Les sa­la­riés DEGM&S à bout mal­gré les an­nonces mi­nis­té­rielles

La Montagne (Brive) - - La Une - Maxime Es­cot maxime.es­cot@cen­tre­france.com

CREUSE. La pro­messe de 15 mil­lions d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ment par Bru­no Le Maire n’a pas convain­cu les sa­la­riés du site de La Sou­ter­raine.

L’an­nonce de 15 mil­lions d’eu­ros d’in­ves­tis­se­ment et de 22 mil­lions d’eu­ros de com­mandes sur cinq ans par Bru­no Le Maire est loin d’avoir conquis les sa­la­riés de GM & S, dont une cen­taine bloque tou­jours le site Re­nault de Ville­roy.

Les sa­la­riés de GM & S l’at­ten­daient à Ville­roy, dans l’yonne, où ils bloquent l’usine Re­nault de­puis deux jours. Mais c’est bien à La Sou­ter­raine que Bru­no Le Maire, ac­com­pa­gné de son se­cré­taire d’etat, Ben­ja­min Gri­veaux, s’est ren­du hier après­mi­di pour al­ler ren­con­trer les sa­la­riés. « C’est ici que ça se passe et que ça se joue, pas à Ville­roy », a jus­ti­fié le mi­nistre de l’eco­no­mie.

« Je vous ga­ran­tis la pé­ren­ni­té du site »

Deux heures au­pa­ra­vant, les sa­la­riés avaient ap­pris la dé­ci­sion du tri­bu­nal de com­merce de Poi­tiers : une pour­suite d’ac­ti­vi­té jus­qu’au 24 juillet, afin que soient le­vées les clauses sus­pen­sives, em­pê­chant la re­prise du site par Alain Mar­ti­neau et le groupe GMD. Les points d’achop­pe­ment ? La pro­blé­ma­tique im­mo­bi­lière, tou­jours et les in­ves­tis­se­ments dans l’ou­til de pro­duc­tion.

Pour ce der­nier, la solution a été trou­vée as­sure Bru­no Le Maire. « De­puis hier soir (N.D.L.R. : mar­di), nous avons la ga­ran­tie d’in­ves­tis­se­ment de quin­ ze mil­lions d’eu­ros pour des ma­chines nou­velles sur le site, a­t­il dé­cla­ré aux sa­la­riés réunis dans la tô­le­rie. Nous avons éga­le­ment des en­ga­ge­ments for­mels de com­mande de PSA et Re­nault à hau­teur de 22 mil­lions d’eu­ros sur les cinq pro­chaines an­nées. » Deux avan­cées qui font dire au mi­nistre de l’eco­no­mie : « je peux vous ga­ran­tir la pé­ren­ni­té du site de La Sou­ter­raine ». « Un coup de com’ » pour les sa­la­riés qui, calmes dans un pre­mier temps, ont en­suite un peu haus­sé le ton. No­tam­ment lorsque Bru­no Le Maire a évo­qué le dou­ble­ment des primes de formation, des aides à la créa­tion d’entre­ prise, « pour que per­sonne ne soit lais­sé sur le bord du che­min ». « Mais à 57 ans, vous croyez que je vais re­trou­ver un em­ploi ? », l’a in­ter­ro­gé l’un d’entre eux. Et son col­lègue de ren­ché­rir, « on va nous for­mer à être chô­meur ».

Pour les sa­la­riés, la fi­celle est trop grosse : « Il est en­core ve­nu nous en­dor­mir ». « On ne s’at­ten­dait pas à des mi­racles mais il vient nous dire ce qu’on sait de­puis deux mois », en­rage Marc, 58 ans, dont 34 chez GM & S.

Le vo­let im­mo­bi­lier tou­jours pas ré­glé

L’offre de re­prise de GMD et ses 120 em­plois sau­vés ? « Mais 120, ce n’est rien ! M. Mar­ti­neau peut faire mieux, on est en Creuse », lance en larmes Pau­lo, des dé­cen­nies de boîte, à Bru­no Le Maire.

Le mi­nistre qui, après avoir vi­si­té les lo­caux, a te­nu une réunion avec les élus lo­caux en mai­rie de La Sou­ter­raine. Une ren­contre où n’a pas été abor­dée la ques­tion cru­ciale de l’im­mo­bi­lier et du loyer ver­sé à la SCI.

Car sans ré­so­lu­tion, c’est l’offre GMD qui s’en­vo­le­rait, une liquidation ju­di­ciaire as­su­rée lun­di et 277 fa­milles creu­soises sur le car­reau. Au­jourd’hui, en­core plus qu’hier, le temps presse.

PHO­TO : MA­THIEU TIJERAS

DU­BI­TA­TIFS. Sa­tis­fait des avan­cées ob­te­nues, Bru­no Le Maire n’a pas réus­si à convaincre les sa­la­riés de GM & S.

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