« Il y a de moins en moins de moyens hu­mains dans les col­lèges »

La Montagne (Cantal) - - LE FAIT DO JOUR - Ma­thilde Du­cha­telle

Fils d’ins­ti­ti­tu­teur, Ni­co­las Mont­criol est tom­bé dans la mar­mite FCPE (Fé­dé­ra­tion des conseils de pa­rents d’élèves) tout pe­tit. Pour lui, il était lo­gique d’al­ler voir « comment ça fonc­tionne » con­crè­te­ment dans l’édu­ca­tion na­tio­nale et d’y mettre son grain de sel.

Ce pa­pa d’une ado­les­cente de 12 ans, sco­la­ri­sée en 5e, est tête de liste – la seule liste qui compte 19 noms – au col­lège Fran­çois­villon d’yzeure (Al­lier). L’an­née der­nière, il était « simple » pa­rent d’élève, idem quand sa fille était en ma­ter­nelle et au CM2.

« Ce qui est im­por­tant, c’est le bien­être et la réus­site des en­fants. On est des garde­fous dans un contexte où il y a de moins en moins de moyens hu­mains. On manque de pro­fes­seurs. En 5e, par exemple, ils sont trente en moyenne. C’est trop ! Ce­la ne per­met pas de s’oc­cu­per des en­fants en re­tard ».

Les res­pon­sa­bi­li­tés qu’il s’ap­prête à prendre le mettent en pre­mière ligne dans le dia­logue avec la di­rec­tion de l’éta­blis­se­ment. « Je se­rai le lien toute l’an­née avec le col­lège. Notre rôle, c’est de faire re­mon­ter les choses, les bonnes comme les moins bonnes. Par exemple s’il y a un pro­blème grave avec un pro­fes­seur. Ou dire et re­dire que les classes théâtre (Chat) ou mu­sique (Cham) sont vrai­ment gé­niales et qu’il y a des bonnes choses qui se font contre le har­cè­le­ment ».

L’an­née der­nière, les pa­rents d’élèves de Fran­çois­villon ont contri­bué à faire rem­pla­cer le pro­fes­seur d’ita­lien, ab­sent.

Pour ce­la, il faut par­fois en­voyer beau­coup de cour­riers et pas­ser beau­coup de coups de fil, par­fois même jus­qu’au rec­to­rat. « C’est im­por­tant d’avoir la fé­dé­ra­tion der­rière soi. Ce sont des sup­ports, de l’ex­pé­rience et des contacts. Et puis, pour les choses qui ne sont pas du fait de l’éta­blis­se­ment, comme les classes sur­char­gées – la di­rec­tion n’y peut rien, elle n’a pas de moyens – c’est de le faire re­mon­ter au ni­veau ré­gio­nal et na­tio­nal ».

Pa­rent d’élève, c’est vite chro­no­phage, car il faut ajou­ter aux ac­tions ponc­tuelles les in­con­tour­nables réunions entre pa­rents (une di­zaine), les conseils d’ad­mi­nis­tra­tion de l’éta­blis­se­ment, les conseils de classe, le co­mi­té d’édu­ca­tion à la san­té et à la ci­toyen­ne­té ou en­core les conseils de dis­ci­pline.

PHOTO PHI­LIPPE BI­GARD

PA­PA MI­LI­TANT. Ni­co­las Mont­criol, père d’une ado­les­cente de 12 ans, s’in­ves­tit en tant que pa­rent d’élève de­puis que sa fille est en ma­ter­nelle. Il es­père pou­voir « faire bou­ger les choses » au col­lège.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.