La gui­tare Sou­ve­nir 13 faite à Vi­chy si­gnée par Jesse Hugues

Le 15 jan­vier, Ju, Re­no et Blez de l’en­tre­prise vi­chys­soise Wild Cus­toms s’en­vo­laient pour Los An­geles. Re­tour sur une aven­ture in­tense et la ren­contre avec le groupe Eagles of Death Me­tal.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - LA UNE - Amé­lie Millet

Le chan­teur d’Eagles of Death Me­tal a si­gné la gui­tare made in Vi­chy et dé­diée aux vic­times des at­ten­tats de Pa­ris.

« Le rock ne s’in­cline pas face à la sauvagerie »

L’

aven­ture Wild Cus­toms c’est un peu comme se trou­ver sur la route 66, au beau mi­lieu du film Ea­sy

Rider. Vers la Ca­li­for­nie avec des pas­sion­nés et du rock’n’roll et, en fond, Born

to be Wild de Step­pen­wolf et ses pre­mières pa­roles qui re­ten­tissent : « Get your mo­tor run­nin’/Head out on the high­way/Loo­kin’ for ad­ven­ture/ And wha­te­ver comes our way/ Yeah Dar­lin’ go make it hap­pen » (*)

Le 15 jan­vier der­nier, Ju, Blez et Re­no, pion­niers de l’en­tre­pr ise vi­chys­soise Wild Cus­toms, s’en­vo­laient pour Los An­geles en di­rec­tion du Namm Show, grande foire in­ter­na­tio­nale de l’in­dus­trie de la mu­sique, pour y pré­sen­ter leurs gui­tares.

Le temps fort de leur sé­jour a été leur ren­contre avec Jesse Hugues, chan­teur d’Eagles of Death Me­tal, le groupe qui était sur scène le 13 no­vembre der­nier au Ba­ta­clan. « Le len­de­main des at­ten­tats, nous avons été as­som­més, ex­plique Re­no. On se sen­tait in­utile, im­puis­sant, on a cher­ché com­ment ré­agir. » Re­no prend ses crayons. Son des­sin, gra­vé sur des plaques de mé­tal, est po­sé sur une gui­tare avec fi­ni­tion bleu­blanc­rouge. Cet ins­tru­ment, « Sou­ve­nir 13 » , fait ac­tuel­le­ment l’ob­jet d’une tom­bo­la sur le site de crowd­fun­ding Ulule. « Dans un mois, la gui­tare se­ra of­ferte après ti­rage au sort du ga­gnant. Les bé­né­fices de l’opé­ra­tion se­ront re­ver­sés à la fon­da­tion de Josh Homme, le bat­teur du groupe The Sweet Stuff, pour ai­der les vic­times du drame de Pa­ris. »

Lors de leur ren­contre avec Jesse Hugues, le chan­teur a si­gné la gui­tare et a pro­po­sé de l’ame­ner, avec lui, pour le re­tour du groupe sur scène en France, à l’Olym­pia le 16 fé­vrier. « Je trouve que c’est un beau sym­bole qu’il ait cette gui­tare bleu­blanc­rouge en main pour mon­trer que le rock, la mu­sique, la culture ne s’in­clinent pas face à la sauvagerie. »

La ren­contre s’est dé­rou­lée en deux temps. « Quelques jours avant le sa­lon, on a ap­por­té la gui­tare chez Jesse Hugues pour qu’il puisse la dé­cou­vr ir lors d’une soi­rée un peu plus in­time. C’est un Amé­ri­cain, alors il roule un peu les mé­ca­niques et fait un peu le cos­taud, mais on sent que les évé­ne­ments l’ont vrai­ment af­fec­té. Il s’est pas­sé quelque chose d’in­tense quand il a vu la gui­tare qu’il a dé­taillée avec beau­coup d’émo­tion. Après, il est ve­nu sur notre stand pour la si­gner et faire vrai­ment le truc à l’amé­ri­caine avec les mé­dias. L’idée c’est aus­si de ré­col­ter un maxi­mum de fonds pour la fon­da­tion. »

Des re­tom­bées in­es­pé­rées

Pour les Wil­ders, il s’agit aus­si d’une aven­ture in­es­pé­rée dans l’his­toire de leur en­tre­prise. « On s’est ren­du compte que l’on a notre place au mi­lieu des grandes marques, dé­ve­loppe Re­no. On a eu un re­tour im­pres­sion­nant ! On a ren­con­tré des ar­tistes qui nous ont ré­ser­vé des gui­tares, des dis­tri­bu­teurs de plu­sieurs pays nous ont ache­té des ins­tru­ments sur place. Sou­vent quand on fait un sa­lon, les re­tom­bées n’ar­rivent que dans les se­maines, les mois qui suivent. »

Entre ré­ser­va­tions, ventes et re­tom­bées dans la presse amé­ri­caine (Reu­ters TV, Los An­geles Times, etc.), les lu­thiers fran­çais ont aus­si vé­cu des mo­ments in­so­lites. Cô­té ar­tistes, le car­net de com­mandes de Wild Cus­ toms est or­né du nom de Mike Dirnt, le bas­siste du groupe Green Day. « Dans les an­nées 1990, au col­lège, on écou­tait l’al­bum Doo­kie, se sou­vient Re­no. Le croi­ser sur le stand en train de re­gar­der nos gui­tares et de nous com­man­der une basse, c’est im­pro­bable ! » Ju­lien a ren­con­tré des fi­gures de la lu­the­rie qui l’ont ins­pi­ré. « C’est des mecs dont je suis fan dans cet uni­vers comme ceux de la marque Fen­der, que je dé­cou­vrais ga­min en ou­vrant des ca­ta­logues avant que je ne com­mence à fa­bri­quer moi­même des gui­tares. Des gars doués qui font ré­fé­rence, qui viennent prendre en pho­to ton tra­vail, qui s’ins­pirent de ton bou­lot alors que toi tu t’es ins­pi­ré du leur ! »

(*) « Mets en marche ton mo­teur, Fonce vers l’au­to­route, Cher­chant l’aven­ture, Et tout ce que nous trou­ve­rons sur notre route, Oui ché­rie vas­y fais en sorte que ça se pro­duise ».

ROCK IS NOT DEAD !

Pré­sen­ta­tion et si­gna­ture par Jesse Hugues

(au centre)

de la gui­tare « Sou­ve­nir 13 » avec Ju, Re­no et Blez

(de gauche à dr

LOS AN­GELES. Jesse Hugues es­saye « Sou­ve­nir 13 » au stand de Wild Cus­toms au Namm Show. PHO­TO WILD CUS­TOMS

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