LA SE­MAINE DE JACQUES MAIL­HOT

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - SEPTIÈME JOUR -

Nou­veau­té sur France 2 jeu­di soir : faute de contra­dic­teur, Ni­co­las Sar­ko­zy a dé­bat­tu tout seul.

La ma­jo­ri­té a dé­jà as­sez de dé­battre avec elle­même de ses pro­blèmes in­ternes, elle n’a for­cé­ment plus le temps d’al­ler dé­battre avec l’op­po­si­tion, d’au­tant qu’il y a plus de dif­fé­rences de vue entre un fron­deur so­cia­liste et Em­ma­nuel Ma­cron qu’entre Ma­nuel Valls et un ré­pu­bli­cain. Le dé­bat in­terne, voi­là l’ave­nir. Le linge sale se lave tou­jours mieux en fa­mille.

Quant à la formule avec des ci­toyens, c’est bien aus­si. Voir un an­cien pré­sident échan­ger avec un épi­cier de cam­pagne ou un syn­di­ca­liste, c’est un peu « En avant Guin­gamp contre le Pa­ris­-Saint-Ger­main ». Le loup vient faire ami avec le pe­tit pou­cet. Je vous ap­pelle William, ap­pe­lez­moi Ni­co­las. On est entre gens simples. « Passe­moi ta rhu­barbe, je te ra­conte mes sa­lades ».

Cha­cun s’y re­trouve. La France pro­fonde a for­cé­ment plein de choses à dire et à ap­prendre à des gens qui ne se dé­placent ja­mais sans un chauf­feur, des gardes du corps, un conseiller en image, et par­fois même quelques avo­cats. Entre ce­lui qui lace lui­même ses chaus­sures et ce­lui à qui on cire les pompes, l’ap­proche du monde n’est pas la même.

C’est l’aven­ture d’un soir. On se croi­rait dans un sa­fa­ri où le tou­riste peut en­fin ap­pro­cher un grand fauve. Le fauve a ca­ché ses dents et le tou­riste peut en­fin lui mon­trer les siennes. Mais ce n’est que du tou­risme.

Après le gé­né­rique de fin, la jungle re­prend ses droits.

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