« Le Tour se dé­ci­de­ra au col de l’izoard »

Le Bri­va­dois s’est confié hier sur une der­nière se­maine qui s’an­nonce dé­ci­sive

La Montagne (Brive) - - Tour de France 2017 - Ch­ris­tophe Darne ch­ris­tophe.darne@cen­tre­france.com

Plus que ja­mais en course pour le Maillot jaune, Ro­main Bar­det (AG2R La Mon­diale) es­time que la Grande Boucle se joue­ra dans les deux étapes al­pestres (de­main et jeu­di). Où il en­tend bien ti­rer son épingle du jeu dans un clas­se­ment très ser­ré.

Sur la ter­rasse de l’hô­tel Bel­ho­ri­zon, au Cham­bon­sur­li­gnon, Ro­main Bar­det et ses équi­piers ont pro­fi­té hier d’un peu de quié­tude, après une deuxième se­maine folle conclue di­manche soir sur l’ave­nue du Breuil au Puy­en­velay.

Une pa­ren­thèse bien­ve­nue dans un cadre bu­co­lique, l’oc­ca­sion de faire un bi­lan et de se pro­je­ter sur une der­nière se­maine dé­ci­sive pour l’ac­tuel troi­sième du clas­se­ment gé­né­ral. Sou­riant et calme, le cham­pion bri­va­dois s’est confié…

Ro­main, com­ment avez-vous vé­cu l’étape de di­manche qui ar­ri­vait en Haute-loire ?

J’ai été sup­por­té comme ja­mais, avec l’im­pres­sion d’être au stade Mar­celMi­che­lin sur 189 km (rires). Seul pe­tit bé­mol de la jour­née, on m’a dit que Ch­ris Froome avait été sif­flé, in­vec­ti­vé par­fois lors de l’étape. J’en suis vrai­ment dé­so­lé. C’est un cham­pion, il mé­rite le respect. Néan­moins, je suis très fier du sou­tien du public au­ver­gnat.

On a vu votre équipe prendre l’ini­tia­tive de la course. S’agit-il de la deuxième for­ma­tion la plus forte der­rière le Team Sky ?

On a des qua­li­tés dif­fé­rentes et on ne se com­pare pas avec la for­ma­tion Sky. On veut juste faire notre course au mieux sur les ter­rains qui nous avan­tagent.

Pen­sez-vous qu’un front contre Froome puisse se créer avec l’aide d’autres cou­reurs ?

C’est mal em­bar­qué pour le mo­ment puisque per­sonne ne prend d’ini­tia­ tive. Ch­ris Froome bé­né­fi­cie d’une telle ar­ma­da au­tour de lui qu’il est dur de le dé­sta­bi­li­ser. Di­manche, j’avais peu de chances de le sur­prendre. On a fait le for­cing en se di­sant que cer­tains fa­vo­ris pou­vaient être pié­gés. Il faut sa­voir ex­ploi­ter chaque faille…

Ce manque d’ini­tia­tive des autres fa­vo­ris vous gêne ?

« L’im­pres­sion d’être au Mi­che­lin sur 189 km »

Il faut re­con­naître que la for­ma­tion Sky dé­cou­rage les ini­tia­tives. À Pey­ra­gudes par exemple, le tem­po était si élé­vé que per­sonne ne pou­vait at­ta­quer. Ils ont une co­hé­sion im­pres­sion­nante. Il faut voir si ça dure en troi­sième se­maine… C’est vrai que par­fois, c’est dé­cou­ra­geant.

Les écarts sont in­fimes et on sent une ho­mo­gé­néi­té entre les fa­vo­ris. Est-ce frus­trant ?

Oui, car c’est beau­coup d’im­pli­ca­tion men­tale pour des gains in­exis­tants voire mar­gi­naux. Le Tour c’est la pa­tience, il faut ex­ploi­ter toutes les opportunités. On se doit de res­ter calme et sa­voir saisir les ins­tants clés comme ce fut le cas di­manche, avec la vo­lon­té d’im­po­ser notre course.

Avec quelle avance ai­me­riez­vous abor­der le contre-la-montre de Mar­seille ?

Je ne pense pas au contre­la­montre, je ne me pro­jette pas jusque­là. Je me concentre sur les deux étapes al­pestres et on fe­ra le point jeu­di soir au som­met de l’izoard (ndlr : étape Brian­çon ­ Izoard 179,5 km). Je vais cou­rir ces étapes comme deux clas­siques. Le chrono, il faudra le faire à fond aus­si. Il n’y a pas de cal­culs à faire dès à pré­sent.

Se­lon vous, le Tour se­ra joué au som­met de l’izoard ?

Oui, je le pense. L’en­chaî­ne­ment des deux étapes et l’ar­ri­vée en al­ti­tude en troi­sième se­maine de course cau­se­ront de gros écarts. On y ver­ra plus clair.

On vous sent fi­na­le­ment as­sez se­rein…

Se­rein ? Oui et non. Uran est à quatre se­condes der­rière moi, les écarts sont ex­trê­me­ment ser­rés. Je vais jouer ma chance crâ­ne­ment, à fond. L’équipe tourne bien, un su­per fee­ling se dé­gage. On a pas­sé une ex­cel­lente deuxième se­maine : je me rap­proche du maillot (ndlr : jaune), on a dé­cro­ché une vic­toire d’étape. Pour­quoi ne pas prendre ça avec la bonne hu­meur ? On ne veut pas se lais­ser en­va­hir pas le stress. Juste donner le mieux de nous. Le groupe a pro­gres­sé col­lec­ti­ve­ment et semble en bonne voie pour conti­nuer d’écrire notre his­toire.

PHO­TO FRAN­CIS CAMPAGNIONI

RO­MAIN BAR­DET. Le lea­der de la for­ma­tion AG2R La Mon­diale s’est confié à la presse hier ma­tin, au Cham­bon-sur-li­gnon, où il était ins­tal­lé avec ses équi­piers et son staff pour la jour­née de re­pos.

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