La­ville­nie en­core mau­dit

La Montagne (Brive) - - Sports -

Re­naud La­ville­nie a dé­cro­ché la mé­daille de bronze du saut à la perche aux cham­pion­nats du monde, mar­di, à Londres, avec une barre fran­chie à 5,89 m à son deuxième es­sai, der­rière l’amé­ri­cain Sam Ken­dricks en or (5,95 m) et le Po­lo­nais Pio­tr Li­sek (5,89 m).

Nou­velle dé­cep­tion de La­ville­nie, dé­ci­dé­ment mau­dit aux Mon­diaux. Le re­cord­man du monde du saut à la perche (6,16 m) a tout ga­gné mais le titre de cham­pion du monde n’en fi­nit pas de se dé­ro­ber sous ses pieds, même s’il est, de loin, le Fran­çais le plus pri­mé aux cham­pion­nats du monde avec une 5e mé­daille.

Dans une dis­ci­pline aléa­toire, qui a vu se suc­cé­der des noms dif­fé­rents à chaque Mon­dial, la ré­gu­la­ri­té de La­ville­nie (30 ans) est re­mar­quable.

« On s’est ré­ga­lé dans ce concours »

Stop­pé à 5,89 m, La­ville­nie n’au­ra donc pas pro­fi­té des bonnes ondes du stade olym­pique de Londres, là où il y a cinq ans, qua­si­ment jour pour jour, il avait dé­cro­ché l’or aux JO, lais­sant le beau rôle au meilleur sau­teur de l’an­née, l’amé­ri­cain Sam Ken­dricks (5,95 m).

« Une soi­rée comme ça, on au­rait tort de ne pas en pro­fi­ter. Il fal­lait ré­pondre pré­sent le jour J, je l’ai fait mais, mal­heu­reu­se­ment, il n’y a qu’une per­sonne qui re­part avec l’or, c’est comme ça. On a eu un très beau concours de saut : si tu veux faire rê­ver le pu­blic, ce n’est pas en sau­tant à 5,80 m, c’est en fai­sant des im­passes, en sau­tant tou­jours plus haut, en fai­sant mon­ter le sus­pense. On s’est ré­ga­lé dans ce concours, ça fait du bien. »

Une is­sue somme toute lo­gique tant cette sai­son au­ra été en dents de scie.

Ken­dricks, qui a don­né plu­sieurs se­maines de son temps au ser­vice na­tio­nal l’hi­ver der­nier, a pour­sui­vi sa sé­rie d’in­vin­ci­bi­li­té de la sai­son estivale.

Il s’était pré­sen­té aux Mon­diaux avec la meilleure per­for­mance mon­diale (MPM) de la sai­son, à 6,00 m aux cham­pion­nats des États­unis. Le Cler­mon­tois noue d’ailleurs une grande ami­tié avec l’amé­ri­cain. « Il y a des sau­teurs avec qui tu t’en­tends très bien, Sam en fait par­tie. Avec lui tu n’as pas le droit de faire la gueule, on s’en­traide et c’est ce qui a pous­sé ce concours si haut. »

Mais La­ville­nie au­rait bien ai­mé prendre une belle re­vanche après son échec cui­sant en fi­nale des JO 2016 et sa 2e place der­rière le hé­ros lo­cal Thia­go Braz sous les quo­li­bets du pu­blic ca­rio­ca. Le Fran­çais ne dés­és­père pas et prend dé­jà date. « Je pré­fère faire quatre (cinq,

ndlr) mé­dailles aux Mon­diaux qu’une seule mé­daille d’or. Mais je ne déses­père pas de l’avoir, main­te­nant il faut re­com­men­cer à se pré­pa­rer pour 2019. »

HEU­REUX. La­ville­nie (au centre) a gar­dé le sou­rire, mar­di, en com­pa­gnie du mé­daillé d’or Ken­dricks (à droite) et du 2e du concours, Li­sek (à gauche).

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