À Uzerche des bé­né­voles au­près des ré­fu­giés

La Montagne (Brive) - - La Une - Ju­lien Ba­chel­le­rie

Créée de ma­nière in­for­melle avec l’ar­ri­vée de ré­fu­giés à Uzerche en janvier 2016, l’as­so­cia­tion « Vents d’ailleurs » s’est de­puis struc­tu­rée et pro­pose no­tam­ment des cours de fran­çais dans les lo­caux de l’an­cien ly­cée de gar­çons.

Ils sont Af­ghans, Éry­thréens ou Sou­da­nais et ont trou­vé une aide sym­pa­thique et cha­leu­reuse en même temps que leur ar­ri­vée à Uzerche. Si l’as­so­cia­tion « Vents d’ailleurs » a of­fi­ciel­le­ment dé­po­sé ses sta­tuts voi­là seule­ment quelques jours, avec une quin­zaine de membres ac­tifs, la mo­bi­li­sa­tion des bé­né­voles re­monte à l’ar­ri­vée de ces de­man­deurs d’asile, en janvier 2016. Après les pre­miers coups de main ap­por­tés à la Mi­no­te­rie, l’as­so­cia­tion s’est pe­tit à pe­tit struc­tu­rée et anime au­jourd’hui plu­sieurs ateliers pour les ré­fu­giés.

Ap­prendre le fran­çais pour s’in­té­grer

Ce mar­di ma­tin, Kam­ran, 25 ans, Habib, 21 ans, Amir, 19 ans et Ah­med, 24 ans, sont as­sis aux cô­tés d’hé­lène, 82 ans et an­ cienne en­sei­gnante, et de Béa­trice, 55 ans, qui a re­joint l’as­so­cia­tion au mois de juin. La bonne hu­meur est au ren­dez­vous tout comme la concen­tra­tion. « Au dé­but, on a fait avec les moyens du bord. On com­mu­ni­quait avec des gestes, au moyen d’images. Et puis pe­tit à pe­tit, des mots émergent, et on avance », in­dique Hé­lène. En face, Kam­ran af­fiche un franc sou­rire em­preint de gra­ti­tude. « C’est im­por­tant de ren­con­trer des gens pour par­ler, d’ap­prendre le fran­çais pour pou­voir s’in­té­grer. Ici, on ap­prend en­core da­van­tage, c’est bien ! », in­siste Kam­ran, qui pro­pose en re­tour des ateliers de cui­sine af­ghane.

« J’ai même pu voir la mer ! »

Béa­trice a, comme tous les bé­né­voles ins­crits au plan­ning, dé­ci­dé elle aus­si de don­ner de son temps. « Cer­tains étaient anal­pha­bètes et on a ap­pris les pre­miers ru­di­ments de la lec­ture. Hé­lène s’oc­cupe de la gram­maire, moi da­ van­tage de la pra­tique orale main­te­nant. »

De quoi al­ler de l’avant pour ceux qui, comme Habib, ont ob­te­nu un droit de sé­jour de 10 ans ; et de quoi gar­der es­poir pour les autres, dont cer­tains ont dé­cro­ché la protection sub­si­diaire pour un an ou at­tendent une réponse de l’of­fice fran­çais pour la protection des apa­trides. « J’ai de la chance d’être ac­cueilli ici, en France. J’ai même pu voir la mer pour la pre­mière fois à Bis­car­rosse!»■

PHOTO PIERRE BOU­CHET

LANGUE. L’ap­pren­tis­sage du fran­çais sy­no­nyme d’ou­til d’in­té­gra­tion.

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