Six ans de pri­son pour le tra­fi­quant

Lors des dé­bats, le 20 sep­tembre der­nier, les trois pré­ve­nus avaient ex­pli­qué qu’ils ne par­ti­ci­paient ni à un tra­fic d’armes, ni à un tra­fic de drogue. Le tri­bu­nal ne les a pas crus. Tour à tour les avo­cats de la dé­fense avaient, lors de l’au­dience, ten­té

La Montagne (Cantal) - - REGION -

Les en­quê­teurs de la sû­re­té dé­par­te­men­tale, la juge d’ins­truc­tion et le pro­cu­reur Loïc Ey­ri­gnac l’avaient dé­peint comme « l’élé­ment cen­tra­li­sa­teur » du ré­seau dé­man­te­lé fin novembre 2014, à Cler­mont­fer­rand. Mal­gré ses dé­né­ga­tions, Jean­pas­cal Agos­tin­ho, 51 ans, a été re­con­nu cou­pable de tra­fic d’armes, de stu­pé­fiants, et d’as­so­cia­tion de mal­fai­teurs.

Man­dat de dé­pôt

Il a été condam­né à six ans de pri­son ferme (sept avaient été re­quis). Le tri­bu­nal a or­don­né son in­car­cé­ra­tion immédiate, hier. Le quin­qua­gé­naire a en­suite at­ten­du de longues mi­nutes qu’une es­corte po­li­cière vienne le cher­cher pour le conduire à la mai­son d’ar­rêt. Il a éga­le­ment éco­pé de 30.000 eu­ros d’amende et d’une in­ter­dic­tion de sé­jour dans le Puy­de­dôme pen­dant deux ans.

Lors de l’au­dience qui s’est dé­rou­lée le 20 sep­tembre der­nier

le quin­qua­gé­naire avait nié faire du com­merce à par­tir d’armes ache­tées no­tam­ment sur un site in­ter­net slo­vaque qui com­ mer­cia­lise lé­ga­le­ment des armes neu­tra­li­sées. L’ar­se­nal qui avait été dé­cou­vert par les en­quê­teurs dans une cave et un ga­rage était, se­lon lui, le fruit d’une « pas­sion pour les armes ». Il s’est éga­le­ment dé­fen­du d’être le pro­prié­taire du ki­lo de co­caïne dé­cou­vert lors des per­qui­si­tions. Don­nant même une hy­po­thèse et le nom d’un homme sus­cep­tible d’avoir dé­po­sé le pa­quet de drogue.

Romain Gi­bert, 30 ans, a été condam­né à trois ans de pri­son, dont la moi­tié avec sur­sis et mise à l’épreuve pour tra­fic de co­caïne et l’as­so­cia­tion de mal­fai­teurs. Lui aus­si mal­gré ses fa­rouches dé­né­ga­tions. « Je ne suis pas un tra­fi­quant, je ne suis pas de ce monde­là, avait­il ju­ré à la barre. On n’a rien re­trou­vé chez moi. » Lui non plus, le tri­bu­nal ne l’a pas cru.

Il a éga­le­ment éco­pé de 20.000 eu­ros d’amende et d’une in­ter­dic­tion de sé­jour dans le dé­par­te­ment pen­dant deux ans.

Le troi­sième pré­ve­nu, âgé de 49 ans, était pour­sui­vi pour tra­vail dis­si­mu­lé. L’homme qui ven­dait des voi­tures sans être en­re­gis­tré au re­gistre du com­merce avait été in­ter­pel­lé car les en­quê­teurs le sus­pec­taient au dé­part d’ai­der à blan­chir l’ar­gent sale via son ac­ti­vi­té. La juge avait en­suite écar­té cette piste. Il a donc été condam­né pour son ac­ti­vi­té non­d écla­rée à 200 jours­a mendes à 100 eu­ros.

« On a mis en place au­tour de mon client une sur­veillance avec tous les moyens qui existent. Et au fi­nal on n’a pas une seule écoute qui dé­montre un quel­conque tra­fic. Il a été sui­vi jour et nuit mais on ne re­trouve qu’un seul client qui, en plus, s’est ré­trac­té […]. Quant à ce pré­ten­du tra­fic d’armes, il n’est pas prou­vé du tout. Il a une pas­sion des armes et s’en fait li­vrer par la poste en toute lé­ga­li­té, en toute trans­pa­rence, en payant avec sa carte ban­caire. La so­cié­té qui gère le site sur le­quel mon client a ache­té les armes n’a même pas été in­ter­ro­gée pour pré­ci­ser le nombre d’achats. Quant à l’ex­pert, il n’a même pas vrai­ment ré­pon­du sur la neu­tra­li­sa­tion et la ré­ac­ti­va­tion des armes. J’ai de­man­dé une contre­ex­per­tise, on me l’a re­fu­sée. Mon client a juste une pas­sion un peu in­ter­dite. Ce dos­sier est une coquille vide. »

« Le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel, ce n’est pas le Samu, il n’est pas là pour ré­ani­mer l’ins­truc­tion. On au­rait pu faire une ex­per­tise de l’em­bal­lage de la co­caïne pour sa­voir qui l’avait eu entre les mains, ça n’a pas été fait. Mon client n’est dé­si­gné par per­sonne comme un ven­deur de co­caïne. La jeune femme qui pré­tend l’avoir vu avec de l’ar­gent li­quide, on ne lui a même pas de­man­dé quelle somme elle avait vu (...). Il n’y a ni iden­ti­fi­ca­tion de clients, ni tran­sac­tions. Il n’y a stric­te­ment au­cune preuve contre mon client. »

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