Les Tri­co­lores ont sen­ti le vent du bou­let

Les Tri­co­lores, ver­sion Guy No­vès, ont frô­lé un couac ma­jus­cule face à des Ita­liens em­me­nés par Pa­risse, leur homme à tout faire. L’en­thou­siasme et la bonne vo­lon­té ne suf­fi­ront pas tou­jours pour la suite de ce Tour­noi.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS - A Saint-De­nis, Ch­ris­tophe Bu­ron

Et Saint­De­nis a re­te­nu son souffle, quand Ser­gio Pa­risse, ce cou­teau suisse à mul­tiples lames, s’est mis en po­si­tion de drop pour ten­ter l’im­pro­bable et of­frir, en su­per hé­ros et Su­per­man mé­lan­gés qu’il est, une pre­mière vic­toire ita­lienne sur le sol fran­çais. Mais le nu­mé­ro 8 du Stade Fran­çais, gé­nial et om­ni­pré­sent, ne peut quand même se muer en bu­teur­Zorro d’un coup de ba­guette ma­gique. C’est pour­quoi, après près de 82 mi­nutes d’un com­bat d’in­égale qua­li­té et trop ha­ché pour se ré­jouir, le pu­blic, le staff, les joueurs et tout ce que compte le rugby fran­çais d’ad­mi­ra­teurs purent res­pi­rer un grand coup.

En­fin, on dit ça, on en­globe tout le monde, mais il y a un homme qui n’a pas, semble­t­il, cil­lé un ins­tant, sur cette der­nière ac­tion de de­ses­pé­ra­do, c’est Guy No­vès, tout frais sé­lec­tion­neur qui a pour­tant failli ren­trer dans l’his­toire par la plus mau­vaise porte. « Quand les Ita­liens re­passent de­vant au score à cinq mi­nutes de la fin, je nous ai vus perdre, heu­reu­se­ment Jules Plis­son nous re­met aus­si­tôt de­vant. Mais, ça ( ndlr :

une dé­faite) n’au­rait rien chan­gé à mon ana­lyse et sur le conte­nu de ce match ».

Le conte­nu, par­lons­en. Pour tout dire, on reste sur notre faim, pas tant par le manque de prises d’ini­tia­tive de ces Bleus nou­velle mou­ture que sur l’ab­sence de maî­trise qui a glo­ba­le­ment per­tur­bé les bonnes vo­lon­tés. Pour Guy No­vès, « ce qui me cha­grine, c’est qu’il n’y a pas eu de chan­ge­ment de rythme, dé­fen­si­ve­ment comme of­fen­si­ ve­ment. A la mi­temps, je leur ai dit d’em­bal­ler un pe­tit peu ce match où il y avait beau­coup d’ar­rêts de jeu. On al­lait d’une mê­lée à une touche, sou­vent en mar­chant. J’ai un groupe jeune, de 20 à 30 ans, mais par­fois j’ai cru voir des gar­çons de 35 ans... ».

Bat­tu en puis­sance de­vant, après la sor­tie mal­heu­reuse de Pi­ca­moles, son po­teau de base, le quinze de France n’a qua­si­ment pas uti­li­sé l’arme du bal­lon por­té. Ce qui a ame­né cette équipe nou­velle sur la voie d’un jeu alerte et aé­rien, mais trop sou­vent sans vé­ri­table fil conduc­teur. Heu­reu­se­ment, un en­chaî­ne­ment de passes, dont la pre­mière au sol de Je­dra­siak, per­mit à Va­ka­ta­wa de si­gner son re­tour à 15 et une ins­pi­ra­tion, com­man­dée et tra­vaillée, de Fi­ckou face aux perches don­na à Chou­ly l’oc­ca­sion de plon­ger dans le ga­zon.

Pas tou­jours à l’aise en mê­lées, plus cos­tauds dans les airs, les Tr ico­lores ont quand même trem­blé. « On a été faible sur nos mon­tées dé­fen­sives, plai­da le sé­lec­tion­neur. Ce qui a per­mis à notre ad­ver­saire de trou­ver des failles. Mais bon, on part de loin, avec un stage très court et une équipe ra­jeu­nie ».

Mal­gré de nom­breux mo­ments de flot­te­ment, le XV de France sut dé­jà ré­gler la mire, grâce à Plis­son, mettre la mê­lée ita­lienne à la rai­son, mer­ci Poi­rot et Ato­nio, et faire preuve sur­tout d’un en­thou­siasme ré­jouis­sant quand on sait d’où vient cette équipe... Il fau­dra na­tu­rel­le­ment trou­ver le rythme, sa­voir va­rier et se mon­trer moins friables sur le pre­mier ri­deau et plus pré­gnants dans les zones de rucks pour es­pé­rer mon­ter en ré­gime et vaincre une équipe d’Ir­lande que le quinze de France n’a plus bat­tue de­puis 2011. Vi­ve­ment sa­me­di pro­chain ! Pour en sa­voir un peu plus.

Sor­tie pré­ju­di­ciable de Pi­ca­moles dans un pack en panne de puis­sance

SA­TIS­FAC­TION. Jules Plis­son, l’ou­vreur du Stade Fran­çais a mis les points au bon mo­ment pour l’équipe de France, ce qui a per­mis aux Tri­co­lores de l’em­por­ter.

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