Ch­ris­tophe se­ra O grand R à Sé­dières

Fes­ti­val O grand R en Cor­rèze

La Montagne (Brive) - - La Une - Pro­pos re­cueillis par Dra­gan Pé­ro­vic dra­gan.per­ovic@cen­tre­france.com

COR­RÈZE.

Le nou­veau fes­ti­val O grand R, à Sé­dières, près de Tulle, s’ap­prête à re­ce­voir de­main ven­dre­di cet ar­tiste hors­norme qu’est Ch­ris­tophe.

FES­TI­VAL.

La ren­contre mu­si­cale cor­ré­zienne re­naît sous une for­mule dif­fé­rente qui tente aus­si le pa­ri d’arielle Dom­basle ou de Na­ta­sha Saint­pier.

Sur la scène du fes­ti­val de Sé­dières, à Cler­goux (19), Ch­ris­tophe se­ra seul, ac­com­pa­gné d’un pia­no Stein­way, pour un pro­gramme na­vi­guant entre ses grands tubes et des chan­sons de son nou­vel al­bum.

In­sai­sis­sable ! Pop star et chan­teur dan­dy Da­niel Be­vi­lac­qua, alias Ch­ris­tophe, a mar­qué le pa­tri­moine de la chan­son fran­çaise par plu­sieurs de ses tubes, mais aus­si une si­gna­ture mu­si­cale et une cer­taine exi­gence ar­tis­tique. Il se­ra sur scène du fes­ti­val O grand R, de­main ven­dre­di 4 août à Cler­goux, près de Tulle (Cor­rèze). ■

Vous al­lez vous pro­duire en so­lo au do­maine de Sé­dières. Quel choix de chan­sons al­lez-vous faire pour cette oc­ca­sion ?

C’est dif­fi­cile pour moi de vous ré­pondre main­te­nant. Je suis en train de pré­pa­rer le pro­gramme. Ça va être un mé­lange d’un ré­per­toire un peu nos­tal­gique (avec « Aline », « Les mots bleus ») et des chan­sons de mon der­nier al­bum : « Les ves­tiges du chaos ». Être seul sur scène, c’est une autre ma­nière de faire, une ex­pé­rience très in­té­res­sante. Je veux faire un live qui a du sens.

Vous dites être un pia­niste qui joue in­tui­ti­ve­ment, sans connaître les notes ni le sol­fège. Alors que la ma­jo­ri­té de vos col­lègues struc­turent et scé­na­risent tout, vous re­cher­chez le risque, l’in­at­ten­du, l’in­cer­tain. Pour­quoi ?

Ef­fec­ti­ve­ment, je suis au­to­di­dacte. Je me suis mis au pia­no très tard, car j’ai com­men­cé par m’in­té­res­ser aux syn­thé­ti­seurs, dans les an­nées soixante­dix. J’ai beau­coup de pas­sion pour les nou­velles tech­no­lo­gies, leur évo­lu­tion m’a don­né en­vie de créer, d’écrire des chan­sons. Le son m’in­té­resse beau­coup. Avant d’être chan­teur, j’ai juste rê­vé d’être peintre. Donc, je pose ma voix sur une cou­leur mu­si­cale pour créer un sup­port avec des gim­micks. Il faut que je parte en per­ma­nence sur quelque chose de nou­veau, la rou­tine m’en­nuie. À Sé­dières, j’au­rai un Stein­way et ça va m’ins­pi­rer. On n’a pas be­soin d’être un bon pia­niste si on a un très bon pia­no. ■

A quoi fait ré­fé­rence le titre de votre der­nier al­bum « Les ves­tiges du chaos » ?

Cer­taines des chan­sons sur cet al­bum sont nées grâce à de pe­tits bouts d’en­re­gis­tre­ment, qui sont comme des ves­tiges d’au­tre­fois. La créa­tion consiste à faire en sorte que ces pe­tites pièces s’em­boîtent bien en­semble. J’aime bien le mot chaos, je l’em­ploie sou­vent. Ce qui compte beau­coup pour moi c’est la ré­so­nance du son. Il s’agit de conju­guer un thème, le plus ori­gi­nal pos­sible. Je ne suis pas quel­qu’un qui se lève le ma­tin pour écrire pour un al­bum. J’écris au quo­ti­dien, ■ Qu’est ce qui vous fait avan­cer, vi­brer au­jourd’hui ?

C’est grâce à la tech­no­lo­gie que j’avance au jour le jour. Quand je suis à Pa­ris, je passe pas mal de temps dans les ma­ga­sins d’ins­tru­ments de mu­sique. J’en achète aus­si sur In­ter­net. Je suis un chi­neur du sup­port de son. Ces sons, après, il faut leur don­ner des cou­leurs de ma pa­lette. Au­jourd’hui, pour faire quelque chose d’ori­gi­nal, si on a des idées, on peut, les moyens tech­niques sont illi­mi­tés. On sort ac­tuel­le­ment des syn­thé­ti­seurs qui sont des co­pies de ceux, ana­lo­giques des an­nées qua­tre­vingt. C’est très ex­ci­tant. Ça coûte beau­coup d’ar­gent, mais, la pas­sion n’a pas de prix. Quelle mu­sique ai­mez-vous ?

Je suis très cu­rieux, j’aime un cer­tain éclec­tisme mu­si­cal. J’ai gran­di avec El­vis Pres­ley, puis c’était Bo­wie et Lou Reed, au­jourd’hui, pour moi, le grand maître c’est Trent Rez­nor. Même si en France aus­si, il y a des groupes de qua­li­té comme Phoe­nix. Ils ont sor­ti ré­cem­ ment un al­bum qui est trop bien. Une mu­sique très ori­gi­nale, très per­son­nelle. J’aime beau­coup ce que fait Ca­mille aus­si. Je suis en train de pré­pa­rer sur mon ba­teau un al­bum de duos sur le­quel on va re­prendre mes an­ciennes chan­sons. Ca­mille fe­ra par­tie de mes in­vi­tés, avec Ju­lia Ar­ma­net, Lae­ti­tia Cas­ta, Sé­bas­tien Tel­lier ou Ju­lien Do­ré…

Vous chan­tez « les portes de la nuit ne sont ja­mais fer­mées à clé ». Pour­quoi la nuit vous at­tire au­tant ?

J’aime le si­lence qui est pour moi une forme de son. La nuit est ma pla­nète à moi. Il y a des gens plus for­ma­tés qui sont plus fa­mille ou bou­lot. Moi, je vis ma vie et je prends des risques, de­puis l’âge de 15 ans. J’ai eu des hauts et c’est tant mieux, J’ai eu des bas aus­si, mais, ça fait par­tie du che­min.

Sur votre al­bum « Le der­nier des Be­vi­lac­qua » vous chan­tez : « l’eau est le che­min qui mène jus­qu’à l’iro­nie su­prême ». Qu’est-ce que l’iro­nie su­prême pour vous ?

Je suis un sur­réa­liste. J’aime les gens, les êtres hu­mains, qu’ils soient de gauche ou de droite. En ce qui me concerne, je n’ai ja­mais vo­té. Je suis un peu un anar, un peu dé­ca­lé pour les gens. Mais, je connais ma route. D’au­tant plus, que les dis­cours po­li­tiques lourds et ar­rié­rés qu’on a eus ce der­nier temps, ne res­semblent pas du tout à mon pays.

« J’aime bien le mot chaos. » « J’ai eu des bas aus­si, mais, ça fait par­tie du che­min. »

PHO­TO S. LE­FEVRE

PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION : AGNÈS GAU­DIN

DO­MAINE DE SÉ­DIÈRES. Les concerts du fes­ti­val se dé­rou­le­ront sur une scène en plein air pou­vant ac­cueillir 6.000 per­sonnes.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.