Ra­chat des murs : l’in­ter­com­mu­na­li­té ne veut pas se faire avoir

La Montagne (Brive) - - Le Fait Du Jour -

Le vo­let fon­cier et im­mo­bi­lier (loyer pro­hi­bi­tif, dé­pol­lu­tion du site…) par­ti­cipe à com­pli­quer la re­prise. GMD, le re­pre­neur dé­cla­ré, ne veut pas être le pi­geon payant 25.000 € de loyer par mois aux an­ciens pro­prié­taires (les ac­tion­naires ma­jo­ri­taires du groupe Al­tia) pour­sui­vis pour abus de biens so­ciaux. Etienne Le­jeune, pré­sident de l’in­ter­com­mu­na­li­té Ouest Creuse, veut ob­te­nir des ga­ran­ties sur la pé­ren­ni­té de l’ac­ti­vi­té, avant de con­trac­ter un em­prunt au nom des contri­buables creu­sois.

Alain Mar­ti­neau, pa­tron du groupe GMD, avait po­sé comme pre­mière condi­tion au dé­pôt d’une offre de re­prise de GM & S le rè­gle­ment de la ques­tion im­mo­bi­lière. Se­lon le site Me­dia­part, la hol­ding de tête d’al­tia au­rait payé les murs du site de La Sou­ter­raine 250.000 €. À rai­son de 25.000 € de loyers men­suels, et sans chan­tier de ré­no­va­tion d’en­ver­gure (les bâ­ti­ments datent des an­nées 1960), le re­tour sur in­ves­tis­se­ment est ex­cep­tion­nel.

La cel­lule de crise dé­diée à GM & S et mise en place par le Pré­sident de la Ré­pu­blique a trou­vé une so­lu­tion : le ra­chat du site par une col­lec­ti­vi­té lo­ca­ le. Le prix de­man­dé par les ac­tuels pro­prié­taires se­rait de 1 mil­lion d’eu­ros, ce qui au­gure en­core d’une belle plus va­lue après le re­tour sur in­ves­tis­se­ment re­mar­quable pro­cu­ré par les loyers.

Etienne Le­jeune a fait état de « pres­sions » ve­nues d’en haut pour que son in­ter­com­mu­na­li­ té, qui a com­pé­tence sur l’im­mo­bi­lier in­dus­triel, ra­chète le site sur le champ. Le re­pre­neur, Alain Mar­ti­neau, a dé­cla­ré à France Bleu Creuse qu’il était prêt à payer « un loyer de 15.000 € ». Quelles ga­ran­ties sur la pé­ren­ni­té du site ?

Etienne Le­jeune est loin d’op­po­ser une fin de non­re­ce­voir à ces pro­jec­tions, mais il veut gar­der la tête froide : « nous n’avons pris au­cun en­ga­ge­ment pour la bonne rai­son que le conseil com­mu­nau­taire n’a pas été sai­si du su­jet. On nous dit d’al­ler très vite, OK, mais on n’en­gage pas de l’ar­gent pu­blic n’im­porte comment […] Il faut à mi­ni­ma que le site soit éva­lué par des ex­perts, il y a de lourds in­ves­tis­se­ments de ré­no­va­tion et de mise aux normes à réa­li­ser. Et le prix doit être né­go­cié ».

Quant à la dé­pol­lu­tion du site. « elle pour­rait être prise en charge par l’état », croit sa­voir Etienne Le­jeune. L’élu de La Sou­ter­raine sait dé­jà qu’il va être in­ter­pel­lé par les conseillers com­mu­nau­taires sur une ques­tion de bon sens : « peut­on con­trac­ter un em­prunt pour ra­che­ter un site in­dus­triel si nous n’avons pas en face de ga­ran­tie sur la pé­ren­ni­sa­tion de l’ac­ti­vi­té ? ». Les élus lo­caux écoutent les sa­la­riés de GM & S qui es­timent que dans les condi­tions ac­tuelles de la re­prise, l’es­pé­rance de vie de l’usine n’est que deux ans. Le bas­sin de La Sou­ter­raine peut­il prendre le risque de rem­bour­ser du­rant vingt ans une friche in­dus­trielle ? A for­tio­ri s’il est fra­gi­li­sé par la disparition du plus gros em­ployeur pri­vé de l’ouest de la Creuse ? ■ Ju­lien Ra­pe­gno

USINE. Des bâ­ti­ments qui datent des an­nées 1960. PHO­TO MA­THIEU TI­JE­RAS

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