Mar­chés aux sa­veurs 100 % cor­ré­ziennes

Heb­do­ma­daires ou en évé­ne­men­tiel, les mar­chés de pro­duc­teurs de pays ren­contrent chaque été un jo­li suc­cès po­pu­laire. Ces mar­chés leur as­surent des re­ve­nus sup­plé­men­taires et sur­tout un contact di­rect avec le consom­ma­teur.

La Montagne (Brive) - - La Une - PHO­TO ÉLISE BAÏERA

Près 20 ans d’exis­tence, les mar­chés de pro­duc­teurs de Pays font par­tie du pay­sage es­ti­val de la Cor­rèze. Par­mi les vi­sages fa­mi­liers, qui re­viennent à chaque édi­tion pour pro­po­ser leurs pro­duits, cette an­née, de nou­veaux pro­duc­teurs, sé­lec­tion­nés par la Chambre d’agri­cul­ture de Cor­rèze, ins­tallent leur stand. Di­dier Celles , fraises et me­lons. Las­sé de faire du lait, cet agriculteur d’as­taillac, près de Beaulieu­sur­dor­dogne, a dé­ci­ dé de se tour­ner de­puis cette an­née vers la pro­duc­tion de fraises et me­lons. Son ex­ploi­ta­tion uti­lise une culture dite rai­son­née, qui n’uti­lise pas ou très peu de pro­duits chi­miques. Un mot lui im­porte, « l’au­then­ti­ci­té ».

« Comme Pa­gnol, je veux faire de “l’au­then­tique”, dé­clare­t­il. Au­jourd’hui, la grande dis­tri­bu­tion ne vend que des fruits qui sont beaux, sans dé­fauts vi­suels, mais pas for­cé­ment bons. Man­ger des fraises en fé­vrier, ce n’est pas nor­mal. Je veux re­trou­ver le goût et l’as­pect des fruits que nos pa­rents ont connus. C’est très im­por­tant pour la san­té aus­si. Avec les Mar­chés de Pays et la vente di­recte, on peut ex­pli­quer toutes ces choses aux gens. » Ni­co­las Du­bien, viande de porc et

de veau. Ni­co­las Du­bien a com­men­cé de­puis seule­ment trois mois. Mais dé­jà, la Chambre d’agri­cul­ture de Cor­rèze l’a contac­té pour te­nir un stand sur le mar­ché de Mon­ceaux­sur­dor­dogne. « Ca fai­sait long­temps que j’avais ça en tête, ra­conte­til. Je n’au­rais ja­mais pen­sé à vendre au­tre­ment que di­rec­te­ment. Avant j’étais cui­si­nier, c’est ça qui m’a don­né l’en­vie du contact. Je suis très sa­tis­fait de ma re­con­ver­sion, mais en étant pro­duc­teur, on est sou­vent seul ». Ni­co­las Du­bien pro­duit tout chez lui, en bio, par convic­tion per­son­nelle, comme il l’ex­plique, « les gens ont be­soin de cette au­then­ti­ci­té, ça les met en confiance au ni­veau des pro­duits ». Vir­gi­nie Cagnon, fro­mages de chèvre. Pour elle aus­si, c’est une re­con­ver­sion, mais elle connais­sait dé­jà ce mi­lieu, en ayant été conduc­trice d’ex­ploi­ta­tion et jour­na­liste pour l’union Pay­sanne. « Ces bou­lots c’était juste en at­ten­dant, ex­plique la jeune femme. Ca fai­sait un mo­ment que je vou­lais avoir cette ex­ploi­ta­tion, c’est ma pas­sion ». Sa so­cié­té, Un brin de chèvre, fonc­tionne bien, elle fait même par­tie du ré­seau “A table”, qui four­nit les can­tines des éta­blis­se­ments sco­laires du dé­par­te­ment. Mais avec l’été et les va­cances sco­laires, il lui fal­lait une autre source de re­ve­nus. « Les Mar­chés de Pays sont une belle op­por­tu­ni­té, d’une part parce qu’ils comblent la perte es­ti­vale. Mais aus­si parce qu’ils per­mettent de ren­con­trer les consom­ma­teurs et de me faire connaître comme je suis dé­bu­tante ». Ch­ris­telle Cou­dert, viande de boeuf.

« Les mar­chés de pays per­mettent aux dé­bu­tants comme moi de se faire connaître » VIR­GI­NIE CAGNON. Pro­duc­trice de fro­mages de chèvre

Elle, est ins­tal­lée de­puis 2008 à Al­bus­sac et at­ten­dait que son dos­sier soit re­te­nu pour les Mar­chés de Pays. C’est fi­na­le­ment le dé­part à la re­traite d’un éle­veur de porc qui lui a li­bé­ré une place au mar­ché de Mon­ ceaux­sur­dor­dogne. « J’ai dé­jà de l’ex­pé­rience sur les mar­chés, ra­conte Ch­ris­telle Cou­dert. Mais ce­lui­là est mieux que les mar­chés de vil­lage en terme de taille et il per­met de se faire connaître sur la val­lée ». Cette éle­veuse de vache li­mou­sine a tou­jours ven­du au dé­tail. Elle pro­pose éga­le­ment des co­lis sur me­sure en moins de 24 heures, grâce à un par­te­na­riat avec Ch­ro­no­post. « Ve­nir sur le mar­ché per­met aus­si de mieux connaître les at­tentes des consom­ ma­teurs, on a une va­leur ajou­tée que n’a pas la grande dis­tri­bu­tion. Les gens ont be­soin de contact, on s’en rend par­ti­cu­liè­re­ment compte de­puis deux/trois ans. C’est un peu un re­tour à une agri­cul­ture à taille hu­maine ».

PROXI­MI­TÉ. Près de 160 agri­cul­teurs et 15 ar­ti­sans de bouche par­ti­cipent à cette ving­tième édi­tion des Mar­chés de Pro­duc­teurs de Pays. PHO­TO ELISE BAÏERA

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