« Avoir les pieds ni­cke­lés »

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - MAGDIMANCHE - Ga­vin’s Cle­mente Ruiz

Au­jourd’hui, une ex­pres­sion très po­pu­laire, mais dont on trouve comme tou­jours plu­sieurs sens. Les pieds ni­cke­lés, au sens propre, ont les pieds lourds de par le mé­tal qui les « plombent » au sol. Ils n’agissent pas en fi­nesse, c’est le moins que l’on puisse dire. Mieux, on re­tient sou­vent qu’avoir les pieds ni­cke­lés, c’est être pa­res­seux, y al­ler en traî­nant des pieds (et pour cause !). L’ex­pres­sion ima­gée si­gni­fie bien ce qu’elle veut dire. Plus que la pa­resse, on en­tend de fa­çon sous­ja­cente une vo­lon­té de ne pas agir, tout à fait sciem­ment.

Ces pieds ni­cke­lés connaissent un re­gain d’in­té­rêt en 1908, quand Louis For­ton (1879­1934), qui n’était pas le der­nier pour la bam­boche, mort d’une cir­rhose du foie, crée trois per­son­nages : Cro­qui­gnol avec son grand nez, Fi­lo­chard, borgne de son état et Ri­boul­dingue. Tous les trois agissent de concert ( ou conserve sou­ve­nez­vous) pour truan­der à qui mieux mieux, chaque jour, un peu plus. Des fi­lous, im­mo­raux au pos­sible, de sen­si­bi­li­tés po­li­tiques va­riées – l’un est so­cia­liste, l’autre ra­di­cal ou en­core roya­liste, qui trouvent tou­te­fois un ter­rain d’en­tente par­fait pour me­ner leurs es­cro­que­ries en tous genres. Les aven­tures de ces trois gu­gusses pu­ bliées dans un jour­nal pour en­fants, L’Épa­tant, don­ne­ront un sens nou­veau à l’ex­pres­sion dont on rap­pro­che­ra plus la si­gni­fi­ca­tion d’af­freux jo­jos et ma­lo­trus que de fai­néants, un poil dans la main. Car en plus, ces trois com­pères sont plu­tôt doués dans leur genre, loin d’être in­com­pé­tents ! Les aven­tures des pieds ni­cke­lés sont res­sor­ties à La Li­brai­rie Vui­bert pré­fa­cées par Jean Tu­lard, rien que ça !

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