L’ap­pren­tis­sage existe aus­si en agri­cul­ture

La Montagne (Brive) - - La Une - Dra­gan Pé­ro­vic dra­gan.per­ovic@cezn­tre­france.com

Agri­cul­teur à Cham­be­ret, Jean-louis Pa­thier (58 ans) a dé­jà for­mé 13 ap­pren­tis. Fa­bien Fayole (33 ans), de Con­cèze, ac­cueille­ra son 1er ap­pren­ti à la ren­trée.

Ils font par­tie de deux gé­né­ra­tions d’agri­cul­teurs, mais cultivent la même en­vie de trans­mettre leurs sa­voirs et leur amour du tra­vail bien fait. An­cien in­gé­nieur et di­ri­geant dans une usine de ro­bo­tique ap­par­te­nant à un groupe al­le­mand, Jean­Louis Pa­thier (58 ans) est ren­tré chez lui à Cham­be­ret à l’âge de 35 ans, pour de­ve­nir pay­san.

Au­jourd’hui, il est gé­rant d’un GAEC com­po­sé de 2 as­so­ciés et de 2 sa­la­riés (280 ha et 220 mères vaches). « À l’usine, il fal­lait que j’em­mène du tra­vail pour 400 per­sonnes et que je gère tout ce pe­tit monde. Mon GAEC est une mini­en­tre­prise par rap­port à ce que j’ai connu avant. » For­ma­tion, fi­lia­tion

Jean­louis Pa­thier est très at­ta­ché à son rôle de for­ma­teur : « En Al­le­magne, l’ap­pren­tis­sage est plus que mis en avant, c’est « LE » sys­tème de for­ma­tion. J’ai vou­lu re­pro­duire le même mo­dèle, ra­conte­t­il. Treize jeunes sont dé­jà pas­sés en ap­pren­tis­sage chez moi. Ça m’a fait par­ti­ci­per à pas mal de ma­riages et quelques bap­têmes. » Les deux sa­la­riés de Jean­louis Pa­thier, ont d’abord été ses ap­pren­tis. « L’un d’entre eux re­prend une ferme en fin d’an­née, an­nonce­t­il fiè­re­ment. Par ailleurs, mon plus proche voi­sin et mon en­tre­pre­neur de tra­vaux agri­coles sont éga­le­ment pas­sés par chez moi. »

Qu’est ce qui lui plaît dans son rôle de maître d’ap­pren­tis­sage ? « La trans­mis­sion, ré­pond­il. En de­ve­nant agri­cul­teur, j’ai choi­si un mé­tier com­plet, qui a 36 fa­cettes en une seule jour­née. Il faut es­sayer de n’être mau­vais en rien. Mes ap­pren­tis ont beau­coup de choses à ap­ prendre. Être dans un GAEC, ça leur per­met de tra­vailler en équipe. »

Pour Jean­louis Pa­thier, la vie au quo­ti­dien sur la ferme re­pré­sente un point im­por­tant d’ap­pren­tis­sage. « Au point de vue du confort, sur mon ex­ploi­ta­tion, une mai­son est dé­diée aux ap­pren­tis. Elle est à 100 mètres et in­dé­pen­dante. On vit en­semble la jour­née, mais le soir, ils ont leur au­to­no­mie. »

Grâce à l’ap­pren­tis­sage, pen­dant 2 ans se tissent des re­la­tions fortes. « N’ayant pas eu d’en­fants moi­même, j’ai plai­sir à dire que j’ai eu les en­fants des autres, que j’ai pu me­ner vers un beau mé­tier. Un seul de mes an­ciens ap­pren­tis n’a pas fait ce che­mi­ne­ment, mais au­jourd’hui, il est ba­te­lier sur la Seine. C’est un autre mé­tier, mais il n’a pas per­du son temps en pas­sant à la ferme. »

Fa­bien Fayolle (33 ans) est ins­tal­lé en GAEC à Con­cèze, en veaux de lait de­puis 2008 (100 ha, 100 mères). « Mon pre­mier ap­pren­ti va at­ta­quer au mois d’août. L’ar­ri­vée sur le GAEC de mon frère me per­met­tra de dé­ga­ger du temps pour for­mer un jeune. Ça va aus­si nous per­mettre de dis­po­ser de la main d’oeuvre dans cer­tains mo­ments, no­tam­ment lors des as­treintes ».

PHOTO : D.P.

PRIO­RI­TÉ AUX JEUNES. (De droite à gauche) Fa­bien Fayolle et Jean-louis Pa­thier, en­tou­rés de ceux qui portent l’ap­pren­tis­sage à la Chambre d’agri­cul­ture.

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