La pneu­mo­lo­gie en manque de mé­de­cins

Ils de­vraient être trois. Au lieu de ça, les pneu­mo­logues à temps com­plet sont tout bon­ne­ment ab­sents au centre hos­pi­ta­lier d’au­rillac. La di­rec­tion pal­lie le manque avec des so­lu­tions pro­vi­soires et des rem­pla­çants.

La Montagne (Cantal) - - AURILLAC -

ujourd’hui ef­fec­ti­ve­ment, on a du mal à ré­pondre à la de­mande en terme de dé­lais. » C’est le constat de Pas­cal Tar­ris­son, di­rec­teur du centre hos­pi­ta­lier Hen­ri­mon­dor. Alors que le ser­vice pneu­mo­lo­gie de­vrait être do­té de trois mé­de­cins spé­cia­listes en temps plein, il fonc­tion­nait de­puis quelques an­nées avec deux per­sonnes, mais la si­tua­tion vient à nou­veau de se dé­té­rio­rer. L’un est par­ti à la re­traite, l’autre a ar­rê­té pour des rai­sons de san­té.

« Il y a tou­jours un mé­de­cin pré­sent »

Il ne reste plus que le Dr Chal­met, qui vient une se­maine toutes les deux à trois se­maines. Le reste du temps, la di­rec­tion a re­cours aux rem­pla­çants, et prend des me­sures pour pal­lier ce manque. « Sché­ma­ti­que­ment, la pneu­mo­lo­gie couvre trois ac­ti­vi­tés prin­ci­pales : l’on­co­lo­gie (la can­cé­ro­lo­gie), l’in­fec­tio­lo­gie (les pro­blèmes res­pi­ra­toires d’ori­gine in­fec­tieuse) et les in­suf­fi­ sants res­pi­ra­toires chro­niques. » Pour les deux pre­mières, l’hô­pi­tal a struc­tu­ré une so­lu­tion : dans le cadre du pôle de mé­de­cine (*) et de la fé­dé­ra­tion on­co­lo­gie, les pa­tients qui re­lèvent de l’on­co­lo­gie pneu­mo­lo­gie sont pris en charge par les on­co­logues. Ceux qui souffrent de pro­blèmes res­pi­ra­toires d’ori­gine in­fec­tieuse, par les in­fec­tio­logues. « Là où on a un peu moins de so­lu­tion, c’est pour les in­suf­fi­sants res­pi­ra­toires chro­niques. Ce sont les pneu­mo­logues dont on dis­pose ac­tuel­le­ment qui les prennent en charge ». Et c’est là où les rem­pla­ce­ments in­ter­viennent.

Le pro­blème, c’est le coût. Les rem­pla­çants coûtent cher. Même si l’hô­pi­tal pré­fère évi­ter, ils peuvent être re­cru­tés au sein d’une boîte d’in­té­rim, qui se prend une marge. Puis, sou­vent, leur sa­laire dé­passe ce­lui d’un mé­de­cin per­ma­nent. « Le mé­de­cin né­go­cie son sa­laire. Nous, quand on est en dif­fi­cul­té, la né­go­cia­tion ne nous est pas fa­vo­rable. » Mais la di­rec­tion n’a pas le choix. « Il y a tou­jours un rem­pla­çant pré­sent. Et on es­saie de les fi­dé­li­ser, pour que ce soit tou­jours les mêmes qui re­viennent. » Sans comp­ter que cer­tains mé­de­cins re­fusent d’être per­ma­nents, car « au ni­veau na­tio­nal, vous avez des spé­cia­li­tés, comme l’ima­ge­rie mé­di­cale ou l’anes­thé­sie, où les mé­de­cins ne sont pas in­té­res­sés pour tra­vailler en hô­pi­tal. L’anes­thé­sie par exemple, se prête bien à l’in­té­rim dans la me­sure où il s’agit d’une pres­ta­tion d’anes­thé­sie. »

Si au­jourd’hui le centre hos­pi­ta­lier se re­trouve dans cette si­tua­tion, plu­sieurs fac­teurs peuvent l’ex­pli­quer. Le manque d’in­té­rêt des jeunes pour cette spé­cia­li­té, par exemple. « C’est une dis­ci­pline un peu si­nis­trée : le choix des in­ternes ne se di­rige pas for­cé­ment vers la pneu­mo­lo­gie : c’est une spé­cia­li­té dif­fi­cile avec des pa­tients lourds. C’est l’une des der­nières spé­cia­li­tés choi­sies, après la der­ma­to­lo­gie par exemple. »

« On met plus de temps à re­cru­ter »

Mais le ta­bleau au­rilla­cois n’est pas si sombre. « On se re­trouve en dif­fi­cul­té car on n’a plus de pneu­mo­logues per­ma­nents, mis à part le Dr Chal­met mais c’est un peu à part. C’est in­dé­pen­dant de notre vo­lon­té. » Et pour le di­rec­teur, ce n’est qu’une ques­tion de temps. « On ar­rive à re­cru­ter. C’est juste qu’on met plus de temps ». Et de pré­ci­ser sans en dire plus que l’hô­pi­tal est en phase de re­cru­te­ment avec un autre pneu­mo­logue « qui s’oc­cu­pe­ra des consul­ta­tions et des actes tech­niques ».

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