Al­cool au vo­lant : vers plus de contrôles

La Montagne (Brive) - - Brive - Fré­dé­ric Ra­biller

« Nous sommes un ser­vice pu­blic au sens noble du terme »

Nou­veau chef de la cir­cons­crip­tion de sé­cu­ri­té pu­blique de Brive, le com­mis­saire Gael Le Pense-pen­verne place son ac­tion au­tour d’une police re­cen­trée sur son coeur de mé­tier, la pré­sence sur la voie pu­blique.

À37 ans, Gael Le Pen­sePen­verne a pris de­puis quelques se­maines les rênes du com­mis­sa­riat de Brive. Éga­le­ment di­rec­teur dé­par­te­men­tal ad­joint de la sé­cu­ri­té pu­blique de la Cor­rèze, ce Bre­ton, ori­gi­naire du Mor­bi­han, ar­rive en pro­ve­nance de l’école na­tio­nale su­pé­rieure de police.

Dé­sor­mais com­mis­saire après avoir réus­si plu­sieurs concours en in­terne (voir par ailleurs) ,il se­ra ins­tal­lé dans ses fonc­tions ce ma­tin lors d’une cé­ré­mo­nie of­fi­cielle.

Pour­quoi avoir choi­si Brive pour votre pre­mier poste en tant que com­mis­saire ?

Je vou­lais un poste en pleine res­pon­sa­bi­li­té, avoir la main sur l’en­semble des le­viers. La cas­quette de di­rec­teur dé­par­te­men­tal ad­joint était un plus. Je sou­hai­tais aus­si re­joindre une ville à taille hu­maine. Brive et sa ré­gion pos­sèdent un cadre et une qua­li­té de vie vrai­ment très agréables. Cette ville a une âme. Les Bri­vistes semblent très at­ta­chés à leur ter­ri­toire. Quel bi­lan ti­rez-vous de vos pre­mières se­maines au com­mis­sa­riat ? J’ai trou­vé un per­son­nel très com­pé­tent, qui a une bonne men­ta­li­té et qui aime son mé­tier. Il y a beau­coup de gens d’ex­pé­rience. Il existe éga­le­ment un ex­cellent par­te­na­riat entre tous les ac­teurs concer­nés par la sé­cu­ri­té, que ce soit les ser­vices de l’état, la jus­tice, la mu­ni­ci­pa­li­té, la police mu­ni­ci­pale, la gen­dar­me­rie, les or­ga­ni­sa­teurs d’évé­ne­ments. Tout le monde tra­vaille dans le même sens pour ser­vir au mieux l’in­té­rêt gé­né­ral. Quels vont être vos axes de tra­vail ?

J’ai dé­cou­vert qu’il y avait une al­coo­lé­mie au vo­lant im­por­tante sur la com­mune, et ce mal­gré l’ab­sence de laxisme de notre part ou de la jus­tice. Le nombre d’in­frac­tions est plu­tôt consé­quent, d’au­tant plus qu’elles ne sont pas seule­ment contra­ven­tion­nelles. Nous trai­tons

ain­si une pro­cé­dure dé­lic­tuelle

par jour (le conduc­teur ayant un taux égal ou su­pé­rieur à 0,80 g d’al­cool par litre de sang, NDRL). Je crois que les Bri­vistes n’ont pas le ré­flexe de dé­si­gner un conduc­teur sobre pour prendre le vo­lant. Heu­reu­se­ment, pour l’ins­tant, il n’y a pas eu d’ac­ci­dents avec des bles­sés graves ou des morts. Afin d’évi­ter un drame dans l’ave­nir, nous al­lons me­ner des opé­ra­tions de contrôles co­or­don­nées avec la police mu­ni­ci­pale. J’en­tends aus­si lut­ter contre l’éco­no­mie sou­ter­raine qui est aus­si pré­sente dans une ville comme Brive. Au­de­là du trai­te­ment de la dé­lin­quance, mon leit­mo­tiv est que nous sommes un ser­vice pu­blic au sens noble du terme. Nous de­vons avoir un dia­logue construc­tif avec la po­pu­la­tion. Les gens ne doivent pas hé­si­ter à nous sol­li­ci­ter sans at­tendre un fait dé­lic­tuel, nous po­ser des ques­tions. Il faut que nous gar­dions notre proxi­mi­té.

En termes d’ef­fec­tifs, le com­mis­sa­riat de Brive n’est pas le plus mal lo­ti de France, mais vous restez tou­jours sur la corde raide ?

Il n’y au­ra pas d’ef­fec­tifs sup­plé­men­taires. Nous de­vons op­ti­mi­ser notre tra­vail en sou­la­geant les ef­fec­tifs sur les tâches in­dues. Nous avons de plus en plus de pro­cé­dures à trai­ter. Bien en­ten­du, nous don­nons la prio­ri­té aux plaintes les plus graves. Nous trai­tons toutes les plaintes même si nous sa­vons que les so­lu­tions ne pas­se­ront pas par nous ou la jus­tice. Par exemple, nous ne re­fu­sons pas de prendre une plainte concer­nant le non ver­se­ment d’une pen­sion ali­men­taire, mais nous ex­pli­quons aux plai­gnants que la Caisse d’al­lo­ca­tions fa­mi­liales pos­sède un ser­vice de re­cou­vre­ment. Il existe éga­le­ment des pré­plaintes en ligne prin­ci­pa­le­ment des plaintes contre X, concer­nant no­tam­ment des dé­gra­da­tions. La per­sonne four­nit des pre­miers élé­ments par In­ter­net puis elle est en­suite convo­quée au com­mis­sa­riat. C’est un gain de temps pour le plai­gnant et pour nous. Nous de­vons nous re­cen­trer sur notre coeur de mé­tier, l’oc­cu­pa­tion de la voie pu­blique, ré­pondre aux sol­li­ci­ta­tions des ci­toyens. Nous de­vons rendre le meilleur ser­vice pos­sible aux gens.

Est-ce un atout pour vous d’avoir gra­vi en in­terne tous les éche­lons de la police, de gar­dien de la paix à com­mis­saire, et d’avoir oc­cu­pé des postes très dif­fé­rents de­puis le dé­but de votre car­rière ?

Peut­être, dans le sens où je ne vais pas re­pro­duire ce que je n’ai pas ap­pré­cié au­pa­ra­vant chez mes chefs. Je me suis en­ri­chi de tout ce que j’ai pu prendre dans les dif­fé­rents postes que j’ai oc­cu­pés. Je suis un éter­nel cu­rieux. Quand j’es­time avoir fait le tour du poste, je n’at­tends pas que la rou­tine s’ins­talle pour dé­cou­vrir de nou­velles choses. J’ai fait le choix de la mo­bi­li­té. Si on s’en donne les moyens, l’ad­mi­nis­tra­tion per­met d’évo­luer. Je suis très fier de mon par­cours. Il y a un pa­nel de mé­tiers et de mis­sions très va­riés dans la police. Je n’ou­blie ja­mais d’où je viens. La police a tou­jours été un vrai choix pour moi. J’ai tou­jours ai­mé ser­vir l’état.

À sa­voir. En­vi­ron 120 per­sonnes (po­li­ciers, ad­mi­nis­tra­tifs, ser­vice ci­vique) tra­vaillent au com­mis­sa­riat de Brive.

PHO­TOS PAS­CAL PERROUIN

COM­MIS­SAIRE. Gael Le Pense-pen­verne se montre in­quiet quant au nombre im­por­tant d’al­coo­lé­mie au vo­lant sur le ter­ri­toire de la com­mune de Brive.

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