L’es­pèce hu­maine

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE -

Un conte de na­ture.

Qui de l’homme ou de l’ani­mal est le plus cruel ? Au­tre­ment dit, peut­on qua­li­fier de « bes­tial » un com­por­te­ment in­hu­main ? se de­mande Syl­vie Ger­main dans ce cu­rieux ro­man aux al­lures de conte, por­té par un étrange per­son­nage.

Elle l’ins­talle dans un pays de champs, de fo­rêts, une contrée sou­mise à la guerre, l’une des plus féroces qui soit, une guerre in­tes­tine où les voi­sins, les amis d’hier s’entre­tuent pour des rai­sons qu’ils ne savent plus. Mais en­lèvent, mas­sacrent, tor­turent et s’en­ivrent.

Une ferme ex­plose sous le feu du ciel, tuant bêtes et gens. Seul un por­ce­let échappe à la mort. Il fuit, quête sa nour­ri­ture, ap­prend à se pro­té­ger. Lui qui ne sait rien des hommes, ni du monde, ne ré­flé­chit pas, mais sur­vit. Et ren­contre le corps d’un ado­les­cent bles­sé où pal­pite en­core un brin de vie. Il s’ac­cole à lui, se fond. De leur union naît un per­son­nage qui à l’ap­pa­rence de l’en­fant, la naï­ve­té de l’ani­mal et toutes ses qua­li­tés, son ins­tinct, son ouïe, son tou­cher…

Ba­bel puis Abel, puisque tels se­ront les noms qu’on lui don­ne­ra dans le vil­lage où il est re­cueilli, dé­cou­vri­ra ce qu’est un être hu­ main, son im­mense po­ten­tiel de créa­ti­vi­té dans tous les do­maines, même les pires, et sa fu­reur des­truc­trice. Il ap­pren­dra à lire, à pen­ser, à s’in­for­mer. Quand il sau­ra l’état du monde, il se di­ra que « la plus fé­roce des bêtes sau­vages pa­raît in­of­fen­sive en com­pa­rai­son de l’es­pèce hu­maine, et sa nui­sance bien li­mi­tée, dé­nuée de cal­cul, de du­pli­ci­té ».

Quel es­poir ? L’amour, la fra­ter­ni­té peut­être, est­il sug­gé­ré dans ce livre plein de dé­rai­sons et de sen­sa­tions.

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