La gen­dar­me­rie dé­gaine l’arme nu­mé­rique

La Montagne (Brive) - - France & Monde - Thier­ry.de­lau­nay@cen­tre­france.com

Le gé­né­ral Ri­chard Li­zu­rey, pa­tron des gen­darmes, ré­vo­lu­tionne les mé­tiers de son arme en s’ap­puyant sur les nou­velles tech­no­lo­gies.

LT­hier­ry De­lau­nay e pa­tron de la gen­dar­me­rie na­tio­nale, le gé­né­ral cinq étoiles Ri­chard Li­zu­rey, ouvre à la presse ré­gio­nale les lo­caux de la di­rec­tion gé­né­rale, à Is­sy­les­mou­li­neaux, où tra­vaillent 1.400 per­sonnes. Au coeur de la gen­dar­me­rie en pleine mu­ta­tion nu­mé­rique sur un ter­ri­toire qu’elle couvre à 95 %.

Les gen­darmes se dotent de 65.000 smart­phones et ta­blettes, pour 51 mil­lions d’eu­ros. Cet équi­pe­ment leur per­met, sur le ter­rain, d’uti­li­ser des ap­pli­ca­tions propres et de consul­ter des bases de don­nées. Ce bu­reau por­ta­tif, ap­pe­lé Neo­gend, per­met de ren­sei­gner les ci­toyens, de les ins­crire di­rec­te­ment à l’opé­ra­tion « Tran­quilli­té va­cances » ou de ma­té­ria­li­ser des in­frac­tions. Le lieu­te­nant­co­lo­nel Lan­gou, du ser­vice des tech­no­lo­gies et des sys­tèmes d’in­for­ma­tion de la sé­cu­ri­té in­té­rieure, in­siste : « En scan­nant, sur la ta­blette ou le smart­phone, une pièce d’iden­ti­té, le gen­darme in­ter­roge en quelques se­condes tous les fi­chiers. » Ces ap­pa­reils connec­tés per­mettent éga­le­ment de géo­lo­ca­li­ser les pa­trouilles en temps réel.

Se­lon le pa­tron des gen­darmes, la me­nace ter­ro­riste « écrase tout. » Un maillage doit ren­for­cer la toile du ren­sei­gne­ment. Les

Une nou­velle bri­gade vir­tuelle bri­gades ter­ri­to­riales sont for­mées pour re­cueillir des in­for­ma­tions et dé­tec­ter des cas de ra­di­ca­li­sa­tion. Le gé­né­ral a aus­si créé des pe­lo­tons de sur­veillance et d’in­ter­ven­tion de la gen­dar­me­rie (Psig) ap­pe­lés Sabre, do­tés d’armes lourdes, afin de faire face aux tue­ries de masse avant l’ar­ri­vée des uni­tés spé­cia­li­sées.

Un conseil scien­ti­fique, créé cette an­née, doit axer ses re­cherches sur la pé­riode 2017/2022, sur la ro­bo­tique, l’iden­ti­fi­ca­tion hu­maine, le big da­ta, l’in­tel­li­gence ar­ti­fi­cielle, la pro­tec­tion du gen­darme et la cy­ber­cri­mi­na­li­té. Ce groupe est com­po­sé de 60 doc­to­rants, de 300 in­gé­nieurs, de 53 masters re­cherches et de 71 scien­ti­fiques. Ce conseil oeuvre sur 156 pro­jets et 71 pro­grammes.

Se­lon le gé­né­ral Li­zu­rey, l’émer­gence de phé­no­mènes ré­cents de « so­cié­tés al­ter­na­tives » est une nou­velle pré­oc­cu­pa­tion. Comme à Notre­dame­des­Landes ou à Bure où un groupe s’op­pose au centre d’en­fouis­se­ment des dé­chets nu­cléaires : « Des mou­ve­ments contes­ta­taires vio­lents très or­ ga­ni­sés avec une lo­gis­tique, des conseillers ju­ri­diques ou en com­mu­ni­ca­tion. »

Les in­gé­nieurs de la gen­dar­me­rie ex­plorent un sys­tème de re­con­nais­sance fa­ciale pour suivre les per­sonnes dan­ge­reuses. Ils veulent aus­si cen­tra­li­ser tous les sys­tèmes de lec­teurs de plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion des vé­hi­cules (LAPI) de la po­lice, de la gen­dar­me­rie, des douanes, des au­to­routes et des com­munes. Un moyen de suivre les vé­hi­cules re­cher­chés ou im­pli­qués dans des en­quêtes. te. Autres, et der­nières, avan­cées sou­li­gnées : le dé­clin pro­met­teur du rythme de dé­fo­res­ta­tion dans cer­taines ré­gions du monde et la crois­sance ra­pide du sec­teur des éner­gies re­nou­ve­lables.

s’ar­rête là. « Non seule­ment l’hu­ma­ni­té a échoué à ac­com­plir des pro­grès suf­fi­sants pour ré­soudre ces dé­fis en­vi­ron­ne­men­taux an­non­cés (en 1992), mais il est très in­quié­tant de consta­ter que la plu­part d’entre eux se sont ag­gra­vés », alarment les si­gna­taires, is­sus de toutes les dis­ci­plines des sciences ex­pé­ri­men­tales. Des ef­fets sont dé­jà vi­sibles : les tem­pé­ra­tures ont aug­men­té de près d’1°c en un siècle, les dis­pa­ri­tions d’es­pèces ont été mul­ti­pliées par 100 de­puis 1900, un quart des sites na­tu­rels du Pa­tri­moine de l’unes­co sont me­na­cés…

adé­qua­te­ment la crois­sance de la po­pu­la­tion, à ré­éva­luer le rôle d’une éco­no­mie fon­dée sur la crois­sance, à ré­duire les émis­sions des gaz à ef­fet de serre, à en­cou­ra­ger le re­cours aux éner­gies re­nou­ve­lables, à pro­té­ger les ha­bi­tats na­tu­rels, à res­tau­rer les éco­sys­tèmes, à en­rayer la pol­lu­tion, à stop­per “la dé­fau­na­tion” et à li­mi­ter la pro­pa­ga­tion des es­pèces exo­tiques en­va­his­santes, sé­cu­ri­té pu­blique, pré­cise : « On est meilleur dans une en­quête lorsque l’on connaît l’en­vi­ron­ne­ment. » Et d’ajou­ter : « Ce­la per­met éga­le­ment une in­ter­ven­tion sur me­sure. »

Le centre de ren­sei­gne­ment opé­ra­tion­nel de la gen­dar­me­rie (CROGEND), cel­lule la plus sen­sible de la gen­dar­me­rie, est ac­tif 24 h/24, sur toute la France et l’outre Mer, sur huit fu­seaux ho­raires. Il vé­ri­fie la per­ti­nence d’une in­for­ma­tion, la re­coupe, l’en­ri­chit, la com­mente et la fait re­mon­ter aux mi­nis­tères de l’in­té­rieur et de la Dé­fense. Il traite 1.000 re­mon­tées d’in­for­ma­tion par jour. Mais le CROGEND est aus­si en alerte sur des évé­ne­ments à l’étran­ger de prendre des me­sures éven­tuelles aux fron­tières. Il co­or­donne et su­per­vise les ges­tions de crise de tous types, et gère des dis­po­si­tifs d’in­ter­cep­tion de fu­gi­tifs. Et il anime des re­cherches de ren­sei­gne­ment, en pui­sant dans les fi­chiers, sur des per­sonnes ou des groupes po­ten­tiel­le­ment dan­ge­reux. Ce qui per­met de res­sor­tir des in­for­ma­tions sur un pro­fil en cas d’in­ter­ven­tion.

« En scan­nant, sur la ta­blette ou le smart­phone, une pièce d’iden­ti­té, le gen­darme in­ter­roge en quelques se­condes tous les fi­chiers. »

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