« Faire dan­ser toutes les gé­né­ra­tions »

La Montagne (Brive) - - Estivités - Ma­ryne Le Goff

Le rap­peur So­pra­no se­ra sur la scène de Brive Fes­ti­val, ce soir vers 22 heures, pour la pre­mière fois de sa car­rière. Tou­jours de bonne hu­meur, il pro­met une am­biance de fo­lie.

Il sou­lève les foules peu im­porte la ville dans la­quelle il se pro­duit. De pas­sage pour la pre­mière fois à Brive Fes­ti­val, ce soir, le rap­peur So­pra­no ne dé­ro­ge­ra sû­re­ment pas à la règle. ■ Qu’est-ce qu’un fes­ti­val re­pré­sente pour vous ? Ce que j’aime, c’est qu’il y a des gens qui ne viennent pas for­cé­ment nous voir nous. Il y a des per­sonnes qui viennent en fa­mille car c’est les va­cances mais aus­si peut­être parce que tout au long de l’an­née, ils ne peuvent pas ve­nir à des concerts en rai­son du tra­vail ou tout sim­ple­ment car ils n’ont pas les moyens. Un fes­ti­val per­met de ve­nir faire la fête avec un ar­tiste qu’on connaît moins ; tu leur fais alors dé­cou­vrir ta mu­sique. À Brive, j’es­père faire dan­ser toutes les gé­né­ra­tions confon­dues.

■ Vous se­rez sur la scène du Brive Fes­ti­val le même soir que Za­ho et MHD, vous connais­sez-vous tous les trois ? Je connais sur­tout Za­ho qui est une amie de­puis

10 ans. J’ai tra­vaillé avec elle pour le titre Cos­mo.

■ Vous êtes ac­tuel­le­ment en tour­née mais aus­si am­bas­sa­deur Wi­ko et créa­teur d’une marque de vê­te­ments. Comment faites-vous pour te­nir la ca­dence ? En ce mo­ment je suis fa­ti­gué, mais je pense que c’est parce que les va­cances ar­rivent. Je suis un pas­sion­né, donc le fait de par­tir en concert me donne beau­coup de force, je prends beau­coup de plai­sir à faire tous ces pro­jets.

■ Dans votre al­bum vous évo­quez les at­ten­tats, la mort d’un de vos amis, la re­li­gion… Vous aviez be­soin d’ex­pul­ser et d’af­fir­mer cer­taines

choses ? On parle beau­coup du né­ga­tif dans l’ac­tua­li­té et j’avais be­soin d’éva­cuer, mais dans le po­si­tif. Je ne veux pas mi­ni­mi­ser tout ce qui se passe au quo­ti­dien mais je vou­lais es­sayer d’ap­por­ter du po­si­tif pour que les gens qui écoutent mon al­bum res­tent connec­tés à

l’ac­tua­li­té tout en pou­vant s’éva­der et se dire qu’il y a un peu d’es­poir. Se dire “de­main ça va al­ler mieux”.

■ Mal­gré toutes ces dif­fi­cul­tés, comment faites-vous pour gar­der un état d’es­prit

po­si­tif ? Quand tu es père de fa­mille, tu n’as pas le choix. Tu trouves toute l’éner­gie qu’il faut et tu la ré­cu­pères par­tout. En ce mo­ment je la trouve sur­tout dans les concerts car ils se passent su­per bien ; quand je marche dans la rue mon pu­blic m’en­voie des sou­rires et me dit qu’il faut conti­nuer à en­voyer des mes­sages po­si­tifs. Les gens ne font pas at­ten­tion mais ils me donnent de la force et ça me per­met de pou­voir por­ter tout ça sur les épaules, car je re­con­nais que par­fois ce n’est pas fa­cile.

■ Vous êtes la per­son­na­li­té pré­fé­rée des 7-14 ans, qu’est-ce que ce­la vous ins­pire ? Au dé­but, ça m’a fait rire parce que je me suis dit “ah ouais, tu passes de­vant des Kev Adams, des Griez­mann” ! Même si je suis quel­qu’un de po­si­tif j’ai quand même des textes en­ga­gés. On m’a dit que les jeunes écoutent les textes et les com­prennent, ça me donne de la force et ça m’a beau­coup tou­ché. ■ Vos textes sont une fa­çon

de leur faire com­prendre ce

qui nous en­toure… Je suis un père de fa­mille et quand je suis avec mes en­fants, j’aime bien par­ler avec eux de l’ac­tua­li­té, de la vie, l’école, le fu­tur… Il ne faut pas croire que c’est parce qu’ils sont jeunes qu’ils n’ont pas de cer­veau. Quand j’avais 14 ans, j’écou­tais IAM et même si je ne com­pre­nais pas tout, je sai­sis­sais le fond de leur pen­sée. Ça a un peu construit qui je suis main­te­nant.

■ Votre opus s’in­ti­tule Eve­rest. Quel est votre Eve­rest So­pra­no ? C’est d’al­ler le plus loin pos­sible avec les miens. Être en haut de l’af­fiche, tout seul, ne m’in­té­resse pas. Je n’ai ja­mais été quel­qu’un qui court der­rière les grosses voi­tures et les bi­joux. C’est l’aven­ture hu­maine que je passe avec mes amis sur scène, qui me plaît. ■ Est-ce dur de l’at­teindre ? C’est dur, si tu n’es pas au­then­tique. Je pense que le fait que je sois sin­cère dans ce que je fais et que je suis un pas­sion­né per­met de faire l’aven­ture avec le sou­rire. Par exemple, quand on part en tour­née, que ce soit à Brive ou ailleurs, on est dans un tour­bus et j’ai l’im­pres­sion d’être en co­lo­nie de va­cances. Ça m’aide beau­coup. ■

SUR SCÈNE. Ce soir, So­pra­no pren­dra la suite de Za­ho et MHD. PHO­TO LU­CIE PAULUS

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