« Faire dis­pa­raître les cli­chés »

La Montagne (Brive) - - Sports -

Le triple cham­pion du monde et oc­tuple cham­pion d’eu­rope par­ti­ci­pe­ra aux Mas­ters, dès au­jourd’hui. Dy­lan Ro­cher était pré­sent hier, place des Bu­ghes, pour ho­no­rer son sta­tut de par­rain des Mas­ters jeunes.

DNa­than Spor­tiel­lo u haut de ses 25 ans, Dy­lan Ro­cher a dé­jà un pal­ma­rès bien rem­pli. Triple cham­pion du monde et onze fois cham­pion d’eu­rope, le jeune homme ori­gi­naire de Dra­gui­gnan as­sume plei­ne­ment son sta­tut de par­rain des Mas­ters jeunes de pé­tanque de­puis trois ans.

Vous êtes le par­rain du Mas­ter jeune. Quel est votre rôle ? Ma­rian Bar­thé­lé­my (res­pon­sable de l’agence Quar­ter­back, or­ga­ni­sa­teur

des Mas­ters de pé­tanque,

ndlr) m’a pro­po­sé d’être par­rain. Je suis en­core jeune( rires). C’est donc en­core plus simple pour moi de trans­mettre des mes­sages à la gé­né­ra­tion mon­tante. Je prends ce rôle très à coeur. Je m’oc­cupe de gui­der les jeunes et de leur in­cul­quer les va­leurs de ce sport. Jus­te­ment, quel mes­sage adres­sez-vous aux jeunes ? Je suis très sol­li­ci­té pour leur don­ner quelques conseils. Après, ils ne me posent pas trop ques­tions quant à leur ave­nir. Ils sont en­core jeunes et ne pensent pas à ça. Ce­la m’est ar­ri­vé par­fois mais c’est rare.

Cer­tains jeunes pensent peut-être pou­voir vivre de la pé­tanque… Dans ce cas, je

leur di­rais qu’il faut qu’ils tra­vaillent bien à l’école

(rire). Il faut qu’ils as­surent leur ave­nir et qu’ils aient un mé­tier. Je suis en plein de­dans. Je ne vis pas de la pé­tanque et au­cun joueur pro­fes­sion­nel ne peut vivre de ce sport. Au­jourd’hui, je suis en haut de l’af­fiche et pour­tant, je dois bos­ser à cô­té (à la mai­rie de Dra­gui­gnan, ndlr). Il faut comp­ter les frais de dé­pla­ce­ment, d’hé­ber­ge­ments... Lorsque l’on gagne des tour­nois ou des Mas­ters, on a de l’ar­gent mais ce­la ne per­met pas de vivre.

Sen­tez-vous que les jeunes peuvent dy­na­mi­ser la pé­tanque et faire dis­pa­raître cer­tains cli­chés ? Ac­tuel­le­ment, avec la mé­dia­ti­sa­tion de la pé­tanque, les men­ta­li­tés changent et les jeunes ap­portent du sang neuf. À Cler­mont, au­jourd’hui

(hier, ndlr) , il y a 57 tri­plettes de jeunes pour les Mas­ters. C’est énorme ! Concer­nant les cli­chés, la Fé­dé­ra­tion fait at­ten­tion à l’image de la pé­tanque. Il faut faire dis­pa­raître l’image du bob et du Ri­card. On l’a as­sez en­ten­du. On en a souf­fert. Moi, plus jeune, mes co­pains me di­ saient que la pé­tanque n’était pas un sport. J’étais gê­né de par­ler de ça. La jeu­nesse peut chan­ger cette image né­ga­tive.

Il faut en­core tra­vailler pour que la pé­tanque soit un peu plus pro­fes­sion­nelle, que l’on soit da­van­tage sui­vi. Y a-t-il un ave­nir dans la pé­tanque pour les jeunes ? Oui. J’ai com­men­cé à trois ans, en fai­sant des com­pé­ti­tions mi­nimes, ca­dets puis ju­niors. Ceux qui par­ti­cipent aux Mas­ter jeunes peuvent se jau­ger. La tri­plette ga­gnante se­ra qua­li­fiée pour un fi­nal four avec huit autres équipes et la fi­nale se­ra té­lé­vi­sée (le

30 août à Ruoms). C’est une belle rampe de lan­ce­ment pour la jeu­nesse. Mais en­core une fois, il faut qu’ils sachent que l’on ne gagne pas sa vie en jouant à la pé­tanque.

Vous se­rez en lice de­main (au­jourd’hui) pour les Mas­ters. Com­ment ap­pré­hen­dez­vous la com­pé­ti­tion ? Ona fait une belle pre­mière étape (défaite en fi­nale) mais on n’a com­plè­te­ment ra­té la deuxième (éli­mi­né au pre­mier tour, en quarts). Il va fal­loir clai­re­ment qu’on se ré­veille.

DIS­PO­NIBLE. Dy­lan Ro­cher était pré­sent hier pour les Mas­ters Jeunes. Il s’est prê­té au jeu des dé­di­caces et des pho­tos (ici avec trois jeunes du club de Saint-flour). PHO­TOS FRANCIS CAMPAGNONI

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