Un ro­sé et un rouge es­tam­pillés 19 ar­rivent dans les verres

La Montagne (Brive) - - La Une - Ma­thilde Ber­riot brive@cen­tre­france.fr

PAYS DE BRIVE. Is­sus d’un vi­gnoble si­tué à Nes­pouls, ces cu­vées ont été lan­cées par sept co­pains pour ac­com­pa­gner les plats du ter­roir.

Sept amis se sont lan­cés le dé­fi de fa­bri­quer leur propre vin. L’un d’eux, Laurent La­croix, re­vient sur cette ex­pé­rience, peu après la mise en vente de leur ro­sé es­tam­pillé « 19 ».

Is­sues d’un vi­gnoble de Nes­pouls, les 3.000 bou­teilles du ro­sé « 19 » sont dé­jà presque écou­lées, et celles de rouge, mises sur le mar­ché dé­but août, ne sau­raient tar­der. Cette pre­mière cu­vée est donc un franc suc­cès pour Jé­rôme Ma­zières, Ni­co­las Vi­dal, Max Freys, Bru­no Froi­de­fond, Laurent La­croix, Phi­lippe La­ve­nu et Ar­thur Sil­va. Ces sept amis cher­chaient une op­por­tu­ni­té de faire un vin « qui leur res­semble ».

Pour ce faire, la cu­vée de­vait rem­plir le double ob­jec­tif de sa­tis­faire le pa­lais de ses fa­bri­cants, et de col­ler à la riche gas­tro­no­mie ré­gio­nale. « On sou­hai­tait que le rouge puisse ac­com­pa­gner des plats tra­di­tion­nels tels que le veau et le ca­nard, té­moigne Laurent La­croix. Pour le ro­sé, on ne vou­ lait pas suivre la mode des ro­sés très clair, presque “gris”. L’idée n’était pas d’en faire une bois­son ra­fraî­chis­sante de pis­cine mais une bois­son avec plus de tex­ture ». Il fal­lait donc trou­ver un vi­gnoble qui cor­res­ponde à leurs attentes. Ils ont dé­ni­ché la perle rare sur les hau­teurs de Nes­pouls. « Il s’agit d’un cé­page tra­di­tion­nel bor­de­lais, adap­té à un ter­roir cor­ré­zien, exac­te­ment ce que nous re­cher­chions ».

Le de­mi­hec­tare de ré­colte en 2015 a ser­vi à la mise en bou­teille du rouge, éle­vé sous bois, et l’hec­tare et de­mi de 2016 à celle du ro­sé. « Le ro­sé, c’est six à huit mois d’éle­vage, les trois quarts en cuve in­ox et le reste en fût neuf. C’est ce qui fait sa cou­leur ».

Une pro­duc­tion sur neuf ans

Avec le fer­mage vi­ti­cole ac­tuel, les sept as­so­ciés sont par­tis pour neuf ans de pro­duc­tion. « On ai­me­rait es­sayer de mon­ter en vo­lume, pour at­teindre l’ob­jec­tif des 20.000 bou­teilles. Ce se­rait la li­mite à par­tir de la­quelle le per­son­nel pren­drait le des­sus sur le pro­fes­sion­nel », ex­plique Laurent La­croix. Car les par­ti­ci­pants à ce pro­jet se sont in­ves­tis pa­ral­lè­le­ment à leur ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle.

Tout a été mis en bou­teille en même temps mais leur vin rouge se­ra pro­po­sé en avant­pre­mière aux res­tau­ra­teurs qui leur ont fait confiance sur le ro­sé. Il se­ra en­suite dis­po­nible à la vente au grand pu­blic à par­tir d’août. « C’est un vin avec de la struc­ture, on ne vou­lait qu’il y ait de foi­son­ne­ment avec le ro­sé donc on a choi­si de le sor­tir un peu plus tar­di­ve­ment. Ca fait du­rer le plai­sir ».

Dans leur par­celle de Nes­pouls, quatre des sept amis parlent de l’ave­nir de leur vin. « Cette an­née, on au­ra plu­tôt 80 % de ro­sé, parce que la qua­li­té n’est pas au ren­dez­vous pour le rouge, à cause du gel no­tam­ment, té­moigne Max Freys. Mais cette par­celle du bas de Nes­pouls, c’est notre par­celle porte­bon­heur. Elle a tou­jours don­né plus que celle du haut ».

La prin­ci­pale qua­li­té de ce vin se­rait donc sa forte iden­ti­té ré­gio­nale, le nom « 19 » n’étant pas choi­si par ha­sard.

« On sou­hai­tait que le rouge puisse ac­com­pa­gner des plats tra­di­tion­nels »

PHO­TO ÉLISE BAÏERA

DE GAUCHE À DROITE. Max Freys, Bru­no Froi­de­fond, Jé­rome Ma­zieres et Ni­co­las Vi­dal.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.