L’or­phe­li­nat de Mme Sé­gé­ral

La Montagne (Brive) - - Brive - Ma­thilde Ber­riot brive@cen­tre­france.com

Si la ma­jo­ri­té des noms de rues bri­vistes se conjuguent au mas­cu­lin, c’est cette fois une femme qui mar­qua la ville de sa gé­né­ro­si­té et de son sens de l’hon­neur.

Qu’est­ce qui re­lie la rue Sé­gé­ral­ver­ni­nac et le 21 bou­le­vard Koe­nig ? Pré­ci­sé­ment Ur­sule Sé­gé­ral (*), épouse De Ver­ni­nac.

Née à Brive en fé­vrier 1798, elle évo­lue dans un mi­lieu de mé­de­cins mi­li­taires. C’est d’ailleurs la pro­fes­sion de son ma­ri. Elle lais­sa ce­pen­dant son em­preinte sur la ville de Brive non pas de son vi­vant, mais à sa mort.

Le 24 juin 1877, près d’un an et de­mi avant son dé­cès, elle dé­pose son tes­tament sous si­gna­ture pri­vée chez Me Mas­sé­nat, no­taire de Brive et père du doc­teur Jean­fran­çois Mas­sé­nat. Dans ce do­cu­ment, elle prend ses dis­ po­si­tions pour nom­mer la ville de Brive comme sa lé­ga­taire uni­ver­selle, avec la charge de créer dans sa grande mai­son « un éta­blis­se­ment qui por­te­ra le nom de mai­son Sé­gé­ral où se­ront réunis dix pe­tits or­phe­lins… ». Sa de­meure style Re­nais­sance, un hô­tel par­ti­cu­lier, siège jus­te­ment au 21 bou­le­vard Koe­nig, au fond d’un jar­din à la fran­çaise. Son ap­pel­la­tion d’ori­gine était « hô­tel des Brandes », et elle est pas­sée de mains en mains jus­qu’à de­ve­nir la pro­prié­té du doc­teur Sé­gé­ral, le père d’ur­sule.

La ville de Brive ho­no­ra ses der­nières vo­lon­tés en créant donc l’or­phe­li­nat Sé­gé­ral­ver­ni­nac dans ce bâ­ti­ment. Il sem­ble­rait que les jar­dins aient été am­pu­tés avec le temps, mais la bâ­tisse sub­siste en­core. Un hé­ri­tage cou­plé à l’at­tri­bu­tion, en 1901, du nom de la rue Sé­gé­ral­ver­ni­nac, en l’hon­neur d’une gé­né­reuse grande dame.

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