Cons­tel­lium a du mal à re­cru­ter des sa­la­riés

Vingt­six postes ne sont pour l’ins­tant tou­jours pas pour­vus.

La Montagne (Brive) - - La Une - Éric Porte eric.porte@cen­tre­france.com

En vi­site hier dans la fon­de­rie d’us­sel, Alain Rous­set s’est dit prêt à lan­cer une ex­pé­ri­men­ta­tion pour ai­der Cons­tel­lium à em­bau­cher.

Les en­tre­prises qui li­cen­cient font sou­vent la une ; celles qui em­bauchent et qui ont du mal à re­cru­ter, plus ra­re­ment. Ins­tal­lée de­puis les an­nées 1940, la fon­de­rie d’us­sel, qui fait par­tie du groupe Cons­tel­lium, est dans la deuxième ca­té­go­rie : elle vient d’em­bau­cher 11 per­sonnes, mais 26 postes sont ac­tuel­le­ment non pour­vus.

C’est pour com­prendre ce pa­ra­doxe qu’alain Rous­set, le pré­sident PS de la ré­gion Nou­vel­leA­qui­taine est ve­nu sur place, hier après­mi­di, entouré de ses ser­vices, des élus lo­caux (maire et pré­sident de la com­mu­nau­té de com­munes) et de la sous­pré­fète d’us­sel.

Pour l’élu, ce pa­ra­doxe est beau­coup plus cou­rant qu’on ne le croit : « Il n’y a pas qu’à Us­sel que je vois des en­tre­prises qui ont du mal à re­cru­ter. Je ne suis pas ve­nu faire de grands dis­cours. Je veux faire d’us­sel un la­bo­ra­toire, réunir tout le monde, col­lec­ti­vi­tés, État, Pôle em­ploi, or­ga­nismes de for­ma­tion, et voir ce qu’on peut faire pour que Cons­tel­lium puisse re­cru­ter ».

La fon­de­rie a de­vant elle de très belles pers­pec­tives, comme l’a confir­mé le di­rec­teur du site, Jean­bap­tiste Foi­sel : « Pour cer­taines pro­duc­tions dans l’aé­ro­nau­tique, nous de­vons faire face à une hausse de 50 % des com­mandes. Nous avons des contrats jus­qu’en 2020 et un plan d’in­ves­tis­se­ment consé­quent pour aug­men­ter les ca­pa­ci­tés de pro­duc­tion ».

Seule­ment voi­là, le sec­teur de la fon­de­rie, comme beau­coup d’autres, souffrent d’une mau­vaise image : on pense mé­tiers pé­nibles et peu va­lo­ri­sant, alors que l’im­pres­sion en 3 di­men­sions per­met à Cons­tel­lium de réa­li­ser des pièces aux formes com­plexes. Un bas­sin d’em­ploi peu at­trac­tif

À ce­la s’ajoutent des spé­ci­fi­ci­tés lo­cales : s’il pré­sente un taux de chô­mage in­fé­rieur à ce­lui de la ré­gion (7,3 % au 4e tri­mestre 2016), le bas­sin d’em­ploi d’us­sel souffre d’un exode de sa po­pu­la­tion ac­tive et d’un pro­blème d’at­trac­ti­vi­té. Quant aux de­man­deurs d’em­ploi du ter­ri­toire, ils sont sou­vent moins for­més et moins di­plô­més.

La ques­tion de la for­ma­tion est es­sen­tielle pour Jean­bap­tiste Foi­sel : il faut par exemple deux ans pour qu’un sa­la­rié ac­quière le sa­voir­faire pour la fa­bri­ca­tion des moules. « Ce n’est pas seule­ment ça, es­time Alain Rous­set. Il faut aus­si voir comment on ac­cueille : est­ce qu’il y a un tra­vail pour le conjoint ? de la place dans les écoles ? » Le pré­sident de ré­gion veut lan­cer un « tra­vail en com­mun », en s’ins­pi­rant de ce qui a été fait au­tour du pôle cuir qui s’étend de la Dor­dogne, à la Cha­rente en pas­sant par la Haute­vienne. « On va re­gar­der tous les pro­blèmes aux­quels se heurte l’en­tre­prise. Je pense que ça n’a ja­mais été fait ».

PHO­TO EP

ATE­LIER. Alain Rous­set (deuxième à par­tir de la droite) a vu de près le sa­voir-faire par­fois unique de la fon­de­rie d’us­sel.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.