Tout pour man­ger vite, mais bien

La Montagne (Brive) - - Estivités - Pra­tique. Sur place : Le Truck Fran­çais, Chez Re­né, La grande Ours, Ver­sion An­toine, Cro­quez la Cor­rèze, Le Ré­gal de Li­sa et L’amuse-bouche. Ca­ro­line Gi­rard

Cui­si­ner à bord d’un ca­mion, c’est tout un art. Et pour nour­rir les mil­liers de fes­ti­va­liers qui se­ront sur le site, sept food-truck se­ront ins­tal­lés cette an­née.

Se tré­mous­ser pen­dant des heures sur le sable de Brive fes­ti­val, ça creuse. Et entre deux concerts, c’est der­rière les four­neaux que l’on s’ac­tive. « On était pré­sent sur le fes­ti­val Eu­ro­pa­vox à Cler­mont­fer­rand il y a quelques se­maines. C’est une am­biance plus roots, mais la pro­blé­ma­tique reste la même : il faut que ça aille vite ! » Et que ce soit bon. Car s’il y a bien une règle à la­quelle le trio du Truck fran­çais ne compte pas dé­ro­ger, c’est bien celle­ci. Pour com­po­ser un me­nu 100 % fes­ti­val, la carte change, mais conserve les bons ba­siques. « On ne cui­sine que du frais, du chaud, dans l’ins­tant, ex­plique Jean­bap­tiste, l’un des trois as­so­ciés du ca­mion. Toutes les dix­huit se­condes, un sand­wich est en­voyé quand nous sommes sur des évé­ne­ments de grosse af­fluence comme Brive fes­ti­val ».

Comme ce­lui que l’on re­trouve lors de leur pré­sence heb­do­ma­daire à Brive, en centre­ville et aux alen­tours, les fes­ti­va­liers pour­ront alors cro­quer dans le bur­ger dé­gou­li­nant de tomme de Ril­hac, dans leurs frites fraîches ou leur hot­dog de porc cul­noir. Mais avant ce­la, pas moins de dix heures se­ront né­ces­saires à la joyeuse équipe pour ins­tal­ler leur ca­mion, un uti­li­taire, un ca­mion­fri­go… « Bref, tout un pe­tit vil­lage ». Et à leurs cô­tés, il y au­ra lar­ge­ment de quoi se sus­tan­ter : six autres ca­mions pro­po­se­ront piz­zas, crous­tillants de pou­let, bro­chettes et autres cro­mes­quis.

Pour gé­rer son stock et faire des pré­vi­sions, cha­cun sa tech­nique : pour le Truck fran­çais, un ra­pide cal­cul ; « en moyenne, on capte 10 % de la billet­te­rie. C’est un chif­frage à la louche, qui nous per­met néan­moins de ne pas trop pré­voir, ou pas as­sez ». Idem pour les équipes, qui changent pour de telles oc­ca­sions : « Nous se­ront huit, cha­cun ré­par­ti à des pôles pré­cis ». Et la ré­par­ti­tion des tâches à son im­por­tance, sur­tout quand l’es­pace de tra­vail est très ré­duit. « Bien tra­vailler dans un food­truck, c’est d’abord avoir un bon amé­na­ge­ment, com­plète William Bras­sart. On a beau avoir une équipe qui tient la route, si le ca­mion n’est pas bien amé­na­gé, le ser­vice ne tien­dra pas la route ! ». Et en tant que res­pon­sable d’une me­nui­se­rie ré­cem­ment spé­cia­li­sée dans l’amé­na­ge­ment de food­truck, il sait de quoi il parle. Sur­tout quand, en pa­ral­lèle, on of­fi­cie der­rière les crê­pières, gau­friers et autres ma­chines à chur­ros de­puis des an­nées. Pré­sent l’an pas­sé avec son ca­mion Le Ré­gal de Li­sa, William le se­ra cette an­née en­core. Pas avare de conseils pour les pe­tits nou­veaux qui vien­dront le re­joindre sur l’es­pace res­tau­ra­tion du vil­lage, le chef d’en­tre­prise aux mul­tiples cas­quettes pré­cise : « C’est un mé­tier éprou­vant, il faut sa­voir en­voyer du lourd ! Pen­dant le rush, c’est im­pos­sible de s’ab­sen­ter une mi­nute. Et ima­gi­nez en plein été, quand il fait chaud de­hors, la cha­leur qu’il peut faire à l’in­té­rieur avec les ap­pa­reils de cuis­son ». Des condi­tions de tra­vail qui sont loin d’ef­frayer Jean­bap­tiste, Ké­vin, Ma­rie­paule et leur équipe du Truck fran­çais : « Être dans le jus et faire du dé­bit, c’est ce qu’on aime ! »

PHO­TO D’AR­CHIVES P.PERROUIN

ÉDI­TION 2016. L’an der­nier, 5 food-truck étaient ins­tal­lés dans le vil­lage de Brive fes­ti­val.

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