Dé­mare, pour le meilleur et pour le pire

La Montagne (Brive) - - Tour De France 2017 -

« On a ga­gné en­semble, on perd en­semble ». Ar­ri­vé hors-dé­lai hier à Cham­bé­ry, le cham­pion de France Ar­naud Dé­mare quitte le Tour, en­traî­nant avec lui trois de ses co­équi­piers qui ont ten­té en vain de le sau­ver.

Ac­cla­mé dans les rues de Cham­bé­ry, le Pi­card est ex­té­nué. Dé­jà en dif­fi­cul­té sa­me­di, il a été lâ­ché dès les pre­miers hec­to­mètres de la 9e étape entre Nan­tua et Cham­bé­ry, l’une des plus dif­fi­ciles de ce Tour avec trois cols clas­sés hors ca­té­go­rie au pro­gramme. Le der­nier, le Mont du Chat, lui a été fa­tal.

« C’est sûr que je n’avais pas de force. Jus­qu’au bout j’y croyais, mais en haut de la der­nière (mon­tée), pas­sé 50 mi­nutes (de re­tard), je me suis dit que c’était mort », a­t­il dé­cla­ré à la presse, as­sis sur les marches du bus de la FDJ, sa for­ma­tion. « On est pour Ar­naud à 200% »

Ses « anges gar­diens » sa­me­di, le Li­tua­nien Igna­tas Ko­no­va­lo­vas et le Fran­çais Mi­ckaël De­lage, qui l’avaient dé­jà por­té à bout de bras jus­qu’à la sta­tion des Rousses, ont pour­tant tout fait pour l’ame­ner dans les temps jus­qu’à la ligne d’ar­ri­vée, ai­dés cette fois par l’ita­lien Ja­co­po Guar­nie­ri, son lan­ceur ha­bi­tuel dans les sprints.

« C’est le Tour. On peut être très haut comme très bas. On a ga­gné en­semble, on perd en­semble. On est quatre à la mai­son au­jourd’hui, je suis for­cé­ment ex­trê­me­ment dé­çu car je pense que c’était pas­sa­ger et que j’au­rais pu me re­ faire la ce­rise mais, sur le Tour, on n’a pas le droit à l’er­reur », a ajou­té Dé­mare.

Vain­queur pour la pre­mière fois dans la Grande Boucle mar­di à Vit­tel, deux fois deuxième à Liège et Troyes, plu­sieurs jours maillot vert, Dé­mare avait pour­tant en­ta­mé son troi­sième Tour de la meilleure des ma­nières, signe de sa mon­tée en puis­sance cette sai­son.

Mais ses co­équi­piers ne lui en vou­laient pas le moins du monde. Conscients qu’ils doivent être aux cô­tés de leur lea­der. Pour le meilleur comme pour le pire.

« Quand il gagne, c’est une équipe. Quand il perd, c’est une équipe aus­si. Quand on est pour Ar­naud, on est pour Ar­naud à 200%. Il nous sa­tis­fait toute l’an­née avec les vic­toires, c’est lui qui nous fait vivre ces mo­ments à nous les équi­piers qui n’ar­ri­vons pas à ga­gner. Voi­là, ça fait par­tie du Tour », a as­su­ré Mi­ckaël De­lage.

« On a es­sayé jus­qu’au bout, on y a cru jus­qu’au pied du Mont du Chat. C’est cruel, mais c’est le jeu », a­t­il ajou­té.

Pour la FDJ, le coup est dur. D’au­tant que son grim­peur Thi­baut Pi­not, à qui l’équipe va de­voir s’en re­mettre, a en­core eu du mal à re­trou­ver son ni­veau di­manche. « J’en ai connu d’autres »

Mais son ma­na­ger Marc Ma­diot se vou­lait phi­lo­sophe : « C’est la course, il faut ac­cep­ter le bon comme le moins bon. Le bi­lan était bon jusque là, il y a des mo­ments plus dé­li­cats, il faut l’ac­cep­ter. »

Dé­mare, lui, pro­met de re­ve­nir plus fort après cet échec. « J’en ai connu d’autres, on a rem­por­té une belle vic­toire à Vit­tel, c’est ce qu’on va re­te­nir. Tout ce qu’on a fait là, ça va nous ser­vir aus­si pour l’ave­nir. Il y a en­core quelque chose qui s’est créé entre nous », a­t­il dit.

Avant d’as­su­rer: « la pro­chaine fois, je me dé­fon­ce­rai en­core plus. »

EN­TOU­RÉ. Ar­naud Dé­mare (au centre) ac­com­pa­gné de Mi­ckaël De­lage (à gauche) et du Li­tua­nien Igna­tas Ko­no­va­lo­vas (à droite) lors de cette 9e étape. Tous les trois sont ar­ri­vés hors-dé­lai comme leur co­équi­pier, l’ita­lien Ja­co­po Guar­nie­ri.

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