Le su­per coup double de Fa­bien Sch­midt

La Montagne (Brive) - - Sports - Ra­phaël Ro­chette ra­phael.ro­chette@cen­tre­france.com

Vain­queur d’un sprint à trois, hier à Châ­tel-guyon, Fa­bien Sch­midt (Côte-d’ar­mor) a en plus em­po­ché la vic­toire au gé­né­ral dans le 8e Tour d’au­vergne. Le maillot jaune, Vic­tor La­fay (Bourg), a cé­dé dans la der­nière côte. Comme les Pro Im­mo, Pe­rei­ra et Four­net­fayard.

Le maillot jaune a chan­gé d’épaules, hier à Châ­tel­guyon. Deuxième la veille à Riom, l’ex­pro Fa­bien Sch­midt (Côtes­d’ar­mor) a dé­pos­sé­dé le jeune Bres­san Vic­tor La­fay de sa tu­nique de lea­der et réa­li­sé un su­perbe coup double, sur ce Tour d’au­vergne 2017, en rem­por­tant la 2e étape en plus du gé­né­ral au terme d’un sprint à trois.

Le sa­cri­fice de Brun

De loin le meilleur dans l’em­bal­lage fi­nal, l’ex­sta­giaire de la FDJ, âgé de 28 ans, n’a donc rien lais­sé à ses com­pa­gnons d’échap­pée, Adrien Guillon­net (SCO Di­jon), 2e sur la ligne et au gé­né­ral, et Alexis Gué­rin (VC Rouen), 3e sur les deux ta­bleaux.

Ce trio de cos­tauds s’est ex­tir­pé du groupe maillot jaune dans la der­nière as­cen­sion de la jour­née : la longue côte de Ro­che­pra­dière à Lou­bey­rat. Jus­que­là, le jeune lea­der avait ré­sis­té à toutes les at­taques, in­ces­santes de­puis le dé­part réel de Vol­vic, avec l’aide d’une so­lide équipe de Bourg et, no­tam­ment, l’ap­pui pré­cieux de Fré­dé­ ric Brun, son der­nier sou­tien. L’ex­pro re­des­cen­du cette an­née chez les ama­teurs s’est mis « à la planche » toute la jour­née. Il s’est ain­si sa­cri­fié pour ra­me­ner La­fay et consorts sur Florent Pe­rei­ra (Team Pro Im­mo) et Be­noît Cos­ne­froy (Cham­bé­ry CF), par­tis à cin­quante bornes de l’ar­ri­vée, dans la des­cente de Cha­nat, sur des routes que l’en­fant d’or­cines connaît par coeur.

Pe­rei­ra et Cos­ne­froy re­pris juste après le pre­mier pas­sage sur la ligne, Brun fi­nis­sait par rendre les armes, épui­sé par son ex­té­nuant tra­vail d’équi­pier et lais­sait La­fay se dé­brouiller seul face à la meute de ses ad­ver­saires, poin­tant à seule­ment quatre se­condes au gé­né­ral.

La grande ba­garre était dé­clen­chée dès les pre­mières pentes, au­des­sus de Châ­tel. Par Alexis Gué­rin, le plus prompt à « flin­guer » le lea­der. Puis par Sch­midt et en­fin Guillon­net, le der­nier à dé­gai­ner.

La­fay a cé­dé

« Je voyais que pas grand monde n’at­ta­quait, donc j’y suis al­lé sans grande convic­tion, ex­pli­quait Fa­bien Sch­midt. Je ne connais­sais pas cette côte. J’ai tout don­né, j’ai creu­sé peu à peu l’écart. Ce n’était de toute fa­çon plus le mo­ment de se re­tour­ner. Je suis ren­tré sur Alexis Gué­rin. Adrien Guillon­net nous a rat­tra­pés sur le haut. On était trois avec 1’20’’ d’avance et il n’y avait plus que de la des­cente… »

Le trio ne pou­vait plus être re­joint et la vic­toire au gé­né­ral de­vait re­ve­nir à l’un d’eux, clas­sés dans la même se­conde. Le 8e Tour d’au­vergne, mal­gré toutes ses dif­fi­cul­tés, se jouait donc « à la place », puis­qu’au­cun des échap­pés ne par­ve­nait à prendre du champ dans l’ul­time des­cente. Le gé­né­ral sem­blait pro­mis à Fa­bien Sch­midt,

avec sa 2e place de la veille. Le na­tif de Col­mar as­su­rait tout de même le coup, grâce à sa pointe de vi­tesse su­pé­rieure.

« Je sa­vais que le gé­né­ral était ga­gné, même si je n’étais pas à l’abri d’une at­taque de l’un des deux (autres cou­reurs de l’échap­pée, ndlr). Il fal­lait res­ter vi­gi­lant. J’ai même hé­si­té à rou­ler le der­nier ki­lo­mètre et à em­me­ner le sprint pour ne pas prendre de cas­sure. Car on ne sait ja­mais, dans un sprint à trois, un gars peut prendre une se­conde d’avance (et ce­la au­rait été per­du pour lui au gé­né­ral,

ndlr) .» Fi­na­le­ment, Sch­midt de­van­çait ai­sé­ment les deux autres hommes forts de ce Tour d’au­vergne pour esi­gner tout à la fois ses 9 et 10e vic­toires de la sai­son.

Ar­ri­vé à la 8e place, avec plus d’une mi­nute de re­tard, La­fay de­vait des­cendre du po­dium fi­nal (4e). Comme le Bres­san, les Pro Im­mo ont eux aus­si cé­dé dans la mon­tée sur Lou­bey­rat. Pe­rei­ra payait ses ef­forts. Pas­sé à l’at­taque dans le col de Ceys­sat, Four­net­fayard ca­lait lui aus­si. Et il voyait son rêve de dou­blé s’en­vo­ler…

PHO­TO PIERRE COUBLE

TRIOMPHE. Vic­toires d’étape et au gé­né­ral, hier à Châ­tel, pour Fa­bien Sch­midt.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.