Un Tour de France à l’ac­cent li­mou­sin

A l’oc­ca­sion de la 10e étape du Tour de France entre Pé­ri­gueux et Ber­ge­rac, des Li­mou­sins qui oeuvrent sur la Grande Boucle évo­lue­ront qua­si­ment à do­mi­cile. De la ca­ra­vane pu­bli­ci­taire à l’or­ga­ni­sa­tion. Ren­contres.

La Montagne (Brive) - - La Une - PHOTO AGNÈS GAU­DIN

10E ÉTAPE. Après une jour­née de re­pos hier, le Tour de France re­prend la route de­puis Pé­ri­gueux en di­rec­tion de Ber­ge­rac.

PU­BLI­CI­TÉ. L’oc­ca­sion pour les amou­reux de cyclisme de voir pas­ser la ca­ra­vane du Tour qui, cette an­née, a un fort ac­cent li­mou­sin.

Ce ma­tin, au dé­part de la 10e étape du Tour de France à Pé­ri­gueux, il vo­le­ra la ve­dette aux Ch­ris Froome, Nai­ro Quin­ta­na ou autre Ro­main Bar­det. Comme à peu près tous les jours de­puis le dé­but de la Grande Boucle.

Aux com­mandes de sa Smart jaune écla­tante, Pierre Vayne est une mas­cotte géante. Ou plu­tôt ce Lion qui culmine à 4,10 mètres de haut et qui fait par­tie du pe­lo­ton de tête de la ca­ra­vane pu­bli­ci­taire du Tour qui pas­sionne et dé­chaîne pe­tits et grands.

A 55 ans, le na­tif de Va­retz a ain­si pris le dé­part de son 18e Tour de France dé­but juillet, en Al­le­magne. Avec tou­jours cette même pas­sion et cette même ex­ci­ta­tion.

Dans un kart avec un mo­teur de 2 CV

Arrivé par ha­sard sur le Tour, Pierre Vayne avait d’abord hé­ri­té de la conduite des poid­slourds trans­por­tant les ca­deaux du Cré­dit Lyon­nais. De fil en ai­guille, le mé­ca­ni­cien pro­fes­sion­nel chez Fau­rie Trucks de­puis 20 ans met le nez dans les en­gins de la banque et se penche plus spé­ci­fi­que­ment sur le plus em­blé­ma­tique, le vé­hi­cule avec le Lion. Un… kart. Avec un mo­teur de 2 CV pour fran­chir des cols de plus de 3.000 mètres…

« Avec les condi­tions cli­ma­tiques chan­geantes, l’as­cen­sion des cols, les chan­ge­ments de rythme, le kart tom­bait en panne tous les quatre ma­tins, se rap­pelle Pierre Vayne. Je leur ai sug­gé­ré d’ins­tal­ler un mo­teur de Ci­troën GS et je me suis re­trou­vé quelques mois plus tard sur le cir­cuit de Ma­gny­cours pour faire des es­sais ».

En juillet 2000, le Cor­ré­zien prend alors of­fi­ciel­le­ment les ma­nettes du kart du Cré­dit Lyon­nais. Le dé­but d’une folle aven­ture.

« Je sa­vais que le Lion était l’une des fi­gures très fortes de la ca­ra­vane pu­bli­ci­taire mais je n’avais pas ima­gi­né à quel point. Pour mon pre­mier Tour dans la ca­ra­vane, un tou­riste belge s’est qua­si­ment je­té sous mes roues pour ra­mas­ser une simple cas­quette… Le Tour de France a quelque chose de fré­né­tique », confesse Pierre Vayne qui, avant de pen­ser à pro­fi­ter des in­croyables pay­sages, doit d’abord et avant tout pen­ser sé­cu­ri­té.

Des tests d’al­coo­lé­mie pra­ti­qués tous les jours

« Nous avons des consignes très strictes à ce su­jet. Tous les ma­tins ou presque, ASO (la so­cié­té or­ga­ni­sa­trice du Tour,

nl­dr) pro­cède à des tests d’al­coo­lé­mie. Si tu es pris, c’est de­hors. On ne joue pas avec ça. Nous avons aus­si un road­book à ra­pi­de­ment as­si­mi­ler, avec nos al­lures et la dis­tance à res­pec­ter entre chaque vé­hi­cule. Sur les routes, la foule est tel­le­ment dense que tu ne peux pas te per­mettre le moindre écart. Dans les cols, tu ef­fleures car­ré­ment les gens ».

Après quinze an­nées pas­sées au vo­lant de son kart, le mé­ca­ni­cien poids­lourds est dé­sor­mais dans une Smart, « ques­tion de normes ». Le Lion, lui, est tou­jours bel et bien pré­sent. La cri­nière im­pec­cable, les bras tou­jours prêts à en­la­cer les en­fants.

« À l’ar­ri­vée d’une étape, je passe au moins une bonne heure à faire des photos avec pe­tits et grands. Nous n’avons pas d’obli­ga­tion, cha­cun gère son vé­hi­cule. Moi, je n’ar­rive pas à me pas­ser des sou­rires sur les vi­sages donc ça prend un peu de temps », ra­conte Pierre qui

Pour mon pre­mier Tour dans la ca­ra­vane, un tou­riste belge s’est qua­si­ment je­té sous mes roues pour ra­mas­ser une simple cas­quette… Le Tour de France a quelque chose de fré­né­tique.

Cer­taines marques ont es­sayé de leur re­cru­ter

calque ses va­cances en fonc­tion des dates du Tour de France.

Pas­sé ce bain de foule, l’heure vient en­suite de net­toyer et de faire le plein du vé­hi­cule avant de prendre soin du… Lion. Évi­dem­ment. Car sur la bête, tout est dé­mon­table, dé­hous­sable. La queue, les bras et les pattes sont désar­ti­cu­lés avant d’être re­mon­tés tôt le len­de­main ma­tin. Et ça, pen­dant trois se­maines.

« Dans la ca­ra­vane, ce n’est pas les va­cances non plus. Sept heures de route tous les jours, l’at­ten­tion de la conduite, le cli­mat, les jour­nées de re­pos à va­drouiller, ça use. Heu­reu­se­ment que l’on peut pro­fi­ter des splen­dides pay­sages », sou­rit le prin­ci­pal in­té­res­sé qui n’ar­rê­te­rait pour rien au monde cette folle ex­pé­rience.

« Tous les ans, LCL me rap­pelle et comme tou­jours, je ne ré­flé­chis pas avant de ré­pondre même si j’ai dé­jà eu quelques contacts d’autres marques qui vou­laient me re­cru­ter ) ».

ROCK STAR. Sur les routes du Tour, Pierre Vayne et son Lion, ici sur la ligne d’ar­ri­vée à Saint-étienne, ne passent ja­mais in­aper­çus. Le Cor­ré­zien ouvre même son vé­hi­cule aux en­fants pen­dant de longues mi­nutes.

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