Le Can­tal fait vi­si­ter son riche pa­tri­moine

Les 34e Jour­nées du pa­tri­moine se pour­suivent au­jourd’hui par­tout dans le Can­tal, et avec elles des vi­sites com­men­tées pas­sion­nantes, comme celle pro­po­sée au châ­teau de Conros.

La Montagne (Cantal) - - LA UNE - Ann-ca­the­rine Mo­do­lo ann-ca­the­rine.mo­do­lo@cen­tre­france.com

VI­SITES. Jus­qu’à ce soir, les in­con­tour­nables sites du Can­tal ouvrent leurs portes au grand pu­blic, dé­voi­lant les dé­tails d’une his­toire trop peu connue.

CH­TEAU DE CONROS. A Ar­pa­jon­sur­cère, la bâ­tisse qui a tra­ver­sé les époques de­puis le Moyen Age re­gorge de se­crets que le pu­blic ne se lasse pas d’en­tendre.

Le por­tail du châ­teau de Conros, à Ar­pa­jon­sur­cère, est la li­mite tem­po­relle. Une fois qu’il la dé­passe, le vi­si­teur passe à une autre époque. Il n’a fait que quelques pas dans l’en­ceinte du châ­teau. Et dé­jà le voi­là conquis par l’im­po­sante bâ­tisse qui se dresse de­vant lui. Émer­veillé. Car les Jour­nées du pa­tri­moine, c’est aus­si ça. Le mo­ment de re­trou­ver ces sen­sa­tions in­trin­sèques. En­fouies. Et le châ­teau de Conros le per­met.

Per­du dans l’im­men­si­té de la val­lée de la Cère, per­ché sur son ré­cif ro­cailleux, il fait re­naître ces sen­ti­ments ou­bliés. Voire in­con­nus. La pré­sence, au­tre­fois, d’un pont­le­vis confirme cette im­pres­sion de cé­sure entre l’ex­té­rieur et le site du châ­teau. Il ne s’agit pour­tant pas d’en res­ter là. La guide, Ch­ris­tine Blan­chon, in­vite à dé­cou­vrir la face ca­chée du châ­teau. Der­rière. Là où le don­jon, les tours sud et nord et le co­lom­bier sur­plombent la val­lée. Ils dé­voi­le­ront leurs se­crets... via la voix de leur guide. La tour nord – la tour de dé­fense –, plus haute que la tour sud, in­ter­pelle par son toit en poi­vrière. Son in­té­rieur en ga­lets de ri­vière tien­dra, en fin de vi­site, toutes ses pro­messes. La tour sud, quant à elle, si­tuée au pre­mier plan, a été dé­truite puis re­cons­truite.

Du haut du don­jon, le guet­teur peut aper­ce­voir Au­rillac, Ar­pa­jon­sur­cère, les monts du Can­tal, les val­lées de la Cère et de la Jor­danne. L’his­toire de cet édi­fice, qui com­mence au XIIE siècle avec les As­torg d’au­rillac, est dé­taillée, ponc­tuée d’anec­dotes. La des­cen­dance de cette fa­mille se­ra dé­pos­sé­dée du châ­teau par Louis XI, pour sa par­ti­ci­pa­tion à la Ligue des Ar­ma­gnacs. En 1514, le châ­teau est ven­du aux Gon­taud Bi­ron qui réa­lisent des trans­for­ma­tions sous l’im­pul­sion de la Re­nais­sance. La fa­çade, les es­ca­liers prin­ci­paux, l a che­mi­née de la salle de vie en sont les ves­tiges, entre autres.

La vi­site part de l’ex­té­rieur. À l’in­té­rieur, un mu­sée offre au vi­si­teur la pos­si­bi­li­té de dé­cou­vrir d’an­ciens ou­tils, comme les nasses « parce que la Cère re­gor­geait de poissons au XIXE siècle », pré­cise Ch­ris­tine Blan­chon. Ou comme ces fers à vache, « on fer­rait tout ici, car la ré­gion était caillou­teuse ». Le rez­de­chaus­sée, qui était ré­se­vé au sto­ckage des vivres, laisse en­suite place à l’étage des sei­gneurs, le pre­mier, à sa salle des gardes, à ses fresques, à la chambre bleue et au sa­lon rose, em­preint de la mé­moire de Ro­bert d’hu­mières. Le vi­si­teur mon­te­ra dans les étages et dé­cou­vri­ra aus­si la toi­ture de 1.800 m², l’es­ca­lier militaire…

PHO­TO CH­RIS­TIAN STAVEL

PHO­TO CH­RIS­TIAN STAVEL

MA­QUETTE. Le châ­teau de Conros se ré­vèle, au­jourd’hui en­core, de 14 heures à 18 heures. Dif­fé­rentes salles sont ac­ces­sibles au pu­blic. En­trée : 4 €, gra­tuit jus­qu’à 18 ans.

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