Sar­ko­zy tente de re­prendre la main

Le pré­sident va pré­sen­ter « un texte » d’orien­ta­tions au­quel cer­tains ne se sentent pas liés CON­SEIL NA­TIO­NAL

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - FRANCE & MONDE ACTUALITÉS -

Ni­co­las Sar­ko­zy, pré­sident de Les Ré­pu­bli­cains, a an­non­cé, hier, de­vant le Con­seil na­tio­nal de son par­ti, qu’il pré­sen­te­ra au­jourd’hui « un texte » sur les orien­ta­tions qui « l’en­ga­ge­ra » et se­ra « sou­mis au vote des adhé­rents en avril ».

Près d’un mil­lier des quelq u e 2. 0 0 0 me m b re s d u Con­seil na­tio­nal de Les Ré­pu­bli­cains ( LR), par­le­ment du par­ti, étaient ras­sem­blés, hier, Porte de Ver­sailles, à Pa­ris, pour « dé­battre en pro­fon­deur sur des ques­tions qui n’ont pas été tran­chées » jus­qu’ici, se­lon son pré­sident Ni­co­las Sar­ko­zy.

Outre Ni­co­las Sar­ko­zy, Fran­çois Fillon, Na­tha­lie Kos­cius­koMo­ri­zet, Her­vé Ma­ri­ton, JeanF­ran­çois Co­pé ou en­core Guillaume Lar­ri­vé et Eric Ciot­ti ont par­lé à la tri­bune. Pré­sents, Alain Jup­pé, can­di­dat dé­cla­ré à la pri­maire, et Bru­no Le Maire, fu­tur can­di­dat, ne se sont pas ex­pri­més.

« Il est ve­nu le temps de dire qui nous sommes, ce que nous vou­lons. Au­cun su­jet ne doit être ta­bou », a af­fir­mé l’an­cien pré­sident de la Ré­pu­blique. « Je pré­sen­te­rai de­main ( au­jourd’hui, NDLR) un texte qui m’en­ga­ge­ra. Je pren­drai mes res­pon­sa­bi­li­tés. Vous ne se­rez pas dé­çus ! », a­t­il lan­cé au su­jet de ce texte, qui s’in­ter­ro­ge­ra no­tam­ment sur « la place de la Na­tion » et se­ra sou­mis au vote des mi­li­tants, après amen­de­ments par les co­mi­tés dé­par­te­men­taux et pas­sage en bu­reau po­li­tique.

Au fil de la jour­née, Ni­co­las Sar­ko­zy a aus­si ré­ité­ré des pro­po­si­tions for­mu­lées de­puis son élec­tion, fin 2014, à la tête de l’UMP, re­bap­ti­sée Les Ré­pu­bli­ cains : sup­pres­sion du tiers­payant ou du mo­no­pole de pré­sen­ta­tion des syn­di­cats, ré­fé­ren­dum d’en­tre­prise, plan Mar­shall pour la ru­ra­li­té, sup­pres­sion de toutes les co­ti­sa­tions sur les em­plois fa­mi­liaux…

Fran­çois Fillon, Alain Jup­pé, Bru­no Le Maire, ain­si que Na­tha­lie Kos­cius­ko­Mo­ri­zet – pro­bable fu­ture can­di­date – ont pré­ve­nu qu’ils ne se sen­ti­raient pas liés par le « texte » en ques­tion, car « le pro­jet se­ra ce­lui (ou celle) qui se­ra élu(e) à la pri­maire ».

Autres su­jets de désac­cord : les in­ves­ti­tures aux lé­gis­la­tives, que le pré­sident de LR veut faire, lui, avant la pri­maire, en « juin ».

Les prises de pa­role ont aus­si re­ce­lé des piques. Na­tha­lie Kos­cius­ko­Mo­ri­zet a ju­gé qu’ « un homme seul n’in­car­ne­ra ni la sa­gesse, ni l’éner­gie, ni le cou­rage, ni le re­nou­veau, ni la pro­vi­dence ». Her­vé Ma­ri­ton a rap­pe­lé que lui ré­cla­mait tou­jours « l’abro­ga­tion de la loi sur le ma­riage ho­mo­sexuel ». Na­dine Mo­ra­no a re­gret­té que l’ex­chef de l’État ait « sup­pri­mé le mi­nis­tère de l’Im­mi­gra­tion » , pour­tant « une bonne idée » se­lon elle.

Des « en­ga­ge­ments » en guise d’ex­cuses

Jean­Fran­çois Co­pé, for­cé à la dé­mis­sion de la pré­si­dence de l’UMP en 2014 pour cause d’af­faire Byg­ma­lion mais qui n’a fi­na­le­ment pas été mis en exa­men, a dit avoir tra­ver­sé « une crise as­sez vio­lente ». « À la fin, c’est tou­jours les gen­tils qui gagnent », a­t­il iro­ni­sé.

Ni­co­las Sar­ko­zy pro­non­ce­ra son dis­cours de clô­ture à la mi­jour­née, mais en l’ab­sence de Fran­çois Fillon, Alain Jup­pé, Bru­no Le Maire, Jean­Fran­çoisCo­pé et Na­dine Mo­ra­no. Ils ont in­vo­qué d’autres « en­ga­ge­ments » comme « la fa­mille » , « la Saint­Va­len­tin » ou… « le cen­tième an­ni­ver­saire de la nais­sance du gé­né­ral Bi­geard » ! L’ex-mi­nistre Luc Cha­tel, qui était en concur­rence avec Mi­chèle Al­liot-Ma­rie, a été élu, hier, pré­sident du Con­seil na­tio­nal de Les Ré­pu­bli­cains, pour suc­cé­der à Jean-Pierre Raf­fa­rin. Dans ce scru­tin des­ti­né à choi­sir la tête du par­le­ment du par­ti, Luc Cha­tel, can­di­dat sou­te­nu no­tam­ment par Ni­co­las Sar­ko­zy, a to­ta­li­sé 55,3 % des suf­frages (532 voix sur 962 ex­pri­més), contre 430 suf­frages pour Mi­chèle Al­liot-Ma­rie. Il y a eu 18 blancs et nuls. Le Con­seil na­tio­nal compte quelque 2.000 conseillers na­tio­naux, in­cluant les nou­veaux pré­si­dents de fé­dé­ra­tions élus pour la pre­mière fois par les mi­li­tants le 30 jan­vier. Élu en 2007, Jean-Pierre Raf­fa­rin a ter­mi­né son man­dat et ne sou­hai­tait pas se re­pré­sen­ter. Il de­vrait par ailleurs an­non­cer pro­chai­ne­ment son choix pour la pri­maire de la droite et du centre de l’au­tomne entre Alain Jup­pé et Ni­co­las Sar­ko­zy. Luc Cha­tel, ex­mi­nistre de l’Édu­ca­tion, a in­sis­té sur « le tra­vail en ré­seau » et pro­mis qu’il ins­tal­le­rait un bu­reau de 40 per­sonnes qui res­pecte « la pa­ri­té ».

MÉ­TA­PHORE. « Un par­ti po­li­tique n’est pas un club de sup­por­ters », a in­sis­té Ni­co­las Sar­ko­zy, en dé­fen­dant l’idée « d’un pro­jet col­lec­tif ». PHO­TO AFP

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