Un an après la ca­tas­trophe du bar­rage

Pê­cheurs, Si­vom, com­mune… tous im­pa­tients de connaître les suites de cet ac­ci­dent

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - PUY-DE-DÔME ACTUALITÉ - Ge­ne­viève Thi­vat

Il y a un an, la re­te­nue d’eau de La Bour­boule s’est brus­que­ment vi­dée. La boue a en­va­hi le lit de la Dor­dogne cau­sant des dé­gâts consi­dé­rables pour la faune. Hier, à La Bour­boule, ce triste an­ni­ver­saire s’est ma­ni­fes­té dans les rues.

Un an dé­jà. Le 13 fé­vrier 2015, la re­te­nue d’eau du bar­rage de La Bour­boule s’est brus­que­ment vi­dée, cau­sant de gros dé­gâts, en aval. « Des tonnes de sé­di­ments ac­cu­mu­lés de­puis des an­nées se sont dé­ver­sées dans le lit de la ri­vière anéan­tis­sant la faune et la flore. Un vrai tor­rent de boue ! » , se rap­pelle Her­vé Bru­gière de l’as­so­cia­tion agréée de pêche et de pro­tec­tion des mi­lieux aqua­tiques de La Tourd’Au­vergne.

En ce ven­dre­di après­mi­di, « de 30.000 à 50.000 mètres cubes de sé­di­ments se sont échap­pés », pré­cise le maire de La Bour­boule, Éric Brut. Dans notre édi­tion La Mon­tagne du 15 fé­vrier 2015, nous re­la­tions cette vague bru­nâtre en­ten­due par des r ive­rains ha­bi­tant à deux ki­lo­mètres du cours d’eau.

Les sé­di­ments se sont échap­pés jus­qu’au bar­rage sui­vant, fai­sant dé­bor­der cette re­te­nue jus­qu’à Bort­les­Orgues. Se­lon les gardes­pêche contac­tés a l o r s, 3 0 0 . 0 0 0 a l e v i n s s o n t morts : « Et comme la ri­vière a été as­sé­chée plus d’une heure pen­dant le rem­plis­sage de la re­te­nue, les pois­sons adultes ont éga­le­ment pé­ri. » Un an après, hier sa­me­di, des membres des dif­fé­rentes so­cié­tés de pêche du sec­teur de La Tour­d’Au­vergne, Mes­seix, La Bour­boule, BourgLas­tic, des re­pré­sen­tants de la fé­dé­ra­tion de pêche, du Si­vom de la Haute­Dor­dogne, entre autres, se sont ras­sem­blés de­vant l’hô­tel de ville de La Bour­boule pour ma­ni­fes­ter en­suite dans les rues. « Rien n’avance de­puis cette ca­tas­trophe » dé­noncent­ils. « Rien n’a été dé­ci­dé. Qui dit que ce­la ne va pas se re­pro­duire ? Que faire du bar­rage ? Est­ce qu’il ne faut pas le sup­pri­mer tout bon­ne­ment ? »

Une réunion à la pré­fec­ture le 8 mars

Le pre­mier ma­gis­trat de la com­mune, Éric Brut ajoute par ailleurs : « Ce­la a été une ca­tas­trophe éco­lo­gique et éco­no­mique. L’image de la com­mune qui met en avant la qua­li­té de son en­vi­ron­ne­ment a été gra­ve­ment en­ta­chée. D’un point de vue halieutique, les po­pu­la­tions de pois­sons met­tront plu­sieurs an­nées avant d’être re­cons­ti­tuée » . Et l’élu de pour­suivre : « Je sais qu’une en­quête de gen­dar­me­rie est en cours. Nous avons de­man­dé, tout comme le Si­vom et la com­mu­nau­té de com­munes, à être as­so­ciés aux réunions qui étaient or­ga­ni­sées sur cette ques­tion, sans suite jus­qu’à pré­sent. Je ne sais pas si la ma­ni­fes­ta­tion y est pour quelque chose, ou bien la plainte contre X que nous avons dé­po­sée il y a une se­maine, dé­fen­due par le ca­bi­net d’avo­cats de Cor inne Le­page, mais nous sommes in­vi­tés à une réunion à la pré­fec­ture sur cette ques­tion le ma­tin du 8 mars afin de ren­con­trer les ser­vices de l’État. Tou­jours est­il que, grâce à cette ac­tion en jus­tice, nous al­lons avoir ac­cès au dos­sier. Et je sais qu’un juge a été sai­si. »

Reste que la so­cié­té pri­vée qui gère le bar­rage Ener­gia­lys confir­mait à l’époque la na­ture ac­ci­den­telle de cette rup­ture de vanne, blo­quée en po­si­tion ou­verte de­puis plu­sieurs an­nées. Se­lon nos in­for­ma­tions re­cueillies à l’époque, cette vanne n’était plus ac­ces­sible compte te­nu d’une ac­cu­mu­la­tion de plus de 10 mètres de sé­di­ments. Un sca­phan­drier avait été en­voyé il y a quelques an­nées et n’avait pu l’at­teindre. De nou­veaux sé­di­ments ar­ri­vant, l’éva­cua­tion s’est bou­chée puis dé­bou­chées na­tu­rel­le­ment à trois re­prises dans la jour­née.

LU­NAIRE. Le 13 fé­vrier 2015, après le pas­sage du tor­rent de boue. AR­CHIVE RÉ­MI DUGNE

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