » de la gauche. Même si l’hy­po­thèse d’un re­non­ce­ment pré­si­den­tiel est tou­jours ju­gé im­pro­bable à Ma­ti­gnon.

« Re­nou­veau »

Chez les can­di­dats à la pri­maire de la gauche, on compte les points, quand on ne met pas de l’huile sur le feu. Be­noît Ha­mon es­time « lé­gi­time » une can­di­da­ture de Hol­lande à la pri­maire, ju­geant à l’in­verse que Valls « est le plus mal pla­cé » pour ras­sem­bler à gauche. Ar­naud Mon­te­bourg plaide, lui, pour le « re­nou­veau », qu’il sou­haite in­car­ner, et iro­nise sur la co­lère du Pre­mier mi­nistre, l’in­ci­tant à al­ler « au bout » de son « éphé­mère exas­pé­ra­tion » en dé­mis­sion­nant et en étant can­di­dat à la pri­maire.

« Un pa­tron, ça ne se dé­crète pas, ça s’im­pose na­tu­rel­le­ment », a lâ­ché Gé­rard Collomb, sou­tien d’em­ma­nuel Ma­cron, en pro­met­tant une dé­ci­sion de son fa­vo­ri pour 2017 avant la fin de l’an­née. ■

PHO­TO AFP

À L’ÉLY­SÉE. Les fi­dèles de Hol­lande n’ont au­cun doute sur le fait qu’il se­ra can­di­dat à sa suc­ces­sion.

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