Con­ta­dor va ti­rer sa ré­vé­rence

Une der­nière Vuel­ta et puis il s’en ira : à 34 ans, Al­ber­to Con­ta­dor va mettre un terme à sa car­rière, sym­bole de son époque faite d’un gé­nie ab­so­lu sur les pé­dales, mais aus­si d’une part d’ombre et de do­page.

La Montagne (Brive) - - Sports -

«Je fais cette vi­déo pour vous in­for­mer de deux choses : la pre­mière c’est que je vais par­ti­ci­per à la pro­chaine Vuel­ta, la se­conde c’est que ce sera ma der­nière course cy­cliste pro­fes­sion­nelle », a an­non­cé le « Pis­to­le­ro » Con­ta­dor sur les ré­seaux so­ciaux, là aus­si sym­bole d’une gé­né­ra­tion tout nu­mé­rique.

Neuf ou sept ? Cette simple ques­tion au­tour du nombre de grands tours rem­por­tés par le Ma­dri­lène aux sour­cils de jais ré­sume à elle seule sa car­rière.

Sur le ter­rain, Con­ta­dor s’est im­po­sé à neuf re­prises entre 2007 et 2015 dans tous les grands tours, ins­cri­vant son nom au pal­ma­rès du Gi­ro, du Tour de France et de la Vuel­ta, cô­toyant les Jacques An­que­til, Ed­dy Mer­ckx, Fe­lice Gi­mon­di, Ber­nard Hi­nault et Vin­cen­zo Ni­ba­li dans ce cercle très fer­mé. Un tour de force que Lance Arm­strong n’est ja­mais par­ve­nu à réa­li­ser, l’amé­ri­cain je­tant son dé­vo­lu sur la Grande Boucle.

Mais dans ces an­nées post­arm­strong, où le cy­clisme in­ter­na­tio­nal fait une chasse sans mer­ci au do­page, l’es­pa­gnol est rattrapé par la pa­trouille. Pour quelques na­no­grammes de clen­bu­té­rol, il est contrô­lé po­si­tif lors du Tour de France 2010.

Tour 2010 et Gi­ro 2011 re­ti­rés

S’il clame son in­no­cence et plaide l’in­toxi­ca­tion ali­men­taire, il est tout de même sus­pen­du fin sep­tembre 2010 par l’union cy­cliste in­ter­na­tio­nale (UCI) à titre pro­vi­soire. Blan­chi par la Fé­dé­ra­tion es­pa­gnole et au­to­ri­sé à re­cou­rir, il rem­porte son deuxième Gi­ro en 2011, avec en prime ses deux pre­miers (et seuls) suc­cès d’étapes.

Mais là en­core, les au­to­ri­tés re­viennent à la charge : L’UCI et l’agence mon­diale an­ti­do­page vont de­vant le Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport (TAS) qui pro­nonce en fé­vrier 2012 une sus­pen­sion ré­tro­ac­tive de deux ans.

Adieu donc le gain du Tour de France 2010 et la vic­toire fi­nale dans le Gi­ro 2011, ra­me­nant à sept ses suc­cès au pal­ma­rès des grands tours, une sanc­tion qu’il n’a ja­mais ac­cep­tée. « Tout le monde sait que c’est ma troi­sième vic­toire », lâ­che­ra­t­il fin mai 2015, après son der­nier sacre sur le Gi­ro.

Grim­peur or­gueilleux, au style d’une grande flui­di­té, Con­ta­dor n’a donc ja­mais ga­gné une seule étape du Gi­ro, puisque ses deux vic­toires d’étapes en 2011 lui ont été re­ti­rées. Un pa­ra­doxe pour ce cou­reur qui aime pas­ser à l’at­taque, me­ner des raids d’en­ver­gure, sur­prendre ses ad­ver­saires. Mais qui est pas­sé maître aus­si dans l’art d’ana­ly­ser les si­tua­tions de course, de cal­cu­ler, de gé­rer.

Le na­tif de Ma­drid, la ca­pi­tale que ses pa­rents Fran­cis­co et Fran­cis­ca ont ral­liée quatre ans avant sa nais­sance, est un homme pru­dent. Mais, par tem­pé­ra­ment, il est por­té à l’of­fen­sive. Sur le vé­lo et en cou­lisses. Lance Arm­strong, qui lui im­po­sa une co­ha­bi­ta­tion hou­leuse dans le Tour 2009 dont Con­ta­dor sor­tit vain­queur, en fit les frais.

Pro­duit de son époque, le « Pis­to­le­ro » a cou­ru sous la fé­rule de pa­trons d’équipes plus sul­fu­reux les uns que les autres. Ma­no­lo Saiz, qui lui fit si­gner son pre­mier contrat pro­fes­sion­nel en 2003, Jo­han Bruy­neel, l’in­dé­fec­tible sou­tien d’arm­strong, Bjarne Riis en­fin, vi­ré en mars 2015 de sa propre équipe qu’il avait ven­due au ma­gnat russe Oleg Tin­kov.

C’est sur ses terres es­pa­gnoles qu’il par­ti­ra à la conquête de der­niers raides dont il a le se­cret, à par­tir du 19 août.

CON­TA­DOR. Après la Vuel­ta, l’es­pa­gnol a dé­ci­dé de se re­ti­rer des cir­cuits.

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