Bon­naire : « Au­fondde moi, il y a tou­jours un peu d’amer­tume »

Le troi­sième ligne est de re­tour au pre­mier plan après son ar­ri­vée com­pli­quée à Lyon

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SPORTS - À Lyon, in­ter­view Valéry Le­fort

D’abord bles­sé, mais aus­si mar­qué par une fin ra­tée à Cler­mont (*), Ju­lien Bon­naire a re­pris le des­sus. Pour le bon­heur du LOU.

L’ ex­3e ligne de Cler­mont, âgé de 37 ans, a su­bi une ar­thro­sco­pie en juillet, ra­tant la pré­pa­ra­tion es­ti­vale, mais aus­si le dé­but de sai­son. Il est au­jourd’hui gué­ri.

En­fin to­ta­le­ment opé­ra­tion­nel ? Oui, les choses rentrent dans l’ordre. Mais mon ar­ri­vée à Lyon a été com­pli­quée. J’étais cou­pé des gars, loin de la pré­pa. Pas drôle…

Au point de dou­ter… J’ai même eu une pé­riode où je me suis dit que j’au­rais mieux fait de tout ar­rê­ter ! Ma mai­son n’était pas fi­nie, on n’était pas chez nous, plus d’autres pa­ra­mètres qui en­traient en ligne de compte… Mais de­puis trois mois, j’ai bien trou­vé mes marques.

La fu­sée LOU est aus­si bien lan­cée ! Oui, mais tant que ce n’est pas of­fi­ciel, on ne peut pas se re­lâ­cher. C’est usant, parce que Lyon est at­ten­du par­tout. On est l’at­trac­tion, l’équipe à battre. Il y a zé­ro ca­deau.

Lyon vous rap­pelle plus Bour­goin que Cler­mont, non ? Même si on a ici de bonnes ins­tal­la­tions, ce n’est pas le « Mi­che­lin » ! Là­bas, c’était le top du top.

Le rythme de la Pro D2 ? Pre­nant. Faut pas ve­nir pour s’y re­po­ser. On a certes eu 15 jours à Noël ­ ça, c’était gé­nial ­ mais si­non, ça ba­taille. On joue en plus sou­vent le jeu­di, on s’en­traîne sa­me­di et di­manche. Du coup, la vie de fa­mille…

Sur­pris des dif­fi­cul­tés ac­tuelles de Cler­mont ? Il y a tou­jours des pé­riodes com­pli­quées, mais au­tant de dé­faites à do­mi­cile, ce­la in­ter­pelle. C’était notre force même si des fois, ce n’est pas pas­sé loin. Mais ce­la res­tait im­pre­nable. Les équipes le sa­vaient. Au­jourd’hui, elles viennent for­cé­ment avec un autre état d’es­prit.

Les deux dé­faites en fi­nale pèsent d’un poids ter­rible ? Ben oui, et même si je n’ai pas joué la deuxième, ça fait ch… C’est très dur. Après, le doute est là et c’est plus com­pli­qué sur le ter­rain. Quand un en­gre­nage se met en route, c’est com­pli­qué de le stop­per. Mais j’ es­père que les va­cances vont leur faire beau­coup de bien.

Vous les sui­vez donc ? Oui, tous les matches ! Je pousse de­vant ma té­lé mais ce­la ne fait pas tout (rire). J’ai re­le­vé un manque de puis­sance de­vant. Ti­ma­ni va ar­ri­ver, il nous ( il dit tou­jours nous) manque peut­être des types comme ça. Sur­tout quand tu vois le pro­fil des équipes qui t’ont bat­tu à la mai­son… Quand c’est com­pli­qué de­vant, ça l’est aus­si der­rière. Plus tous ces bles­sés… Il fau­dra peu­têtre ci­bler un re­cru­te­ment de mecs plus denses ?

A titre per­son­nel, c’est di­gé­ré ? Il y a tou­jours de l’amer­tume au fond de moi. Si j’avais su que ce­la se ter­mine ain­si, j’au­rais moins joué avant… Mais ce n’est pas dans ma na­ture, j’ai tout don­né. Mais là, je suis pas­sé à autre chose et j’ai en­vie de bien fi­nir.

Vous aviez connu Mi­gno­ni joueur. Et comme en­traî­neur ? Tou­jours aus­si exi­geant, aus­si pro­fes­sion­nel.

Votre re­la­tion ? Il reste l’en­traî­neur. On es­saie de con­ser ver une cer­taine dis­tance, même si je ne me gêne pas pour lui par­ler quand j’en res­sens le be­soin. Mais je dois faire at­ten­tion, ne se­rait­ce que par res­pect pour mes co­équi­piers. Il y a l’en­traî­neur, et les joueurs. Il faut res­pec­ter ce­la : Pierre est le chef.

Que vous sou­hai­tez ? Mon­ter et que ce­la tienne en­core un an et de­mi ! (rire)

(*) Alors cadre à l’ASM de­puis 2007, Bon­naire a joué son der­nier match à Mont­pel­lier le 23 mai 2015 avant d’être écar­té pour les phases fi­nales.

« A l’ASM, j’ai no­té un manque de puis­sance de­vant »

SYM­BOLE. À dé­faut d’y fi­nir sa car­rière, Ju­lien Bon­naire a re­joué (et ga­gné) ré­cem­ment à Bour­goin. Après son dé­part de Cler­mont, il lui a fal­lu gé­rer une pé­riode dé­li­cate.

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