Plu­tôt le mas­sif des Py­ré­nées ou plu­tôt ce­lui des Alpes ?

La Montagne (Brive) - - Tour De France 2017 -

Py­ré­nées, Alpes : ces deux mas­sifs ont fait la lé­gende du Tour, qui ar­rive au­jourd’hui dans le pre­mier entre Pau et Pey­ra­gudes. Mais qu’est-ce qui les dif­fé­ren­cie au fi­nal pour un grim­peur ? Pa­roles de cy­clistes.

« Pour moi, les Py­ré­nées sont plus pié­geuses au ni­veau du re­vê­te­ment même si les routes sont re­faites d’une an­née sur l’autre », ex­plique l’an­cien cou­reur Char­ly Mot­tet.

« Les Py­ré­nées, c’est un peu plus cas­sant, le gou­dron va col­ler un peu plus », abonde Pierre Rol­land, de l’équipe Can­non­dale.

« Dans les Alpes, il faut un peu plus de bra­quet, ce sont de plus longues mon­tées. Le col du Glan­don, la tra­ver­sée col du Té­lé­graphe­col du Ga­li­bier, c’est 30 ki­lo­mètres de mon­tées, le col de la Ma­de­leine, c’est 20 », pour­suit Mot­tet, « alors que dans les Py­ré­nées, c’est plus court et plus pen­tu dans le col de Men­té ou le Port de Ba­lès, où les pentes sont très sé­vères, les routes plus étroites. »

Mal­gré ce­la, l’an­cien cham­pion avoue « avoir tou­jours mieux pas­sé les Py­ré­nées que les Alpes. »

Sept fois maillot à pois entre 1994 et 2004, Ri­chard Vi­renque en­tre­tient, lui, une re­la­tion très par­ti­cu­lière aux Py­ré­nées, où il a ga­gné ses deux pre­mières étapes du Tour à Luz­ar­di­den (1994) et Cau­te­rets (1995).

« Moi, quand c’est dur, ça me plaît », dit­il avec le sou­rire. « Dans les Py­ré­nées, il y a en­core des cols as­sez bruts avec du gra­villon et for­cé­ment quand on monte, on n’a pas un bon ren­de­ment », ajoute l’an­cien roi de la mon­tagne. « Les Py­ré­nées, tou­jours plus rudes »

« Dans les Py­ré­nées, quand les condi­tions sont dures, elles sont plus dures. J’ai l’im­pres­sion que quand il fait chaud, il y fait plus chaud et que quand il pleut, il fait plus froid. C’est tou­jours un peu plus rude, on est un plus près du cô­té un peu rustre des choses », pour­suit Vi­renque. Mais ce mas­sif ne cor­res­pond pas à tout le monde. « Je pré­fère les Alpes », sou­ligne Pierre Rol­land. « Les pour­cen­tages un peu moins éle­vés, les mon­tées plus longues me per­mettent de com­pen­ser par ma puis­sance le fait que je sois un peu plus lourd que les vrais grim­peurs », es­time l’or­léa­nais.

Au­jourd’hui, avec le Port de Ba­lès (hors­ca­té­go­rie), le col de Pey­re­sourde (pre­mière ca­té­go­rie) et la mon­tée vers Pey­ra­gudes, les Py­ré­nées pour­raient en tous les cas dé­ci­der de la suite du Tour.

« L’ar­ri­vée à Pey­ra­gudes se­ra le pro­chain gros ob­jec­tif, la pro­ chaine grosse ba­taille. C’est une ar­ri­vée très très dure, avec près de 20 % ( sur la mon­tée, ça va être très in­té­res­sant », sa­live le maillot jaune Ch­ris Froome, qui a re­con­nu en mai cette étape et avait fait la dif­fé­rence l’an der­nier en at­ta­quant dans la des­cente du col de Pey­re­sourde.

« En gé­né­ral, Froome fait tou­jours la dif­fé­rence sur la pre­mière grande étape des Py­ré­nées, c’est sa marque de fa­brique », pense Mot­tet.

« Mais (Fabio) Aru se­ra pas mal, je le vois bien dans les Py­ré­nées, comme Ro­main (Bar­det) qui peut être un cou­reur avan­ta­gé », es­time pour sa part Vi­renque. Ça pro­met.

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