Tra­vaux et cours co­ha­bitent en sé­cu­ri­té

La ré­ha­bi­li­ta­tion de la ci­té d’ar­son­val prise en exemple par l’ob­ser­va­toire dé­par­te­men­tal du BTP

La Montagne (Brive) - - Brive Vivre Sa Ville - Ch­ris­tine Moutte ch­ris­tine.moutte@cen­tre­france.com

Le chan­tier de ré­ha­bi­li­ta­tion de la ci­té sco­laire d’ar­son­val a dé­mar­ré il y a six mois pour une du­rée to­tale de trois ans. La sé­cu­ri­té a dû être pen­sée en amont pour que ces trois an­nées du­rant les­quelles élèves, pro­fes­seurs et en­tre­prises vont co­ha­bi­ter se passent dans de bonnes condi­tions.

«Nous, – la com­mu­nau­té édu­ca­tive –, étions as­sez ré­ti­cents à ce long chan­tier, crai­gnant que les en­tre­prises viennent nous bous­cu­ler. Mais au fi­nal, ça se passe bien. » Pour pa­rer à cette crainte lé­gi­time re­le­vée par Laure Gau­chet, ad­jointe ges­tion­naire de la ci­té d’ar­son­val, les tra­vaux pré­vus pour ré­ha­bi­li­ter en pro­fon­deur l’éta­blis­se­ment sur trois ans, ont été lar­ge­ment an­ti­ci­pés avec les maîtres d’ou­vrage, les ar­chi­tectes et les en­tre­prises. La dif­fi­cul­té étant de réa­li­ser un chan­tier pen­dant le temps sco­laire de près 1.200 col­lé­giens et ly­céens et 200 pro­fes­seurs. L’ob­ser­va­toire dé­parte­ men­tal de la sé­cu­ri­té dans le Bâ­ti­ment et les tra­vaux pu­blics de la Cor­rèze l’a ain­si pris en exemple pour trai­ter des pro­blé­ma­tiques des tra­vaux réa­li­sés en site oc­cu­pé. « Ce type de chan­tier ne s’im­pro­vise pas, a rap­pe­lé Ra­chel Coudre­bour­geon, pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion du BTP de la Cor­rèze, aux pro­fes­sion­nels ve­nus par­ti­ci­per à un après­mi­di d’in­for­ma­tion. La ges­tion des tra­vaux re­quiert un cer­tain sa­voir­faire, en termes d’or­ga­ni­sa­tion et de pla­ni­fi­ca­tion. »

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Le pro­jet com­prend la re­struc­tu­ra­tion com­plète des es­paces pé­da­go­giques et de l’in­ter­nat dans les an­ciens bâ­ti­ments, avec la ré­fec­tion des toi­tures, des cour­sives, la créa­tion de deux as­cen­seurs, le rem­pla­ce­ment de toutes les me­nui­se­ries (voir notre édi­tion du 12 sep­tembre). « La concep­tion du pro­jet a ain­si né­ces­si­té deux ans d’étude, a pré­ci­sé Em­ma­nuel Du­theillet de Lamothe, ar­chi­tecte. Il a fait cou­ler beau­coup d’encre ! Les bâ­ti­ments an­ciens ont un cô­té re­mar­quable, donc sou­mis à un avis im­por­tant des Bâ­ti­ments de France : la pre­mière dif­fi­cul­té a été d’ima­gi­ner comment ac­cueillir les élèves tout en pré­ser­vant le pa­tri­moine. »

Du plomb dans les pein­tures

Des diag­nos­tics ont éga­le­ment en­traî­né des tra­vaux qui n’étaient pas pré­vus, en rai­son de pré­sence d’amiante et de plomb dans les pein­tures, mais aus­si de plan­chers ne pou­vant sup­por­ter la charge pré­vue : « Pour le plomb, il a fal­lu dé­ca­per les murs avant de les dé­mo­lir, en­le­ver la pein­ture là où les ar­ti­sans (me­nui­siers, élec­tri­ciens…) doivent in­ter­ve­nir, pré­voir l’éli­mi­na­tion des dé­chets…, a ex­pli­qué, Arnaud Diez de l’or­ga­nisme pro­fes­sion­nel de pré­ven­tion du BTP. Quant aux plan­chers, ils ont dû être ren­for­cés par des pou­trelles mé­tal­liques. »

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Pour ne pas oc­cu­per tout l’éta­blis­se­ment en même temps, le pro­jet a été dé­cou­pé en cinq phases, pour ré­ha­bi­li­ter aile par aile, salle après salle. Il a dû éga­le­ment adap­ter les ré­gle­men­ta­tions de sé­cu­ri­té, comme au ni­veau des is­sues de se­cours en ac­cord avec les pom­piers. Par exemple, sur la pre­mière aile en tra­vaux sur quatre ni­veaux (du rez­de­chaus­sée à l’in­ter­nat), les en­tre­prises doivent lais­ser, en fin de jour­née, un es­ca­lier libre « car c’est ce­lui de l’is­sue de se­cours pour l’in­ter­nat, sou­ligne Ri­chard Gi­bert, ar­chi­tecte. Il faut ici évi­ter l’en­com­bre­ment. »

Les en­tre­prises qui oeuvrent sur le chan­tier doivent se faire une place dans l’éta­blis­se­ment tout en le lais­sant ac­ces­sible aux élèves, dé­li­mi­tant des par­ties de la cour pour sto­cker les ma­té­riaux. Le plus dif­fi­cile est l’ache­mi­ne­ment de ces ma­té­riaux qui se fait après l’en­trée des élèves du ma­tin ou le mer­cre­di après­mi­di, ou via l’ar­rière de l’éta­blis­se­ment oc­cu­pé par les vé­hi­cules des pro­fes­sion­nels.

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Un co­or­di­na­teur Sé­cu­ri­té et pré­ven­tion san­té est nom­mé pour suivre le pro­jet, de la concep­tion à la fin et no­tam­ment vé­ri­fier si les me­sures de sé­cu­ri­té sont bien res­pec­tées. « Il vient sur le chan­tier ponc­tuel­le­ment mais ce n’est pas du fli­cage, a in­sis­té Arnaud Diez. Il ap­porte un re­gard ex­té­rieur, aide les en­tre­prises qui peuvent avoir la tête dans le gui­don et ne voient pas tout. »

Une so­cié­té peut éga­le­ment être char­gée de l’or­don­nan­ce­ment, du pi­lo­tage et de la concep­tion (OPC), ce qui est le cas sur le chan­tier de d’ar­son­val, pour éta­blir le plan­ning adé­quat. « J’ai par exemple dû mo­di­fier le dé­lai es­pé­ré de 40 mois par le client qui était in­suf­fi­sant ; a sou­li­gné Frédéric La­vaire, so­cié­té Co­pi­lot. Avec la dé­cou­verte d’amiante et de plomb, un chan­tier de 50 mois a pa­ru né­ces­saire, même s’il est dé­jà très ser­ré. » ■

PHOTO FRÉDÉRIC LHERPINIÈRE

VI­SITE. Pour la ré­ha­bi­li­ta­tion d’une salle de classe, l’ar­chi­tecte ex­plique la réa­li­sa­tion d’un faux pla­fond pour ser­vir de coupe-feu.

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