Une si­mu­la­tion d’at­ten­tat mo­bi­lise 400 pro­fes­sion­nels

La Montagne (Brive) - - La Une - Ca­ro­line Gi­rard brive@cen­tre­france.com

« Nous de­vons conti­nuer de nous exer­cer »

Po­li­ciers, gen­darmes et ser­vices de se­cours ont été mo­bi­li­sés pour si­mu­ler un at­ten­tat. 70 fi­gu­rants et une ving­taine d’ob­ser­va­teurs ont col­la­bo­ré à l’exer­cice.

«J’ai deux cas d’ur­gence ab­so­lue de 17 et 35 ans, on les trans­fère sur quels sec­teurs ? ». Sous la tente de se­cours ins­tal­lée au mi­lieu de di­zaines de vé­hi­cules de sa­peurs­pom­piers et du SA­MU, mé­de­cins et autres pro­fes­sion­nels de san­té se bous­culent. Les vic­times ar­rivent, au comp­te­gouttes par­fois, ou plus nom­breuses. C’est un scé­na­rio fic­tif et pour­tant, le réa­lisme de l’in­ter­ven­tion lais­se­rait croire que cette tue­rie de masse, ima­gi­née pour une opé­ra­tion NOVI (*) a bel et bien eu lieu.

« Ce sont des exer­cices re­com­man­dés par­tout sur le ter­ri­toire na­tio­nal, évoque le pré­fet de la Cor­rèze Ber­trand Gaume. La me­nace ter­ro­riste existe aus­si sur les pôles ur­bains de plus pe­tites am­pleurs comme Brive ». Ain­si, près de 400 per­son­nels ­ sa­peurs­pom­piers, SA­MU, Croix Rouge, po­lice na­tio­nale ou gen­dar­me­rie ­ ont été mo­bi­li­sés pour une ma­ti­née d’exer­cice gran­deur na­ture. « Il a fal­lu plu­sieurs se­maines pour pré­pa­rer l’opé­ra­tion, pour­suit le pré­fet. Mais c’était un exer­cice dans les condi­tions réelles : on a sou­hai­té, au­jourd’hui, avoir un exer­cice où les coups de fils ont été don­nés en réel, les tests de la chaîne d’alerte et de com­man­de­ment ont, eux aus­si, été faits en réel ».

Heu­reu­se­ment pour la soixan­taine d’élèves de L’IFSI de Brive et de Tulle vo­lon­taires ce jour­là, leurs bles­sures, elles, ne l’étaient pas. Dès le dé­but de ma­ti­née, ils se sont glis­sés dans la peau de vic­times des tirs de trois ter­ro­ristes. Ces der­niers ont, après avoir ou­vert le feu sur la voie pu­blique, pris en otage des élus en Conseil mu­ni­ci­pal. Un scé­na­rio non com­mu­ni­qué aux par­ti­ci­pants par les au­to­ri­tés, pour une opé­ra­tion plus vraie que na­ture.

À l’en­trée du site, bou­clé pour ne pas en­tra­ver les opé­ra­tions en cours, gen­darmes et po­li­ciers re­çoivent les ins­truc­tions. « Deux femmes crient au se­cours à l’étage ! ». Cer­tains, à mo­to, es­cortent les vé­hi­cules de se­cours. D’autres, ont à charge de dis­sua­der les vé­hi­cules ex­té­rieurs de pé­né­trer sur les lieux.

« Dans ce type d’évé­ne­ment de crise, nous de­vons conti­nuer à nous exer­cer, à faire tra­vailler en­semble les po­li­ciers, gen­darmes, or­ga­ni­sa­tion de pro­tec­tion ci­vile, col­lec­ti­vi­tés lo­cales… égrène Ber­trand Gaume. Bien sûr, quand il y a un drame de cette na­ture, l’au­to­ri­té ju­di­ciaire entre en jeu. Nous ne sommes pas uni­que­ment sur une ma­noeuvre de sé­cu­ri­té ci­vile ». En té­moigne la pré­sence de Laurent Czer­nik, pro­cu­reur de la Ré­pu­blique à Brive. « La sec­tion an­ti­ter­ro­riste du par­quet de Pa­ris n’a pas été mo­bi­li­sée ; il n’y a que lo­ca­le­ment que les au­to­ri­tés ju­di­ciaires ont été sol­li­ci­tées pour voir si notre chaîne fonc­tion­nait. En l’état, nos ca­pa­ci­tés de mo­bi­li­sa­tion ont été très bonnes ; aus­si bien celle du par­quet de Tulle, que celle des fonc­tion­naires et ma­gis­trats du par­quet de Brive ».

Un pre­mier dé­brie­fing à chaud a été réa­li­sé sur le site. Dé­brie­fing qui don­ne­ra lieu à une ana­lyse plus pous­sée par la suite : « C’est le pre­mier exer­cice de ce type or­ga­ni­sé en Cor­rèze. Nous de­vons conti­nuer de nous exer­cer, re­prend le pré­fet. L’opé­ra­tion nous a per­mis de me­su­rer des choses qui fonc­tion­naient très bien, mais il faut tou­jours re­mettre l’ou­vrage sur le mé­tier ».

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