Les GM & S en sau­ront plus sur la re­prise à la ren­trée

La Montagne (Brive) - - Le Fait Du Jour - Maxime Es­cot maxime.es­cot@cen­tre­france.com

Sur la brèche de­puis près de neuf mois, les 277 sa­la­riés de GM & S ont ap­pris, hier, que la re­prise par le groupe sté­pha­nois GMD at­ten­drait la ren­trée. Après trois se­maines de re­pos, ils en­tendent bien re­par­tir au com­bat pour que soient re­pris da­van­tage que les 120 sa­la­riés pro­mis.

Pour beau­coup, les va­cances avaient of­fi­ciel­le­ment dé­bu­té ven­dre­di soir. Mais dif­fi­cile d’avoir la tête ailleurs qu’au bou­lot quand on ne sait pas de quoi l’ave­nir se­ra fait.

Hier, ils étaient donc en­core près de 180 sa­la­riés à Poi­tiers, pour connaître la dé­ci­sion du tribunal de com­merce. Cer­tains avaient d’ailleurs dé­ci­dé de se rendre en vé­lo de­puis La Sou­ter­raine pour en­tendre ce que leur avo­cat, Me Bo­rie, de­man­dait de­puis plu­sieurs se­maines : une pour­suite d’ac­ti­vi­té jus­qu’au 18 sep­tembre et une nou­velle au­dience au tribunal de com­merce fixée au lun­di 4 sep­tembre à 10 heures.

Une offre tou­jours blo­quée à 120 sa­la­riés re­pris

« Ce que nous di­sions de­puis le dé­but s’est ré­vé­lé vrai, à sa­voir que le tribunal ne pou­vait pas au­jourd’hui sta­tuer sur l’offre de re­prise. Le tribunal n’a fait que consta­ter qu’il dis­po­sait main­te­nant d’une offre de re­prise ferme, va­lide jus­qu’au 20 sep­tembre », s’est sa­tis­fait l’avo­cat des sa­la­riés à la sor­tie tan­dis que la dé­ci­sion, mise en dé­li­bé­ré dans un pre­mier temps, n’a été confir­mée que deux heures plus tard.

La pro­cé­dure, qui pré­voit no­tam­ment la consul­ta­tion du co­mi­té d’en­tre­prise, n’ayant pas été res­pec­tée, l’offre ferme de GMD n’a pas pu être va­li­dée. Dé­po­sée par un re­pré­sen­tant d’alain Mar­ti­neau, les condi­tions sus­pen­sives ayant toutes été le­vées, elle se­ra donc étu­diée par le CE à la fin du mois d’août, avant la pro­chaine au­dience du 4 sep­tembre.

Une offre tou­jours blo­quée à 120 qui ne sa­tis­fait pas les sa­la­riés. « À 120, ce sont beau­coup de com­pé­tences qui s’en vont donc Alain Mar­ti­neau ne peut pas faire au­tre­ment que d’amé­lio­rer son offre », in­siste JeanMarc Du­cour­tioux, dé­lé­gué du co­mi­té d’en­tre­prise.

Et ce d’au­tant qu’au­cune avan­cée n’a été consta­tée sur les in­dem­ni­tés su­pra­lé­gales des 157 ou­vriers qui res­te­ront sur le car­reau. « Au­jourd’hui, c’est plus qu’une re­ven­di­ca­tion car si on ne l’ob­tient pas, il n’y au­ra pas de re­dé­mar­rage de l’ac­ti­vi­té en sep­tembre », as­sure Franck Ca­riat, dé­lé­gué CGT.

La seule bonne nou­velle de la jour­née peut­être, « c’est qu’on est sûr que nos col­lègues ne re­ce­vront pas leur lettre de li­cen­cie­ment pen­dant les va­cances, rap­pelle Jean­marc Du­cour­tioux. Ils peuvent par­tir “tran­quilles” ».

Entre guille­mets car tran­quilles, ces sa­la­riés ne le se­ront cer­tai­ne­ment pas, d’au­tant qu’ils sortent de neuf mois d’une lutte pe­sante phy­si­que­ment, mais sur­tout ner­veu­se­ment. « Tous les jours, on est ve­nu à l’usine, sans rien faire. Mo­ra­le­ment, c’est usant, ra­conte Mi­ckaël, conduc­teur de ligne, ve­nu hier avec sa com­pagne, Ma­rie. Heu­ reu­se­ment qu’elle était là pour me boos­ter. Après 21 ans pas­sés chez GM & S, sans en­fant, il sait qu’il a le pro­fil idéal pour être dans la char­rette. « J’ai pos­tu­lé ailleurs mais ça m’em­bête de quit­ter l’en­tre­prise, car je m’y sens bien », se dé­sole le qua­dra­gé­naire. Do­mi­nique, lui, af­fiche 36 ans de mai­son. À 54 ans, ce chauffeur li­vreur ne sait pas de quoi son ave­nir se­ra fait. « Après aus­si long­temps, je ne pen­sais pas fi­nir comme ce­la. Il me reste quatre ans à payer pour ma mai­son et j’ai des enfants qui font des études su­pé­rieures donc si je suis vi­ré sans su­pra­ lé­gale, ce se­ra une ca­tas­trophe », avance­t­il.

Pour tous, ce sont donc trois se­maines de re­pos qui s’an­noncent. « Les va­cances, ça va être com­pli­qué d’en pro­fi­ter », glisse un sa­la­rié.

Une pause pour mieux « re­mettre le cou­vert » à la ren­trée,

« Tous les jours, on est ve­nu à l’usine, sans rien faire. Mo­ra­le­ment, c’est usant »

se­lon Yann Au­gras. « On va con­ti­nuer à se battre pour faire évo­luer cette offre car il est hors de ques­tion de se faire dé­pouiller », pro­met le dé­lé­gué du per­son­nel CGT, qui rap­pelle que dé­but 2017, on ne don­nait pas cher de la peau des 277 sa­la­riés sos­tra­niens.

Et tan­dis qu’hier soir, Bru­no Le Maire a ré­ité­ré dans un com­mu­ni­qué son ap­pel aux sa­la­riés « à consi­dé­rer fa­vo­ra­ble­ment cette offre », Jean­louis Bo­rie a lan­cé un aver­tis­se­ment au mi­nistre de l’éco­no­mie. « Il faut que l’état s’oc­cupe des sa­la­riés avec la même sol­li­ci­tude qu’il a eue pour le re­pre­neur, c’est la ga­ran­tie d’une re­prise pé­renne et se­reine », a de­man­dé l’avo­cat des GM & S.

Et Franck Ca­riat de conclure : « en dé­cembre, on nous di­sait en­ter­rés et au­jourd’hui, on est tou­jours vi­vants ».

PHO­TO MA­THIEU TIJERAS

Les sa­la­riés étaient nom­breux à avoir fait le dé­pla­ce­ment, hier, à Poi­tiers. Il fau­dra re­ve­nir le 4 sep­tembre prochain.

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