« Ren­trer bre­douille »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

L’ex­pres­sion qui nous in­té­resse au­jourd’hui est ti­rée de l’uni­vers des jeux. On jouait au­tre­fois au tric trac, cou­sin du back­gam­mon. Chaque joueur dis­po­sait de deux dés, et de quinze pions. Cer­tains joueurs par­ve­naient à mar­quer les douze trous d’un coup, on di­sait alors qu’il « avait mar­qué en grande bre­douille » le tout en fai­sant douze trous de suite. N’im­porte quel joueur mar­quant un nombre in­con­si­dé­ré de points à ce jeu, sans don­ner à son ad­ver­saire l’es­poir de lan­cer les dés, jouait bre­douille. Le per­dant, par consé­quent, était « mis en bre­douille ».

Étran­ge­ment, on ne re­tien­dra avec le temps que la se­conde ac­cep­tion de cette ex­pres­sion. Car « ren­trer bre­douille », « être bre­douille », au­jourd’hui, a une conno­ta­tion né­ga­tive. Cette ex­pres­sion vaut même pour ex­pri­mer le sen­ti­ment d’échec. On a aus­si pu lui don­ner un sens plus ca­va­lier : une femme qui re­ve­nait seule au XIXe siècle re­ve­nait « bre­douille » , sans rien ni per­sonne à son bras, voire même sans être in­vi­tée à dan­ser. Même sens dans le do­maine de la chasse : le gi­boyeur dé­çu rentre alors « bre­douille » lui aus­si.

Dans un autre re­gistre, on a aus­si pu dire d’un homme ivre qu’il était bre­douille. Pour sûr, il était un peu per­du !

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