« Avant de dis­pa­raître, j’ai te­nu à voir ce qu’était la vie d’ici »

Une seule ha­bi­tante ré­side à l’an­née à « Pou­zols vieux ». Michèle Gat, in­fir­mière à la re­traite, est aus­si sculp­trice.

La Montagne (Cantal) - - RÉGION -

Elle a connu le vil­lage en no­vembre 1989. « Avant de dis­pa­raître, j’ai ab­so­lu­ment te­nu à voir ce qu’était la vie d’ici », ex­plique celle qui, voi­là quinze ans, a dé­ci­dé de fran­chir le pas en s’ins­tal­lant dé­fi­ni­ti­ve­ment à « Pou­zols vieux ».

Le « coup de foudre », Michèle Gat l’avait eu dès le pre­mier jour, dé­jà en fran­chis­sant le col du Per­tuis. Pour elle, qui ve­nait de Vé­nis­sieux, le chan­ge­ment était ra­di­cal. Les pre­miers hi­vers ont été dif­fi­ciles.

Michèle avait trou­vé un tra­vail de nuit au Cham­bon­sur­li­gnon. Faire la route au pe­tit ma­tin n’a pas tou­jours été une par­tie de plai­sir. « Je de­vais par­fois fi­nir à pied, mar­cher dans la neige. Quand j’ar­ri­vais chez moi, j’étais com­plè­te­ment ré­veillée. Ce fut une pé­riode as­sez dure. »

Si elle dit « ai­mer re­gar­der le ciel » de­puis sa mai­son, elle aime par­des­sus tout « la ron­deur des pay­ sages, qui cor­res­pond à un pay­sage in­té­rieur ».

« Je me sens bien ici », dit la maî­tresse des lieux. À 1.100 mètres d’al­ti­tude, la vie est certes par­fois un peu rude, mais « je ne vis pas en er­mite », as­sure­telle. « J’ai des amis, des amours. »

Dès le dé­but, l’in­fir­mière­ar­tiste s’est sen­tie bien ac­cueillie.

« Je me suis pré­sen­tée. Comme ça, c’était clair et les gens m’ont ac­cep­tée. »

Au vil­lage, Michèle ne s’est ja­mais sen­tie iso­lée. « La so­li­tude est un ap­pren­tis­sage. Il convient de se sen­tir bien avec soi­même. »

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