Sur les pas de Mar­cel Treich-la­pleine ex­plo­ra­teur in­fa­ti­gable

La Montagne (Brive) - - La Une - Blan­dine Hu­tin-mer­cier

Ex­plo­ra­teur in­fa­ti­gable, né­go­cia­teur ef­fi­cace, l’us­sel­lois Mar­cel Treich-la­pleine a as­sis, au XIXE siècle, la pré­sence fran­çaise en Côte d’ivoire.

Quel lien entre Us­sel et la Côte d’ivoire ? Un seul sans doute et c’est Mar­cel Treich­la­pleine !

Né le 24 juin 1860, il est à l’ado­les­cence, « un grand et beau gar­çon […] avec un air doux qui s’ac­com­mo­dait au mieux de ses fa­çons de gen­til­homme ».

Ba­che­lier, il fait son ser­vice mi­li­taire en Al­gé­rie en 1878, avant d’être em­bau­ché comme col­la­bo­ra­teur par Ar­thur Ver­dier, créa­teur de comp­toirs et d’une plan­ta­tion de ca­fé à Éli­ma, dans le Golfe de Gui­née.

À son ar­ri­vée sur place en 1883, il est dé­crit comme « fort simple et gai. Ce­la fait du bien d’être avec lui, ra­conte son col­lègue Amé­dée Bré­ti­gnère. J’ap­pré­cie ses rares qua­li­tés d’in­tel­li­gence et de coeur […] Il a le feu sa­cré ». Sans doute est­ce né­ces­saire pour ce qui l’at­tend là­bas…

Il fonde d’abord une école et forme des in­ter­prètes et agents po­li­tiques ; il gère po­li­ti­que­ment le pro­tec­to­rat d’as­si­nie. Il tra­ vaille sans re­lâche à faire fruc­ti­fier la plan­ta­tion et à em­pê­cher l’ex­pan­sion an­glaise en Afrique. Pour étendre la zone d’in­fluence fran­çaise, il mène des ex­pé­di­tions dans des contrées in­con­nues, vers le Bon­dou­kou et le pays de Kong, riche en or.

En pleine sai­son des pluies, dans une fo­rêt ja­ mais ex­plo­rée, il pro­gresse à coups de coupe­coupe. À bout de pro­vi­sions, il par­vient chez le roi de Bet­tié, avec le­quel il ob­tient de si­gner un trai­té de pro­tec­to­rat. Il fe­ra de même avec les pays d’in­dié­né, Alan­goua et Ya­kas­sé.

Ex­plo­ra­teur

Ma­lade, il se voit confier une nou­velle mis­sion : ra­vi­tailler le lieu­te­nant Bin­ger, qui tra­verse le Sé­né­gal du nord au sud. Une mis­sion qui lui vaut d’as­sis­ter à des sa­cri­fices hu­mains et de si­gner d’autres trai­tés en­core… Il laisse ce­lui de Kong, en 1889, à Bin­ger.

Ra­pa­trié en Eu­rope, il perd presque la vue, re­çoit la Lé­gion d’hon­neur, mais n’a de cesse de re­ve­nir en Côte d’ivoire. Mal­gré la fièvre, il s’oc­cupe de son école et mène une ul­time ex­pé­di­tion pu­ni­tive contre les vil­la­geois de Jac­que­ville à la solde des An­glais. Il meurt sur le ba­teau qui le ra­mène dé­fi­ni­ti­ve­ment en France en 1890 ; il est in­hu­mé à Us­sel en 1891. (*) D’après le livre de Da­nièle Al­mé­ras, Ces Li­mou­sins qui ont fait l’his­toire, au Pa­pillon Rouge Édi­teur..

PHOTO D.A.

AVEN­TU­RIER. Treich-la­pleine, un blanc au pays des noirs. Une com­mune d’abid­jian porte au­jourd’hui son nom, Trei­ch­ville est l’un des fau­bourgs les plus vi­vants de la ca­pi­tale.

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