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La Montagne (Brive) - - Dossier -

Cher tou­riste, vi­si­teur, au­toch­tone, spec­ta­teur en puis­sance, que vous évoque le mot « nacre », ici, à Tulle ? La nacre, c’est plu­tôt la mer et les co­quillages. Si Tulle ac­cueillait des ba­teaux de plai­sance ça se sau­rait. Quant à la nacre, seules quelques moules d’eau douce, les ano­dontes, en fa­briquent un peu dans les ri­vières et les étangs li­mou­sins. Alors pour­quoi Nuits de Nacre et pour­quoi à Tulle ? Il n’y a pas que les hommes po­li­tiques qui ont fait la cé­lé­bri­té de Tulle. D’abord il y a eu les armes avec, de­puis 1777 la Ma­nu (paix à son âme). Et, de­puis les an­nées 20 (du siècle der­nier), l’ac­cor­déon, en­core vi­vant, lui. Et la nacre là-de­dans ? Eh bien, c’est avec ça qu’on fait les bou­tons des cla­viers de l’ac­cor­déon par­di ! Pour en sa­voir un peu plus, une vi­site à l’usine Mau­gein s’im­pose. Il y a 30 ans, quelques pas­sion­nés, peu nom­breux, ont pen­sé que ce pa­tri­moine et cet ins­tru­ment mé­ri­taient une mise en va­leur. Ils ont créé un fes­ti­val au­tour de lui. Mais l’ac­cor­déon avait-il be­soin qu’on le fête, alors qu’on le fê­tait tous les week-ends, de­puis long­temps, dans les bals et les guin­guettes ? Tout le monde le connais­sait. Et puis que du mu­sette dans un fes­ti­val ! Vous n’y pen­sez pas ! Le mu­sette ! Ça va un peu, mais ça ne se re­nou­velle pas ! Quel pu­blic connais­sait les pos­si­bi­li­tés de l’ac­cor­déon, sa va­rié­té, sa ri­chesse, sa vi­ta­li­té, son im­por­tance, mis à part les pro­fes­sion­nels, et les (rares) pas­sion­nés ? On ne va pas faire un fes­ti­val pour les pro­fes­sion­nels ! Ils ont bien ten­té d’ex­pli­quer que l’ac­cor­déon, c’était Sé­gu­rel, certes, mais aus­si beau­coup plus, que c’était in­juste de le li­mi­ter aux bals. Ils n’ont pas été com­pris, le fes­ti­val s’est en­dor­mi. Il s’est vite ré­veillé car l’idée était bonne. 30 ans après, il est en­core là. Les pion­niers avaient rai­son : il y a un pu­blic et l’ac­cor­déon, ce n’est pas que du mu­sette. Ce n’est plus tout à fait le même fes­ti­val, mais il y a tou­jours des ac­cor­déons, par­tout, dans la rue, les bis­trots, les salles de spec­tacle. Cette an­née en­core, on dé­am­bu­le­ra, l’oreille au vent. S’il fait beau ! Car com­bien y a-t-il eu de Nuits de Nacre où l’on pou­vait se ba­la­der en che­mi­sette ? La moi­tié ? Pas sûr. Qu’im­porte, en 2017, l’ac­cor­déon est là, jeune, so­lide, va­rié, riche ! Fê­tons-le comme il y a 30, 20 ou 10 ans ! En cours de route, nous fe­rons de belles ren­contres, comme les an­nées pré­cé­dentes. Ce se­ra l’oc­ca­sion de s’en re­mé­mo­rer quelques-unes. An­dré Chas­sagne, grand ama­teur d’ac­cor­déon et fin connais­seur des Nuits de nacre, nous ac­com­pagne du­rant tout le fes­ti­val.

« L’ac­cor­déon avait­il be­soin qu’on le fête ? »

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