Pour Ro­ger et Ma­ri­nette, l’amour ne se ra­conte pas, il se vit

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - GRAND ANGLE -

« Quand on par­tait de bon ma­tin, quand on par­tait sur les che­mins, à bi­cy­clette »…

La chan­son illustre bien la pre­mière ren­contre de Ro­ger et Ma­ri­nette, voi­là soixante­neuf ans ! En 1947, Mar in­ette Cham­breuil, ori­gi­naire du Ma­zal, com­mune de SaintGeorges de Mons (Puy­deDôme) re­monte en vé­lo de Châ­teau­neuf­les­Bains d’où elle vient à faire car­der sa laine. Elle se re­trouve à pé­da­ler aux cô­tés de Ro­ger La­tal­le­rie, re­ve­nant de pê­cher dans la Sioule. Ils ont 16 et 17 ans. Ils se plaisent et, au gré des fê­ tes de vil­lage, nom­breuses alors, com­mencent à « se fré­quen­ter » , jus­qu’à leur ma­riage en 1948, le 29 sep­tembre, sans chi­chis ni pho­to­graphe.

Soixante-huit ans de vie com­mune

Avec le temps : cinq en­fants, douze pe­tits­en­fants, bien­tôt neuf ar­rière pe­tits­en­fants. Et l’amour dans tout ça ? Quel est le se­cret de cette lon­gé­vi­té ? Bien­tôt soixante­huit ans de vie com­mune que Ma­ri­nette et Ro­ger ex­pliquent tout sim­ple­ment : la des­ti­née. « On n’avait pas le temps de se po­ser des ques­tions, on vi­vait, tout sim­ple­ment. Et main­te­nant, c’est pa­reil ! Des jours tout va bien, des jours on s’en­gueule », di­telle. « On ne peut pas être tou­jours du même avis », lui ré­pond­il.

Quand on leur de­mande si des noces aus­si longues pour­raient te­nir au­jourd’hui, ils sont du­bi­ta­tifs. « Ils se sup­portent quatre ou cinq ans et après c’est fi­ni, et puis ils se ma­rient moins. Alors c’est plus vite fait ! Nous si on s’était sé­pa­rés à chaque fois qu’on s’est en­gueu­lés… » Ma­ri­nette sou­ligne que l’in­dé­pen­dance des femmes du fait du tra­vail leur per­met aus­si de par­tir si elles le sou­haitent. Avant, c’était dif­fé­rent.

Alors, la Saint­Va­len­tin, Ro­ger et Ma­ri­nette n’ont pas be­soin de ça : « On fête tel­le­ment de choses ! Peut­être que c’est une oc­ca­sion pour les gens qui ne se voient pas sou­vent d’avoir un mo­ment d’in­ti­mi­té. Nous, on se voit tout le temps ! La Saint­Va­len­tin n’était pas née à notre époque. Pour nous, ce­la se fête tous les cinq ans en fa­mille ».

Et main­te­nant, cap pour eux sur les noces de gra­nit en sep­tembre 2017.

AU JOUR LE JOUR. Ro­ger et Ma­ri­nette, bien­tôt 68 ans de ma­riage. PHO­TO MA­RIE-ANGE NÉ­NOT

POUR LES ÉTU­DIANTS…

La Saint- Va­len­tin est-elle dé­sor­mais rin­garde, trop com­mer­ciale ou a t-elle en­core de bonnes rai­sons de per­du­rer ?

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